Vendredi 30 octobre 2009

 

   

 

 

 

 

 

De La Cause première

 

 

Quand un incendie se déclare, les pompiers neutralisent ou le support inflammable, ou l’oxygène et veillent à ce qu’aucune braise incandescente même souterraine, ne puisse se raviver pour enfin déterminer d’où est parti le feu et ce qui l’a provoqué. Ils transmettent ensuite leur questionnement à la gendarmerie pour la recherche de l’incendiaire, pour la déléguée encore à d’autres experts qui tenteront de comprendre la problématique de l’intention de ce dernier. La succession de contingences et conditionnements divers aboutissent à un effet catastrophique.


L’acupuncteur ou le thérapeute Taoïste mobilise son humble prétention pour comprendre la souffrance ou le conflit énergétique et émotionnel, circonscrire le mal à sa racine et ainsi transformer la Cause première du cercle vicieux de la souffrance, des cascades des maux en tout genre, des perturbations de l’harmonie, en un puissant cercle vertueux. Redonner le potentiel, la dynamique, le flux du courant de l’Élan vital, réintroduire la force de la Cause première, l’initiation de la fusion du Yin et du Yang vers son réel ultime, respecter l’expression de la forme de cette vitalité qui reste mystérieuse, individuelle, personnelle, tel pourrait être son programme et son attitude. Nous pouvons émettre quelques hypothèses sur les raisons de ces fractures.


Cascade des causes

La moindre analyse d’un événement désastreux : maladie, dysfonctionnement relationnel, crises sociales, excès d’une violence, accidents routiers nous plonge dans un conglomérat de causes aux effets pervers. Qui…de l’alcool ou des violences conjugales, du manque d’argent, des atermoiements et méandres judiciaires, d’interventions abusives et intrusives d’une « assistance sociale », d’un conflit de voisinage, d’une fermeture d’usine, des non-réponses à de multiples CV, d’une inadaptation de la scolarité à son enfant, d’un dérapage de la santé à la suite d’un traumatisme…qui a pu causer la déchéance personnelle, familiale, sociale, d’un individu ? L’approche de la cause initiale du mal, nécessite effort, ténacité et accompagnement. Autant que faire se peut, elle se fera au plus prêt de la raison qui l’a enkysté, sans oublié que « des cendres mal éteintes peuvent couver ». D’où un temps nécessaire pour en vérifier la bonne résolution. On peut faire confiance à la personne qui parle de son mal être, l’expérience d’une sorte de certitude intérieure de contacter la raison juste, lui donne un sentiment d’apaisement, loin des tumultes émotionnels.


Certaines thérapies voudraient remonter avec violences, jusqu'aux calendes grecques, faux souvenirs d'enfance ou vies antérieures, dont on ne sait d'ailleurs, pourquoi l'investigation s'arrêterait à cet événement ou date plutôt qu'un autre, sous prétexte que le « thérapeute » en aurait décidé ainsi.

L'approche Taoïste fondamentalement non-violente, n'empêche pas la remontée de souvenirs authentiques ou rêves pour en donner sens, elle va même utiliser le potentiel en énergie mentale qui les soutend, pour les transformer en action correspondant plus spécifiquement à l'élan vital. Elle ne casse pas l'immunité physique ou psychique pour être en contact avec ce qui semble être, en ce moment, la cause d'une souffrance. Sa référence est celle de l'énergie, du Chi, qui cherche son espace et sa forme d'expression. Il l'accompagne en la posant, en la réajustant le plus harmonieusement possible, avec précaution, pour montrer au patient, vers quoi peut tendre l'organisation, la construction patiente de son projet de vie, énergie toujours en mouvement et transformation.



Rupture du lien d’unité des trois trésors

La perte du lien avec son Essence initiale, celle du cœur, le shen, l'identité serait sans doute la première cause des pathologies, des cascades d'errements ou maladies, dysfonctionnements affectifs, émotionnels, physiques ou relationnels et par voie de conséquence sociaux. Or cette « morpho-logie » de cette Essence identitaire se nourrit de reconnaissance, de limites et d'ouvertures (attente plus tournée vers le père) et de tendresse, sécurité, de poésie du cœur (attente plus espérée en provenance de la mère) les deux parents pouvant se partager respectivement ces rôles. C'est donc par ce double constat : l' attente et le vide d'énergie du cœur, que la souffrance s'installe. Elle prend la place de la créativité. Loin de vouloir rester sur la nostalgie de l'enfant en manque, l'adulte reconnaîtra son besoin comme une nécessité vitale et se donnera les moyens de cette nourriture pour faire vivre son savoir et son savoir-être.


La perte de la terre, de ses racines, de ce qui constitue ses ressources, le Jing, langue d'origine, (improprement appeler maternelle puisqu'elle est aussi paternelle), culture, force d'action, la perte de ses repères, des savoirs-faire seraient la deuxième cause des traumatismes se déguisant en poupées russes. La tension créatrice et l'acceptation de son émergence, par des méthodes artistiques non jugeantes et cependant encadrées, redonne à la source de vie la capacité de retrouver le sens de sa rivière. La nécessité de se manifester devient une évidence. Si cette évidence est niée, si elle n'est pas entendue, soutenue, reconnue cette énergie se retourne contre elle-même (suicide, auto-mutilation sous différentes formes)


La perte du souffle, perte du lien entre le Shen et le Jing, perte du lien entre la terre et le ciel, entre le savoir et le savoir-faire, entre le dire et le vécu, entre la conscience et l'action, entre spiritualité et sexualité serait la troisième termitière qui pourrait détruire l'édifice. C'est le souffle qui va permettre les prises de conscience, entre les allers et retours, les montées et les descentes, l'intime et le social. L'expression verbale, l'expression créatrice, émotionnelle, sociale ne peut avoir d'existence sans le souffle. Il est donc capital de s'occuper de ce capital. La respiration est le socle du maintient de la santé et de sa restauration, quand il y eu perturbation, et le fondement de la créativité, l'alchimie du faire pour être. Elle nourrit à la fois le grenier du cerveau et le plancher périnéal, malheureusement dans notre civilisation dite moderne, elle est trop souvent rangée comme insignifiante dans le local des oubliettes. Mais là aussi, la délicatesse dans son apprentissage et dans son exercice sont de mises. L'hyper-ventilation violente, provocant des tétanies, proposée par certaines thérapies, n'est pas nécessaire pour une transformation. On n'allume pas un foyer avec un lance flamme et on ne l'entretient pas à coup de ventilateur. On ne demande pas à un petit enfant de respirer comme un guerrier. Les efforts constants d'exercices de respiration ne peuvent être que progressifs. Il en est de même pour l'éveil de la conscience et le respect de la santé. Le potentiel concentré, une fois libéré, se développe en son temps et en son moment. On ne peut le forcer. La respiration calme entraîne le calme mental, la respiration dense invite à la profondeur de la pensée, la respiration ample sollicite la dilatation de la liberté, la respiration subtile enrichit la délicatesse.


La perte de l'unité du Yin et du Yang, de l'unité des trois trésors, de l'unité des cinq organes et de leurs méridiens, la perte du contact avec l’élan vital, cette perte serait donc l'instigatrice des méfaits en cascade. Mais le tableau serait incomplet si l'on ne tenait pas compte de la fluidité de l'énergie, comme celle de la rivière. Le blocage du courant sanguin, lymphatique sont bien connus, le blocage du courant énergétique, un peu moins. Il est signifiant dans la non-fluidité de la parole, entre les intentions et le verbe, entre ce qui est à dire et ce qui est effectivement dit, entre ce qui est dit et ce qui est entendu, entre l'intrusion et la liberté de parole, la plupart des malentendus, voire des conflits sont issus de ces retenues ou débits de paroles non-fluides. La parole coupée, déformée, les silences qui a eux seuls peuvent être un langage ou les espaces saccadés, la parole colérique ou inquiète, dialogue de sourd, en sont des exemples. Dans ce domaine également le souffle, la respiration retrouve sa fonction de lien. La fluidité de la parole pourrait avoir la même incidence dans tous les actes : critère d'un questionnement, d'un passage à l'acte ou de la résolution d'une affaire, complicité relationnelle, c'est plus facile quand « ça » coule tout seul.



Le livre scolaire frelaté

dans notre période de « modernité » où tous les moyens d'informations sont mis à notre disposition, où la « foultitude » de diplômes laissent supposer la magnificence de l'intelligence, on pourrait penser à une résolution facile des conflits de par la connaissance des causes ! Apparemment cela ne suffit pas. Cela semble être un des paradoxes de notre époque, la sectorisation des savoirs, aussi pointus soient-ils, n'aboutit pas à la prise en considération de l'unité et de l'essentiel de l'humain. Un manque de connaissance et d'apprentissage des bases semble faire défaut, d'où aussi le courant actuel des rappels de simples leçons de vie, d'entretien de la santé, dans les différentes revues.


Croire ou faire croire qu'adhérer à des concepts erronés, comme des postulats indiscutables et irréfutables seulement au nom de la modernité relèvent de la méprise intellectuelle. La base de données est falsifiée. Poser, comme à priori, que les contraintes productivistes, défendues par des responsables se référant à des scientifiques, passeraient avant la réalisation de soi est une de ces constructions mentales fondées sur des sables mouvants. Il en découle des situations contradictoires et perverses, des sources de tensions inutiles : pour travailler, il faudrait avoir de l'expérience, mais pour avoir de l'expérience il faudrait avoir travailler ; plus il y a de retard pour le financement d'une dette plus les intérêts augmentent, mais s'il y a un endettement c'est sans doute que l'argent manque ; une formation déboucherait forcément sur un poste de travail à plein temps, mais la sélection et la compétitivité, conçues comme la norme, ridiculisent cette manière de voir ; la loi du travail passerait nécessairement par la soumission d'un employé au dictat de son directeur, il s'agirait de liberté d'entreprendre mais pas d'esclavage ! La rigueur intellectuelle, demanderait que les argumentations d'un penseur ayant pu donner naissance à une forme de vie sociale à un moment donné, soient abandonnées, quand elles deviennent aliénation. L'adaptation, forme de sagesse de l'évolution face à la transformation des choses, doit rester dans le discernement, l'obstination dans l'erreur cristallise une cause de conflit interne avec des répercussions externes. C'est méconnaître la force de l'esprit créateur. Il revendique son espace d'évolution, de logique, de personnalisation. Il donne sa confiance intuitivement à ce qu'il croit foncièrement bon. Le corps social doit se mettre au diapason de la cohérence et de la logique du corps humain dans toute sa dimension et non l'inverse, son modèle reste incontournable.


Le bon dreaver n'est pas introduit dans l'ordinateur

La méconnaissance du corps dans ses principes de régularités, de fonctionnalités, d'organisation complexe et mystérieuse, amène à des dysfonctionnements irréversibles. L’apprentissage de la compétition (pour être le plus fort, le plus riche, le plus violent compétitif) est un non sens corporel, vu par un taoïste. Tous les sports de compétitions sont l'apanage de l'école ! Cet argument incontesté par des pédagogues que l’on serait à même de considérer comme intelligents, fait preuve d’un non sens intellectuel. Pourquoi malmener le cœur, tabernacle de l'identité, dans des courses effrénées sous prétexte de devenir endurant ? Pourquoi l'éducation nationale scolaire n'intègre dans ses programmes, la culture de l'apprentissage systématique de toutes les techniques du souffle qui apporte le calme mental et la concentration, vivacité d'esprit, la fluidité relationnelle ? La maîtrise de la diététique, du jardinage pourrait bien donner des leçons et des éléments de base aux autres matières, et quelques ressources aux plus démunis. Apprendre comment respirer, manger, dormir, se défendre, se ressourcer, respecter son rythme, gérer la fluidité de sa parole et du dialogue, écouter l'autre, gérer ses émotions, dynamiser sa créativité sans jugement, respecter son corps, semble être vraiment des sujets trop compliqués. Quand le brevet des écoles procurera l’évaluation de l’apprentissage de ces fondamentaux sacrés? Pas le temps de s'occuper de ces « annexes secondaires » les ingénieux de demain doivent avant tout savoir jouer des coudes, faire des études de marché, produire, combattre, se bagarrer, innover pour vendre, être compétitifs, vu la guerre économique mondiale ! On connaît les résultantes d'exclusions, d’éliminations, de désintégration, d'éclatements sociaux, de gâchis de ces « principes ». Les choses sont donc mal ordonnées et ordonnancées.


Logiciels incompatibles

Toutes les prisons sont remplies de gens qui ont commis des méfaits plus ou moins graves ; dans grand nombre de cas, l'origine de ces troubles est à rechercher dans les carences affectives ou des confusions d'esprits. Les violences conjugales ne se sont jamais autant manifestées ou dévoilées que maintenant, et elles ne vont pas toutes jusqu'aux tribunaux, qui en sont débordés. La majorité des conflits dans un couple proviennent de sujets récurrents : l'argent et ses priorités, la répartition du temps et des taches ménagères, l'espace nécessaire à chacun, la conception de la sexualité dans son accomplissement ou sa frustration, les valeurs éducatives, l'absence de créativité, la gestion des émotions, la gestion de l' énergie, la réalité du dialogue, les soucis de santé, la gestion des héritages. Mais « on n'a pas appris ». l'école des parents n'a pas eu lieu. Les règles du jeu sont alors faussées. On se retrouve avec des logiciels incompatibles.


Lors du mariage, il y a déjà une confusion de deux types de contrat, le contrat amoureux et le contrat civil de solidarité, et dans aucun des deux il n'est donné le mode d'emploi dans la boîte-cadeau qu'offre le maire ou les amis du couple. D'autre part, dans la vie courante, avec la non-chalance, la norme sociale et peut être un certain manque de courage, le contrat de solidarité prend la primeur sur le contrat amoureux. De plus il ne fonctionne pas dans le temps de la même manière. Le conflit économique dans le couple détruit le sentiment amoureux. La rate prend le pouvoir alors qu'il revient au cœur. Et en général quand il y contrat, les règles peuvent être assez précises, ce qui permet d'éviter les embrouilles, or là dans ces deux cas de figures, la délimitation de ces contrats sont plutôt floues. Un contrat obscur à de grandes chances d’aboutir au conflit, la base, la cause, ne peut être solide. La clef de l'apprentissage de la vie de couple ou famille serait plutôt du genre « école de la débrouille et de la dépatouille » avec toutes les dérives dont on peut être témoin.


On peut apprendre à skier, on peut apprendre à devenir soldat pour devenir une bête de guerre, on peut apprendre le permis de conduire, ou à devenir un bon mécano, un homme de maintenance, une technicienne hors paire en informatique etc...on apprend même à devenir alcoolique ou drogué mais on n'apprend pas l'essentiel. On n'apprend pas les composantes de l' homme ou de la femme. On n'apprend pas ce que recouvre la paternité ou la maternité, ni ce que suppose la vie de couple ou de parents. On n'apprend pas la place de l'enfant et les attitudes qu'ils conviendraient d'adopter, d'où les nombreux cas de maltraitances d'excès d'autoritarisme ou d'enfants qui, bon an mal an, portent leurs parents. On n'apprend pas le langage de la tendresse et de la sensualité, seul garant de la créativité, de la sécurité intérieure et de la spiritualité. On apprend pas à gérer les émotions et à se familiariser avec l'énergie du plaisir sexuel dans sa complexité relationnelle, émotionnelle et physiologique, force tellement puissante qu'elle peut faire peur ou déclencher des phénomènes énergétiques destructeurs. Et ce n'est pas une fois en situation que l'on devrait apprendre, mais bien avant. Évidences tellement banalisées qu’elles ne sont pas appliquées ou reléguées à des ponctualités de secondes zones ou très anecdotiques. Par contre la société se charge bien de vous culpabiliser ou de vous faire payer tous les manquements comme si être père, mère, homme, femme, couple allait de soi en se référant à des modèles... perdus d'avance. Il paraîtrait plus important de savoir comment s’endetter à vie en achetant une maison et en ne travaillant que pour payer des intérêts bancaires. L’essentiel devient une quantité vraiment négligeable au bénéfice d’un secondaire plus que douteux. On ne peut à la fois créer la peur en une personne ou un peuple et lui demander d'avoir confiance en lui. On ne peut créer des situations de violence et solliciter le calme de la tranquillité. On ne peut à la fois considérer le corps comme abjecte et s'offusquer qu'il soit dégrader, en chercher sa noblesse tout en créant les conditions de son avilissement. La violence ou la tendresse ? Deux logiciels décidément inconciliables. On peut espérer une école nationale au service de la vie et non une école au service d'un produit aussi performant soit-il. Mais pour lutter contre des habitudes, il faut remuer ciel et terre pour que la cause soit entendue, pour désamorcer la tension, pour trouver le milieux juste.








 

Par Serge Blanchard
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Lundi 12 octobre 2009

 

 

 

 

 

 

Au centre des Humeurs

 

 

S'il est un domaine transversal qui s’avère être l'une des causes de déstabilisation psychologique ou de violences verbales dans toutes les instances, touchant toutes les couches de la société d'une manière quotidienne, ce pourrait bien être « les sautes d'humeurs » et leurs expressions. Comment faire avec pour mieux les gérer?



Petits nuages ou grosses tempêtes

Les humeurs sont pour l'âme ce que les nuages sont pour le climat : variables, contrastés, imprévisibles, ombrageux, orageux, inégaux dans leur densité, leur contenu, leur fréquence, leur électricité, suspendus entre ciel et terre.


Les humeurs caricaturent les émotions dans leurs excès et sont pour la plupart perçues dans un sens péjoratif et négatif, véhiculant avec elles dans le langage courant, un sentiment de mal être. On ne se plaindra pas d'avoir des émotions mais on se lamentera de n'avoir aucun contrôle possible sur ces sautes d'humeurs agissant sur le plan personnel ou relationnel, physique ou émotionnel. L'aspect irascible, excessif, démesuré, exécrable, « caractériel », contrasté, de ces manifestations, engendre une relation à forme tyrannique, pour la personne qui le vit et son entourage. L'expression de volontés contraires indique qu'il pourrait s'agir de dysfonctionnements des « vouloirs ». La variation des désirs soumet l'intéressé à des fluctuations d'intérêts qui n'aboutissent pas dans leur conclusion. Les incidences frustrantes ne font alors que rajouter au désarroi.


La philosophie taoïste, dans ses observations ancestrales, a pu donner tout son sens à ces fluctuations par la lecture de la transformation des énergies dans le corps. Elle le traduit par cette simple synthèse « le cœur n'est pas tranquille, il a perdu son domaine » et en donne même des outils pour mieux les appréhender tel que le massage, Chi Gong, Tai Chi, concentrations, méditations. L'efficience de ces outils a fait ses preuves pour apporter le calme mental, par la régulation des énergies.



Du dénouement de la perte

La manifestation de ces variations d'humeurs, avant de devenir pathologique, s’il en est le cas, a une référence presque normative, puisque le psychologique est d'abord lié au physique, et que l'énergie corporelle a ses propres règles. Chaque émotion est dépendante des

cinq organes et de leurs viscères. Le simple fait de transmuter d'un organe à un autre, provoque un changement humoral, ce qui se produit toutes les deux heures. Il est donc normal qu'un certaine fluctuabilité des humeurs puissent se vivre selon ces fuseaux horaires. Elles ne peuvent pas être linéaires. Le problème se pose d'avantage quand une rupture brutale intervient dans ce rythme. Le corps et le mental sont continuellement en train de s'adapter, entre l'intérieur et l'extérieur, entre un état émotionnel donné, à un moment donné et son juste milieu. Il n’aime pas le brusque événement choquant. La variation cyclothymique devient pénible quand l'horloge biologique est défaillante, en voici quelques exemples :


Ceci est particulièrement flagrant au moment de la ménopause. La fin naturelle des ovules enclenchent un déséquilibre des ovaires et des reins, ce qui a pour effet une activité désordonnée provocant une énergie non-utilisée. La fonction régulatrice des reins et des eaux dans l’organisme ne remplit plus son office, l’eau ne retient plus le feu, « ils ne comprennent plus. » La chaleur inemployée monte ainsi par à-coup. C’est l’affolement par l’action irrégulière sur le foie et vésicule biliaire qui réagit d’une manière inconsidérée « lui non plus ne comprend plus. » Les humeur du cycle féminin est bien la démonstration, s’il en était besoin, des incidences des organes et de la fluctuation énergétique sur le psychologique. La médecine chinoise a son savoir faire en la matière, tant pour les humeurs que pour la ménopause, dans l’apprentissage de la retenue des énergies ou de leurs transformations, dans le rééquilibrage de ces «mauvaises poussées de fièvres » qui interagissent sur le comportement.


La connaissance intuitive de l’équilibre des énergies, le tempo horaire et thermique, le dosage subtil de toutes les hormones reconnus par l’hypothalamus, passent nécessairement par la grande horloge biologique qu’est la glande thyroïde. Le langage des humeurs respecte le contrôle des glandes et de leurs hormones. L’ablation de la thyroïde a des incidences sur le sommeil, la perception de la fatigue, l’attention, la sexualité, mais elle a aussi des conséquences redoutables sur les humeurs : « on ne se sent pas bien ». Comme pour la ménopause tous les efforts de régulation d’une thyroïde enlevée, demande beaucoup de temps et compensent maladroitement la préciosité des cellules hormonales.


Aussi étrange que cela puisse paraître, on se retrouve dans la même situation du manque et d’affolement des humeurs versatiles, excessives, démesurées, lors de la période de désaccoutumance des addictions avec la même vulnérabilité. Même s’il s’agit du manque d’ « agents  extérieurs, » qui seraient venus cependant combler un vide, la danse du « yo-yo » des humeurs est la même que pour les événements internes ? Et en général cela ne passe pas inaperçu et l’entourage le sait. Le général des armées « vésicule biliaire » est perdu, il ne reconnaît plus ses soldats, son propre territoire est miné, cerveau, globules blancs, glandes, et autres télécommandes sont perturbées, « il ne se reconnaît plus ».



Gens qui rient, gens qui pleurent

Le paroxysme de la variabilité des humeurs se focalisent particulièrement chez le sujet maniaco-dépressif. Mais c’est aussi le paroxysme du manque puisqu’il s’agit de la perte du sens de la vie. IL perd la raison mais il a plein de raisons de se retirer. En s’enfermant dans l’obsession, par un vide de rate extrême il s’englue dans les manies qui nourrissent à leur tour ce cercle vicieux. Les poumons, de ce fait, épuisés n’adhèrent plus au programme de la gestion des liquides et du Chi, qu’ils se sont donnés, et se retirent dans la dépression, la tristesse et le désarroi. Le cœur est profondément blessé. Confronté à l’angoisse de vivre, physiquement il signe son malaise, en bloquant la circulation de l’énergie entre l’estomac, le cœur et les poumons. Il perd ses repères.

Au fond le ou la « maniaco-dépressif » est un être coincé entre le haut et le bas, au diaphragme tendu. Son énergie passe du vide de la rate au vide des poumons. Plus rien ne va ni dans le bassin, ni dans la tête. Il ne peut être satisfait de l'ordre terrestre que lui offre l'ordre régnant qui casse la matière plus qu'il ne la respecte, il fait croire alors à son adhésion à « l'ordre » en adoptant les manies très sophistiquées ; et ne peut accéder au spirituel puisse qu'il ne peut accéder à l'illusion d’un idéal père parfait qu'il s'est fixé ou qu'on le lui aurait transmis; d'où sa tristesse et son profond désarroi. Tiraillé entre l'imparfait spirituel et le faux ordre terrestre, il ne donne plus de place au foie aux esprits « hun », qui pourraient trancher sur ces falsifications d'existence pour ressourcer son cœur. Entre la folie d'une mère et l'absence d'un père, il se donne l'illusion de se bercer entre « ne pas être soi » et l'obéissance, la soumission à la « conformité », pour en retirer un bénéfice trompeur de reconnaissance ou de pseudo existence. Conscient cependant de son mal être, mais sans savoir comment nourrir son action ou sa réflexion, ce va et vient devient épuisant physiquement, intellectuellement, affectivement et spirituellement. La mélancolie, le regret, la nostalgie complices de l'inertie auront beau jeu de s'installer. Caractère irritable, hyperactivité suivi de grande fatigue, manque de concentration passant de l’euphorie à l’abattement de l’ exubérance au profond désarroi, du rire aux larmes, seront ses faux amis le jour et les cauchemars ceux de la nuit.

Il se fait et de la bile et des glaires. Ce qui a pour résultante d'obstruer le cœur et se trouve donc dans une impasse, en se soumettant au « faux » il se désolidarise de son propre cœur en qui il ne peut même plus trouver la force de révolte pour laisser crier sa colère de ne pas être soi. En occident la médecine semble impuissante d'en trouver la cause et pour autant commet des électrochocs, encore en ce 21ème siècle pour venir à bout du désordre mental provoqué par ce grand désarroi d'être incompris, ballotté entre la recherche d'un modèle et être soi. Le lithium vient ensuite lissé ce traitement de « choc ».

La médecine chinoise ne néglige pas le rôle des mucosités obstruant les artères dans cette pathologie ; elle aurait raison de cette déraison par les points E 36, E 40 en acupuncture, de cette mucosité visqueuse d'adhésion au dés-ordres. Ces deux points ne suffisent pas à eux seuls à rétablir l’énergie de tous les organes, mais ils sont cependant des bonnes clés pour ouvrir un chemin vers plus de sérénité.



Alternance ou sas nécessaire d'une humeur à l'autre

Le passage d’une humeur à une autre s’avère inéluctable mais la réalité de ce phénomène nous invite à clarifier le ciel nuageux de notre mental face aux événements. Les sautes d’humeurs dont les causes sont physiques peuvent être, sans doute régulés, par une intervention externe, pour le reste, on ne peut échapper à une vigilance sur soi-même. Les humeurs dans un couple, ou dans une famille où tout le monde est obligé de supporter les désagréments, les humeurs du père alcoolique, les caprices d'une adolescente, les gémissements de la mère épuisée ou les imprévus d'un adolescent drogué. Ce n’est pas une preuve d'amour que de s'y associer, la compassion n'est pas la fusion dans une humeur destructrice, d'irritation ou d'impatience.

Plusieurs pratiques peuvent donc nous y aider :

La clarification des significations de termes très proches, tel le brouillard rendant la lecture des formes un peu nébuleuses, mais qui amènent à la confusion du sens peut contribuer à l’apaisement : confusion entre ténacité et rigidité, entre endurance et entêtement, ente action et activisme, entre être discret et être inexistant (fausse humilité), entre l'effet tonitruant et prendre modestement sa place, entre autonomie et n'en faire qu'à sa tête, entre ralentir une activité et stopper une activité, entre ce qui est subjectif et ce qui est objectif, entre autorité et autoritarisme. Cela peut éviter les emportements parce que l’on aurait pris l'excès à la place de la réalité.


Se recentrer n’est pas un vain mot en philosophie taoïste, cela s’effectue consciemment en ramenant plusieurs respirations abdominales tranquilles au Tan- tien, lieu énergétique sous le nombril, et s’ancrer, par le massage des pieds pour ne pas perdre la tête et garder les pieds sur terre.


S’octroyer des sas de décompression entre deux univers différents, travail et foyer par exemple, respecte assez bien le rythme d’adaptation fluide nécessaire et s’avère utile pour unifier ce qui, sans cela, pourrait devenir rupture.


Admettre de tourner la page d'un événement, ou d'un état à un autre adolescent- adulte, divorce-solitude, les soucis ressassés ne conduisent qu'à punir la rate. Les regrets blessent les reins et ralentissent la marche en avant, quand le corps continue sa progression.


On ne peut faire l’économie d’un apprentissage du contrôle de soi, car lâcher à elles-mêmes les humeurs vont vite devenir une jungle, l’authenticité ne veut pas dire déverser sa poubelle émotionnelle.


Fixer la diversité de ses vouloirs sur un seul acte déterminant amènera le mouvement et la concentration nécessaires à la mise en forme d'une pensée plus structurée.


Les sautes d'humeurs peuvent être un baromètre, un indicateur d'un dérèglement de l'harmonie initiale, elles sont aussi un repère de lutte interne comme une tentative de vouloir ramener, souvent avec maladresse, son soi vers son axe pour ne plus être « désaxé », plus « raisonnable ».

La bonne santé se réjouit de la bonne humeur !!!





 

Par Serge Blanchard
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Mercredi 30 septembre 2009

 

 

 

 

 

 

L'errance mentale

vue par un taoïste occidental

 

 

 


Entre les méditants qui recherchent " des états modifiés de conscience ", l'usage de mélanges de toute sortes ou antidépresseurs, légalisés ou non, invitant à des voyages hors normes ou d'autres distractions commerciales pour aller voir ailleurs, sans scrupule sur le contenu proposé, l'éclairage de la philosophie taoïste apporte une acuité particulièrement actuelle sur l'errance mentale, comme phénomène social ; imposant par la masse d'individus, interrogeant quant à la conscience d'être soi. Entre celui qui se cherche et celui qui ne sait où aller, la recherche d'un ailleurs paraît forcément meilleure !

Certes, la voie du Tao nous rappelle que chacun gère son destin de la manière dont il l'entend, mais il nous rappelle aussi que chacun doit tenir les rênes de sa vie, sans se laisser ballotter, sans perdre le sens de celle-ci.




l'errance mentale due à une non-communication.

Selon le ch2 Du suwen, l'errance mentale intervient quand il y a rupture de communication avec des référents qui n'ont pas été respectés. Les préceptes taoïstes nous orientent vers la conception d'une bonne santé, lien entre toute choses, unification du corps dans un ensemble cohérent : les cinq organes et leurs fameuses correspondances, entre autre à celle des saisons et intersaison. Si par l'effet de l'homme, les saisons s'emballent, le non sens, la fragilité des consciences apparaît entre les humains, les esprits s'échauffent ou se perdent à l'instar des éclipses de soleil, les consciences ne sont plus lumineuses, elles perdent le nord. Au même titre que les animaux et la nature, l'homme ne s'y reconnaît plus. L'expansion d'un marché économique forcené comme autant de territoires à acquérir malmène et provoquent les foies individuels et leur désir de créativité. Sans créativité le feu du foie va s'enflammer comme un feu de paille dans des actions incongrues. Les volontés de défier la poussée des choses, perturbent l'équilibre naturel. Les courses après le temps dérèglent la pendule des thyroïdes, pour laisser place à des " bouffées de chaleurs " ou à des sauts d'humeur destructeurs, " le ciel se renverse, la terre se retourne ". Les vents ne viennent plus mettre de l'ordre dans les semences mais détruisent tout sur leur passage enclenchant une cascade de désastres.

Si les 5 organes n'ont plus de contact entre eux, le masculin et le féminin n'ont plus de correspondance, le masculin reste en quête perpétuelle du féminin, le féminin désespère d'attendre le masculin, solitude de l'action incomprise, ou créativité et fécondité non reconnue. L'attente de la complétude inassouvie, la frustration de l'inachevé, le vide total entre le foie et le cœur font souffrir. La fuite de cette souffrance pourrait bien être l'échappatoire d'une situation intenable, pour se rendre compte, dans l'errance, que celui-ci est encore un échappatoire à l'essentiel, le manquement à la communication. Le vide de reins hésitent entre la fuite et le dégoût de la vie. La rate et l'estomac mal nourris vont penser sans la raison. Le shen, qu'abrite le cœur, recherche fondamentalement le calme ; pour se protéger des agressions externes il va esquiver la situation douloureuse au risque de se retrouver dans une autre impasse, la perte de racines.

" Il est ailleurs ,perdu dans ses pensées " ; " il n'a plus les pieds sur terre "; " il a perdu la tête " ; " il n'a plus la tête sur les épaules " ; "  il divague " ; " il dit n'importe quoi "

Le point 3 rate (nommé " le plus blanc ") et le 4 rate (nommé " entre grand père et petit fils ") en acupuncture sont les points signifiants de la prise de terre, comme s'il était temps de reprendre contact avec la réalité, humain entre les anciens et les enfants ou petits enfants, chaînon parmi les chaînons. Le massage régulier de ces points, seraient-il une bonne prévention à l'errance mentale? Vaste programme tellement simple qu'il apparaît simpliste, et pourtant !


Quand la communication entre ciel et terre n'existe plus, la circulation du chi est pervertie, le mal être est au rendez vous. Habituellement le ciel nourrit la terre par sa chaleur, sa lumière et la pluie, et la terre l'accueille, le féconde, et nous sommes comme ciel et terre. Ce que veut nous dire le suwen, en nous rappelant cette réalité c'est aussi que le cerveau doit être en correspondance avec le reste du corps. Le savoir doit correspondre au savoir-être et au savoir-faire. Les scientifiques enfermés dans leur savoirs sans rendre leurs connaissances opérationnelles dans le concret du quotidien, le décalage entre la perception des dirigeants et le peuple, les religieux enfermés dans leur sphère sans transmettre le fruit de leurs méditations, mais aussi trop de démarches spirituelles sans véritables incarnations dans le jing de la vie sexuelle, la nourriture s'appauvrit jusqu'au dessèchement des consciences. Cela revient à nier la terre, la sexualité et les autres humains dont ils se désolidarisent et donc s'isolent, ce qui est une autre forme d'errance. Avec une tête encombrée par des désordres émotionnels et des pieds lacérés à force de marcher, en quête d'un oasis, l'humain avec son mal de ventre, ne peut s'y retrouver, " il ne sait plus à quel saint se vouer ". la schizophrénie , l'homme coupé en deux, peut se développer. Un astronome aussi performant soit-il, garde toujours un contact, une communication avec sa base, on peut en prendre modèle.


Quand la communication ne se fait plus de l'intérieur vers l'extérieur ou de l'extérieur vers l'intérieur, quand le vent ne devient plus oxygène, l'asphyxie ou l'hébétude annihile le mouvement. Si les émotions ne sont pas communiquées, le mental tourne en rond et se fait son mauvais cinéma, en dehors de la réalité. Mais si une écoute ne permet pas une régulation, les cris vont s'amplifier en boucle jusqu'à une tension extrême. L'absence de fluidité de ce  chi de communication indispensable provoque l'écartèlement des tissus sociaux. La conscience de l'être aura bien du mal sauvegarder sa dignité si elle est confrontée à la violence " normalisée " et banalisée dans les rapports sociaux ; humiliations incessantes, harcèlements, esclavagisme moderne au service d'un produit plutôt qu'au service de l'humain, oppositions systématiques à la force créatrice, aliénation avec les endettements...


Et enfin cette non-communication est encore plus pernicieuse quand l'individu n'a plus le contact avec son propre corps, quand il ignore son sacrum, il a de grandes chances d'ignorer son sens des liens sacrés; quand il ignore son intimité, son lieu de ressourcement, il ne peut connaître ce que lui dit son cœur, sa véritable identité. Les souffles yang ne sont plus en correspondance avec les souffles yin, l'expansion démesurée se manifeste au détriment des forces souples de créativité. Le mental est happé, capturé par des obsessions obsolètes, la moelle épinière est dévitalisée et déstructurée.





De la volonté de créer ou d'organiser l'errance mentale

On pourrait émettre l'idée qu'il s'agirait d'un seule responsabilité individuelle quand un chacun s'expose ainsi à ses propres désordres. Mais on peut se rendre compte que les collectifs, dans toutes les classes sociales par certains comportements sociaux favorisent, organisent méthodiquement la perte de l'unification de l'esprit :

Les assujettissements à des pressions diverses, administratives, fiscales, la violence sociétale considérée comme passages obligé pour être dans la norme ont une logique, pour certaines, qui pourraient bien apparaître comme insensée aux yeux du bon sens;

Les match de foot, devenus des cercles de haines juste pour " s'éclater " en clair pour " se disloquer " prétextant une détente collective en guise de décompensation ou de récompense face à un travail harassant;

Les exploitations sexuelles spoliant et confisquant ainsi la vie pour le bénéfice des armes toujours plus nombreuses et sophistiquées;

les gaspillages énormes dans d'éphémères festivités;

la folie de l'image et du son où chaque spectateur et auditeur est invité à consacrer du temps juste pour le tuer;

le réseau " salutaire " des bistrots pour satisfaire l'ennui, là au moins on peut jouer au concours du plus ivre pour être plus viril ou libéré,

le marché des drogues juste pour fuir une société perverse;

Les courses aux soldes comme s'il s'agissait d'une nourriture absolument vitale et existentielle ;

les jeux d'argent juste pour rêver, s'illusionner de gagner ou se donner une impression de stress suffisant pour se sentir exister;

le stress établi comme la norme inconditionnelle de réussite ;

celui qui est déjà en prison ou encore en hôpital psychiatrique;  ce qui représente un quota de personnes non négligeable;

....Alors" les esprits ne sont plus retenus " (suwen). Manifestement l'esprit a perdu son logis, son cœur. Comme un vagabond a perdu son domicile. Il n'est pas à sa place et ne sait plus tenir la sienne. Celui qui organise comme celui qui s'y prête participent à cette gabegie ab-errante !

La cause et conséquence de l'errance la plus connue reste l'alcoolisme. Cette pathologie résume bien le processus du lien ente le foie, les dépendances et l'errance : trop de yang du foie, trop de vide des reins. Avec une surpression du foie et un vide des reins l'individu devient survolté ou complètement inhibé, plus de sens à la vie, désabusé seulement, envie de partir parce qu'il ne se sent jamais bien à la place où il se trouve. Le trouble de la vue telle de fausses croyances donne une illusion d'optique : l'alcoolique considère l'alcool comme l'ami le plus sûr pour un coup de pouce compréhensif, mais ce produit prend ainsi le pouvoir en se substituant aux efforts et les joies de la créativité. Poursuivi par des détournements de sa créativité l'individu n'aura d'autres ressources que d'être acculé à la violence, à la fuite ou à l'errance. Mais les effets et dégâts, à quelques variantes prêts, sont sensiblement les mêmes pour les autres errances : la perte du sens de sa propre identité.

 




Méditation et décorporation.

Contrairement à ce que l'on pourrait penser on retrouve l'errance mentale également dans les effets de certaines méditations. Toute méditation n'est pas sans danger et tout n'est pas pur non plus dans ce domaine. Quand la décorporation, considérée comme un exploit en activant et laissant faire l'énergie pour aller dans n'importe quelle direction, la dérive et la déviance mentale ne sont pas loin, à tel point que la psychiatrie l'inscrit dans ses mémoires sous forme de "délire mystique". La méditation taoïste au contraire, accepte d'accueillir la terre et ses difficultés pour accueillir les forces d'éclairage pour les solutions. Si le taoïste est conscient de la force de la pensée : "Tu es là où es ta pensée", elle a encore plus de puissance quand elle est dirigée vers un objectif, elle n'est pas sans but. La vacuité, sans être parfaite, est atteinte quand l'harmonie est présente, alors, seulement là, le méditant peut laisser faire. Bien sûr dans ces moments, il peut faire l'expérience du hors temps. L'énergie au dessus du crâne, ainsi constituée en fœtus éternel peut s'habituer à aller voir tel ou tel lieu ou cadre. Elle ne sort pas n'importe comment, même la nuit sans être dirigée, c'est aussi cela tenir sa vie en main. Le taoïste n'oublie jamais qu'il n'y a pas d'aller sans retour, et qu'il ne peut laisser partir son énergie mentale partir pour atteindre on ne sait quel trou noir, sans y revenir, pour en faire part à son entourage proche pour un mieux être terrestre. C'est la grande leçon du méridien vésicule biliaire.






Du bénéfice de l'errance

On peut se poser cependant la question du bénéfice de l'errance, puisque la tentation de lui rendre visite est quelques fois tentante. Quand cette errance n'est pas elle-même perturbée par des supports médicamenteux, drogues ou alcool, fuite face à l'exigence du miroir de soi , l'expérience du vagabondage peut ramener justement à notre centre. De la solitude on peut espérer une rencontre. Du désert moral il en ressort une nécessité d'élagage entre le superflu et l'essentiel. Les invitations au voyage permette d'intégrer d'autres cultures mais aussi ses racines. "les hommes bleus" du désert, ou la vie monastique auraient-ils la fonction de rappeler à l'humanité que le voyage de la vie ne peut être confondu avec l'errance? Et que le tao nous invite à prendre notre vie, notre conscience en main, la divagation n'est pas la norme de l'humanité.




Le fou et le saint

Cet étrange parallèle souvent mis en évidence nous laisse avec beaucoup de questions. Ils ont l'un et l'autre des expériences similaires et cependant différentes. Le praticien exercé favorisera des techniques énergétiques pour soigner ce qui ressemblent étrangement à ceux des psychotiques qui cherchent à calmer leurs angoisses existentielle ; la claire voyance du méditant et la médiumnité de l'alcoolique sont souvent confondues ; la réception maximum d'informations d'une manière énergétique ou par l'ingestion de produits peut avoir les mêmes mises en action des neurones. Penser à rien ou capter multiples informations neuronales, vacuité ou concentration. Les petites hallucinations de l'homme ivre ou l'ivresse des ondes alpha; le vagabondage ou la sagesse du détachement ?


Le sage préfère taire son savoir et protéger ses prophéties si ce n'est pas le moment de les dire, quand le fou va vouloir les crier à tue-tête de nuit dans une rue déserte ou devant un public qu'il aimera voir affoler par sa violence.

Mais on peut penser cependant que la voie du sage s'avère plus gratifiante et moins souffrante mais aussi plus exigeante.

 

Par Serge Blanchard
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Vendredi 25 septembre 2009

 

  

 

 

 

 

 

 

L'Alchimiste Automnal

 

 

 

L'organe poumon, équivalent à de l'automne, premier ministre du cœur souverain aimerait davantage faire connaître son savoir-faire alchimique, en cette époque des essoufflements en tout genre à force de courir après du non-sens, d'intoxiquer les enfants à hauteur des pots d'échappement, de sniffer n'importe quelle fumée aliénante pour se donner l'impression d'exister, au profit des créateurs de dépendances, de vivre dans des « ambiances climatisées » ventilant ainsi toutes sortes de bronchites... Après la totoche qui empêche de crier... et de dire, l'objet à la mode, pourrait bien être le masque filtrant que porte déjà certaines populations.


La force du chi, issue du poumon, de l'alternance de l'inspire et de l'expire fonde un des concepts essentiels de la philosophie Taoïste mais aussi yogi ayurvédique, comme une nourriture nécessaire et indispensable à l'évolution de la conscience, à l'alchimie des connexions neuronales, au simple développement de la personne et donc de l'humanité. La force de vie, du mouvement, vient de là. Le taux de fumée, de gaz divers, considéré par certains comme l'évaluation d'un progrès économique moderne, pourrait signer en fait la récession de l'intelligence et des consciences. Non content de détruire les capacités respiratoires en accélérant les cadences, on détruit les forêts, poumons de la terre, nécessaire à l'absorption du gaz carbonique. Reconnaître l'importance du poumon peut redonner vie à une nouvelle conscience responsable.




La leçon de la fluidité des échanges.

C'est au sein des poumons que se produit l'apport d'oxygène et l'élimination du gaz carbonique, qui va à son tour nourrir la photosynthèse des plantes. La fluidité naturelle, involontaire, instinctive entre les inspires et les expires nous montre comment, dans la multiplicité des alvéoles, se font les échanges et à cet instar, comment il pourrait en être ainsi dans l'idéal des relations, dans la nature, et dans les activités humaines. Le tempo régulier de la respiration rend les situations fluides. La volonté n'intervient que pour donner de la densité à la force fluide. Tous les exercices de respiration ne sont là que pour donner de la consistance à la puissance du chi, dans son intention de guérison ou de combat guerrier, dans le transport de cette énergie ou la mise en forme de la créativité. Toutes les gammes de respirations nous indiquent le chemin à suivre pour la transformation et la gestion des émotions. Car c'est bien par la respiration volontaire que l'on peut acquérir une certaine maîtrise des émotions, donner une humanité et du sens aux débordements des démons intérieurs ou des jungles extérieures. L'apaisement du mental s'obtient également par l'apaisement, l'approfondissement et la régulation de la respiration, parce qu'elle nourrit directement le sang. Le poumon responsable gestionnaire du transport du chi et des liquides dans le corps va nous aider à nourrir chaque petite cellule et contourner les obstacles pour aller jusqu'au bout de nos projets. Le poumon, comme tous les transporteurs de fluides ou d'énergies, routiers, marins, fluviaux, ferroviaires ou aériens, facteurs ou autres liens de communication compris, ont tous le même sens de leur travail : assumer leur fonction dans la discrétion, rigueur, régularité, responsabilité, ténacité et courage... naturellement. Mais ils savent se faire entendre dès qu'ils sont considérés comme une quantité ou qualité négligeable, parce qu'ils sont indispensables au corps social. Aucun n'aime les bouchons, mais ils savent bloquer toute l'énergie d'un pays jusqu'à l'étouffement quand eux-mêmes suffoquent. Le corps humain et le corps social suivent la même logique.




L'intérieur et l'extérieur s'influencent,

La subtilité du flaire de l'inspire par le nez, et de l'expire par la bouche donne un moyen de connaissance spécifique des êtres et des choses, au-delà de l'intellect : « ça se sent » comme un parfum. Les odeurs nous préviennent des dangers comme elles nous attirent vers ce qui nous convient d'une manière instinctive. L'air extérieur se mélange sans frontières apparentes à l'air intérieur. Mais des filtres remplissent leur programmation sélective. La cage thoracique nous rappelle également les limites de notre capacité respiratoire, l'illimité, la toute puissance physique, psychologique, intellectuelle n'est pas ce qui convient à notre réalité d'humain. Par contre, l'espace entre chaque côte nous inviterait à reconsidérer tous les possibles, malgré les contraintes. La dilatation et la contraction des côtes tentent de se synchroniser aux battements du cœur, pour créer une harmonie, le souverain (cœur) et le premier ministre (poumon) se doivent de faire vivre une complicité cohérente. La peau également liée au poumon, nous rappelle que l'intégration de l'extérieur ne peut se faire au détriment de la vie intérieure, que la communication de l'intérieur, de notre identité ainsi protégée, vers l'extérieur ne peut se faire qu'en prenant des précautions de la juste parole, du juste souffle faute de quoi l'asthme ou l'eczéma prendront le pouvoir. Cela s'apprend, mais pas dans des écoles où la compétition pour être un relatif « premier » en ingérant des « dopings » n'est en fait qu'une école d'épuisement des souffles. L'intérieur et l'extérieur dans la respiration se respectent, les relations intimes et les relations extérieures devraient s'en inspirer.




Sens de la séparation

L'esprit du poumon va du haut vers le bas. L'instant, l'inspire, l'instinct, flaire le subtil pour diriger la transformation de la matière en une nouvelle réalité, pour alimenter le chaudron inférieur, comme une ouverture d'aération sous une plaque de cheminée, ce qui donnera une autre forme de chi. Celui-ci sera dirigé à nouveau vers le haut de la colonne vertébrale. Les feuilles d'automne, les écorces des arbres, la pluie tombent au bon moment pour redonner du composte à la terre, qui va nourrir les racines et la sève va remonter au cœur de l'arbre. Tout ce qui, dans notre vie, séparations, deuils, déracinements, détachements, changements brusques, s'apparente à la chute des feuilles et peut donner le sentiment d'une perte, d'une régression, d'une tristesse d'un non-accomplissement est une situation normale, nécessaire, comme la mue d'une vieille peau. De plus l'énergie va devoir traverser, avec un effort de plus en plus subtile, la porte- filtre du diaphragme pour se mélanger à la matière, avec la rencontre de tous les spasmes de digestion et de gestion du dit. Comme si, ce sas, nous invitait à exercer de plus en plus de finesse quand on s'approche de la matière épaisse ou des discours bruts. Pourtant cette sorte d'affaissement, d'humble abaissement, de détachement pour se fondre dans la terre-matière du gros intestin, n'est que saisonnier et donc passagère. Cette chute d'énergie est nécessaire. La construction de l'identité doit passer par cette épreuve de « cuisson » qu'est ce mélange des énergies dans la confrontation aux autres. Transition indispensable pour grandir. La tristesse de la séparation devient pathologique quand cette lamentation perdure, prenant ainsi le pouvoir sur l'intelligence, le raisonnement qui permettrait de l'intégrer, la comprendre, la modifier. On peut se poser la question, des complaisances des plaintes en psychanalyse qui dure « plusieurs automnes » sans accepter qu'il y ait d'autres saisons ?




Entre le premier souffle et le dernier soupir, l'arbitrage du souverain.

Le premier et le dernier souffle sont les deux pôles de la vie terrestre. Le premier souffle est évidemment la première séparation d'avec la mère et le dernier soupir la séparation d'avec la matrice humaine. Le poumon est donc intimement lié à la mère. La mère quand elle transmet le premier souffle, transmet aussi le message du dernier. Le poumon garde l'héritage de la mère, comme le foie l'héritage du père. Le poumon et le foie assument, en quelque sorte, les inconvénients de l'avantage de cet héritage. Et font revivre, comme le couple parental, leurs chamailleries, leurs fidèles conflits. L'un voulant descendre l'énergie, l'autre voulant la monter ; l'un voulant faire descendre la pluie et les larmes, quand l'autre veut faire monter la sève et l'insouciance printanière. Entre vouloir calmer l'énergie du foie ou, bien la diriger, par son bon conseil, ce qui est sa fonction singulière, son côté Yin, et l'annihiler, lui « pomper de l'air » le poumon prend quelques fois ses aises. L'organe poumon aurait une fâcheuse tendance à laminer toute velléité de progression, jusqu'à la dépression. C'est comme si intérieurement le poumon favorisait un travail de sape, avec un regard nostalgique sur ses liens et attachements du passé, voulant entraîner avec lui la créativité du foie et son regard vers l'avenir. D'où souvent un conflit provoquant le doute de la créativité. D'autant qu'avec son idée de surprotection, voire de limitations, par un feuillage surabondant, ce poumon pousserait bien son énergie, comme une mère abusive à étouffer toutes les petites plantes, toutes les promesses de vie en dessous de lui. Voulant assurer et assumer sa présence dans les moindres parcelles, il s'infiltre partout, d'où son esprit d'intrusion jusqu'à vouloir tout contrôler sans octroyer l'air suffisant à son partenaire « foie » qui, lui, veut toujours aller de l'avant, au-delà des limites imposées. Le poumon pourrait même s'enorgueillir d'être au-dessus du foie, et d'être le plus proche du souverain, pour revendiquer le bien fondé de son travail de régression. Rester assis sur ses acquis et avancer en créant ne font pas forcément bon ménage.

De plus la personne humaine, même autonome, en intégrant l'esprit de la mère, intègre aussi sa dimension de la fin de vie, de là, à vouloir précipiter la saison d'automne avant son heure pour la confondre dans la froidure de la mort, il n'y a qu'un pas que certains suicidaires franchissent.

Mais le poumon doit comprendre la force du foie pour l'accompagner et non la diminuer. Il doit intégrer sa discipline respiratoire d'une manière quotidienne, non pas seulement instinctivement mais intelligemment, méthodiquement et volontairement. Ce n'est qu'à cette condition qu'il trouvera le courage, sa qualité fondamentale, son Yang, qui lui fera déplacer des montagnes, qu'il transmettra partout, à l'intérieur comme à l'extérieur, le chi dont il est le garant. In fine, il doit comprendre, que c'est le cœur, le souverain, le shen, et son profond désir d'identité et d'existence, qui prévaut et qui va l'orienter. Le conflit entre foie et poumon ne peut se résoudre que lorsque le cœur souverain rappelle à l'ordre ses deux serviteurs, dont la responsabilité de l'un est d'alimenter l'énergie et de l'autre, celle de renouveler le sang.


C'est dans ce même esprit que l'on peut comprendre, la nécessaire séparation du de la mère protectrice (poumon) et de l'enfant (foie) qui croît, comme indubitablement vital. Si la mère veut obliger son enfant à rester bébé en le gardant attacher à elle et si celui-ci ne veut pas grandir sans prendre son autonomie, l'un et l'autre ont apparemment intérêt à ce que cela dure, mais la mort prématurée de ces deux êtres est assurée. La fusion n'apportera que la confusion des identités, on ne saura plus qui de la plante grimpante ou de l'arbre descendant, tient l'autre, l'atmosphère devient irrespirable. Le courage d'une nette séparation, d'une distance pour prendre l'air, sans doute après une intervention du père, va permettre la césure, la clarification du rôle et de la fonction de chacun, leur donnera la permission mutuelle de vivre d'une manière autonome. Faute de quoi la cigarette ou autre drogue viendra, tel un médicament, calmer une angoisse de séparation ou autre frustration d'un sein. Si elle écoutait son vrai cœur et celui de son enfant, dans la rencontre des deux consciences, des deux shen, l'erreur de la mère n'aurait pas lieu.




L'intuition du poumon.

Quand le poumon reste en contact avec sa propre intuition, quand il sait rester au service du souverain-coeur, il connaît parfaitement les besoins fondamentaux de ce dernier. A sa demande de respect de soi, le poumon répondra volontiers par le respect de la fatigue pour récupérer, du rythme pour assurer le tempo, de la fluidité pour garantir l'écoulement de l'énergie et des liquides. Il ne confondra pas chute temporaire, éphémère et nécessaire avec régression, dépression par des lamentations et des plaintes sans fin. Foncièrement épris de liberté parce qu'il connaît les limites de l'emprisonnement, il aspire à prendre de la hauteur dans tous les débats. Les sports de glisses, voltigeurs et autres montagnards hors pistes le suivront en messagers symboliques. Sa discipline enrichira son courage naturel et alimentera non seulement sa propre force mais également celle de tout son corps. Son refus de l'étouffement, « du manque d'air », de l'intoxication informative, aérienne, volatile réveille son instinct défensif à la première alerte, et réagit soudainement par l'attaque ou par la fuite. L'oxygénation du cerveau sera sa propre gratification spirituelle par de nouveaux états de consciences. L'élévation personnelle et sociale passe par le respect du poumon.

Par Serge Blanchard
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Mardi 22 septembre 2009

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Le temps du stress et de la fatigue

vu par un taoïste

 

 

 

Les variations climatiques contrastées dans leurs localisations et dans leur ampleurssollicitent grandement les corps. Plus que le simple stress devant un danger imminent sur lequel on pourrait avoir un effet par une bonne gestion, le sentimentd’uneimpuissance devant un danger qui devient durable crée une peur sournoise etinduit un défaitisme. Le mal serait déjà fait, puisque même les politiques n’y pourraient rien ! Et la politique du sauve qui peut, ramènerait à un égoïsme ou à une surenchère des assurances en tout genre. Ce stress de l’adaptation nécessaire du corps, à ces variationsclimatiques répétées et accélérées, par ces temps qui courent, est de fait révélateur d’une angoisse plus insidieuse : La précipitation des catastrophes dites“ naturelles ”, la mise en œuvre de violences destructrices en tout genre, volontaires ou non, ne cessent de faire peur. Le journaliste guidé par son audimat et son chronomètre se plait à en faire l’écho.

La responsabilité de ces dysfonctionnements en incombe à l’homme et non aux dieux vengeurs. Guérir le mal à sa source, supposerait une compréhension du lien d’interférence entre la nature, le corps social et le corps humain.

L’OBSESSION DE LA VITESSE, conduite par la peur du manque et la volonté du pouvoir à tout crin, crée la précipitation des énergies et provoque fatigue, stress et peur. Le temps (chronomètre) agirait sur le temps (météo).

Deux mots “ obsession ” et “ vitesse ” tous deux liés à des organes. La philosophie taoïste nous apprend que le propos, la pensée juste ont leur siège dans la rate-estomac, quand l’énergie est en manque ou en excès, le soucis devient obsédant, la pensée devient trouble. Les stockages dans le grenier et épargnes en tout genre focalisent la peur du manque et la peur du vol. Une panse trop pleine trouble sérieusement la pensée. Des greniers trop pleins encombrent l’intelligence collective.

La volonté d’acquisition du territoire et de l’avoir, avec force et rapidité, reliée au foie, normale pour une part, devient pathologique quand elle est sans limite, quand la surabondance ne peut même plus être redistribuée, saccagée à peine récoltée.

La mobilisation du mouvement tient son origine dans les reins, et donne la capacité de récupération, quand ceux-ci n’ont pas le temps de souffler (avec une référence aux poumons), la fatigue est au rendez-vous, quand elle est répétée, elle épuise sa fonction et atteint même la force sexuelle. Les reins subissent une course après le temps, sans la capacité de récupération, et de ce fait affaiblissent la fonction du cœur.

 

La boulimie dévorante des actionnaires des grandes entreprises, avec la complicité de leurs “ contre-mètre-heure ”, compose la pression sur l’atmosphère météo, à en faire craquer l’ozone, qui, en cascade, essouffle les reins. Les décisions prises après un copieux repas d’affaire, donc issue d’une pensée surchargée, ne sont pas forcément des preuves de lucidité. Les reins, courant après la course, fatigués de ne pouvoir récupérer agissent directement sur la réduction de la sexualité, énergie vitale - castration chimique pouvant aller jusqu’à des vagues de suicides, les reins s’assèchent comme les rivières. Les amygdales, miroir des reins, transmettent leur peur d’étouffement à la thyroïde, jusqu’à l’extinction des voix, y compris celle des électeurs. Celles-ci compressées, invitent l’hypothalamus et à participer à leur propre étranglement en déréglant les pendules intérieures. La chronobiologie des organes et de leurs méridiens, correspondant à des cycles de deux heures, s’en trouvent très perturbés, au même titre que les saisons. Comme le reconnaissent les vrais initiés de la nature, les arbres fruitiers ne savent plus reconnaître le printemps, les abeilles perdent le nord tout comme l’humain perd le sens de son existence.

 

Pression, compression, oppression, dépression du corps humain, du corps social, de la nature. Ne pas être à sa place, ou devoir répondre à une demande démesurée ou inadaptée pour l’exécution d’une tâche, soit en quantité soit en qualité, dans un laps de temps le plus restreint possible, d’une manière constante, avec le maximum d’efforts, menaces insécurisantes, forment l’agrégat du stress.

 

La fatigue, loin d’être une fainéantise, devrait être entendue comme un signal fort, signifiant que l’ordre des choses n’est pas respecté, et la personne humaine encore moins. Certains le savent, la fatigue peut être utilisée comme instrument de torture. Le respect de soi, et donc des autres, commence par l’écoute de sa fatigue, pour y remédier. La violence du mépris de cette évidence humaine n’a rien de sain. Les perturbations du foie et de la rate-estomac sont bien connu en médecine chinoise, comme pouvant être la cause de désordres mentaux très graves.

 

A l’heure actuelle, tout se passe comme si la seule intelligence sociétale consistait à ne fonctionner que sur un plan horizontal, sur l’axe Foie - Rate, en tenant pour obsolète la dimension verticale : l’existence du cœur avec l’essence même de la personne, des reins avec sa sexualité, des poumons avec sa force de transformation.

Et le fait de courir après le macrocosme ou le microcosme ne donne pas davantage de sens à cette verticalité.

Ce dialogue foie-- rate-estomac, dans le contexte actuel, aboutit, par ordinateur interposé, à une complicité aberrante et à une mégalomanie délirante. Les conséquences, pour le reste du corps n’en sont que plus perverses et pernicieuses.

Comme si le foie et ses assesseurs (pouvoir, expansion économique, et armée), la rate-estomac et ses assesseurs (échanges des greniers et des héritages acquis, pouvoirs bancaires et dictats des chronomètres) trouvaient leur jouissance au détriment de l’essentiel.

Le danger des gros contrats et marchandages exclusifs entre foie et rate-estomac excluent forcément les autres membres du corps, violent la nature sans tenir compte des saisons.

Dans le sens rate –foie, on aboutit à l’abondance des rêves et des illusions

Dans le sens foie-rate, on aboutit au désir de devenir le plus obèse du monde, associé au désir de toute puissance.

Ce système va trouver une fausse verticalité déplacée. La pression du petit ou du grand chef va se répercuter sur le plexus solaire du subalterne, qui, en verrouillant son estomac, et s’interdisant sa parole et donc en annihilant la vie de son cœur et des ses reins, transposera lui-même cette pression sur sa famille. Colères, frustrations, abstinences sexuelles et autres maladies, seront le lot de sa soumission. L’énergie ne circule plus comme elle le devrait.

 

C’est toute la nécessaire et indispensable chaîne verticale des autres parties du corps CŒUR, POUMONS, REINS, CERVEAU, ainsi que leurs fonctions et leurs interactions qui est blessée, escamotée, mutilée.

Le contact du méridien conception ne semble plus exister. L’adéquation entre le dire (bouche) et le faire (bassin) n’est plus concordant. Les relations dans leur ensemble n’assument plus la cohésion sociale. Sans contact avec le cœur l’hypocrisie remplace l’authenticité. Le cynisme remplace la concorde, l’aveuglement (excès d’énergie dans le foie rend aveugle) remplace le discernement. Le discours collectif ne reconnaît plus la créativité individuelle. L’esprit, le shen, l’âme du cœur, l’essentiel existentiel est ailleurs, c’est donc l’errance mentale.

De plus, en reniant l’existence de cette donnée fondamentale de verticalité, ces prétendus savoir-faire ordin-adorés relèguent ces liens vitaux dans des zones occultes. Les religions pseudo - illuminées par leurs guerres au nom du bien, et leurs branches associées s’occuperaient du haut pendant que les systèmes mafieux s’occuperaient du bas. Pour un peu la statistique des ulcères à l’estomac des uns correspondraient avec la dépression des autres.

 

D’autre part, n’en déplaise à certains commentateurs qui souhaiteraient enfermer les astrologues chez les “ charlatans ”, sorte de flou par ailleurs jamais défini, les effets des astres ont une incidence directe sur l’activité humaine : taux de natalité en croissance, augmentation de la violence en prison, lors des pleines lunes. La lune agissant sur les marées, elle intervient directement sur les reins et fort heureusement donne une régulation cyclique naturelle. Les 7 planètes de notre système solaire, dans leurs ellipses respectives, par leurs propres énergies attractives, sollicitent le mental et le physique des humains. Elles amplifient les données. Les astrologues parlent d’accélération des mouvements, d’ici quelques années seulement, accentuant une forme de saturation des informations. Toutes les antennes, y compris celles du cerveau, seront multipliées. On peut logiquement penser qu’elles ne serviront pas qu’une simple curiosité scientifique ! Pourquoi méconnaître le produit de cette science ? L’apprentissage d’une adaptation aux accélérations ou décélérations des énergies devraient servir à une certaine anticipation. Quand l’insensé rajoute de la précipitation plutôt que de la maîtrise, l’instant n’est plus dans la mesure, l’ensemble ressemble à la folie.

 

Pour compenser les méfaits de ces désordres, il faudra sans doute du temps pour inverser la règle du jeu social, relationnel et individuel. Il appartient à chacun de se réapproprier son corps, tout son corps, dans toutes ses dimensions. Les quatre actions suivantes pourraient alors devenir un plan de restructuration.

 

Lien du cœur et des reins

L’énergie verticale du cœur et des reins méritent une noble transformation par les poumons. Chaque organe est nécessaire. Le cœur a cependant une place privilégiée, les autres sont à son service en quelque sorte. La complétude est grande entre le feu du cœur et l’eau des reins. Dans un devenir en mouvement, chaque être, chaque pensée, chaque activité suivent un rythme propre : origine et gestation, éclosion et essor, mûrissement et récolte, réserve et enfouissement. Chaque être devrait faire vivre sa dimension verticale et horizontale dans un devenir et se faire respecter en respectant le lien de ses organes.

 

Respect du rythme de chacun.

Le respect du rythme de chacun peut-il être légiféré ? En ce sens, le débat sur le nombre d’heures de travail a été largement faussé, puisqu’il n’a pas été tenu compte de la fatigue, qui est très variable selon les individus. Le rythme cyclique, la chronobiologie, l’alternance activité-repos, la manière d’inscrire la créativité individuelle dans l’ensemble collectif n’ont pas eu leur place. Le respect du rythme de travail selon les saisons relève du bon sens : on ne fait pas les mêmes travaux au printemps qu’en hiver. Le corps ne réagit pas de la même manière. Quand les cœurs, poumons et reins seront respectés comme dimension indispensable du corps, du corps social, les saisons et l’horizon seront plus sereins.

 

Respect de sa fatigue

La fatigue devrait s’inscrire comme élément indispensable de régulation de l’activité, tout simplement pour mettre en forme, le sens. Les contremaîtres devraient facilement trouver une reconversion en bon gestionnaire de l’alternance activité-repos, gage d’efficacité ! On ne peut tirer sur un poireau pour le faire pousser plus vite. On ne peut indéfiniment tirer sur son corps sans le casser.

Une analyse de la cause extérieure du stress et une volonté de faire circuler son énergie intérieure permettront une plus grande fluidité dans le corps et donc dans les relations. A chacun de trouver, parmi les techniques très variées, les moyens avec lesquels il se sent le plus en affinité.

 

La compétition, dans tous ses ordres et déclinaisons, pourrait bien être le poison insidieux et sournois du plus bel humanisme, fût-ce t’il démocratique. Le progrès ne peut être arrêté, mais chacun, à sa mesure peut faire le nécessaire pour ne pas de suivre un processus destructeur.

 

Décélération

La paix intérieure ne peut s’acquérir, ni dans l’agitation, ni dans la précipitation, ni dans l’accélération, elle se rencontre dans le ralentissement de la pensée et la prise en compte du rythme naturel, du souffle et du battement du cœur. Les temps de solitude choisie, et non, subie, la méditation, le retour sur soi dans une pratique quotidienne et ritualisée marqueront le contraste de la sérénité intérieure et de la précipitation extérieure.

La paix entre les peuples rejoint cette condition. Elle ne peut se retrouver que dans un processus volontaire de décélération.

 

Par Serge Blanchard
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Dimanche 21 juin 2009

















Le taoïsme

et

L'économie d'énergie psychique

 



 

S'il est un terme grandement utilisé actuellement pour diverses justifications économiques profitant aux uns aux détriments des autres, c'est bien celui d'économie d'énergie. Il est rarement fait état de l'économie d'une énergie psychique dont l'individu se nourrirait pour sa propre santé, et qui par effet d'un rayonnement contagieux aurait une incidence sur tous.

 

Le symbole du Pa qua, trigrammes entourant le symbole du Yin-Yang, référent du Yi King, le Grand Livre divinatoire chinois, nous donne toutes les compositions de la mesure de notre énergie psychique. Ces images vont bien au-delà du simple symbole. Tout comme les oghams des Celtes, les runes des Germains, les lettres hébraïques des hébreux, les trigrammes réveillent en nous des forces inconscientes, des représentations communes à tous et cependant singulières. Le cerveau, dont l'énergie est issue des cinq organes et de leurs fonctionnements, dépend de ces derniers, et nécessite la régulation du juste « plein », ni trop, ni trop peu. Il ne peut recevoir une saturation d'informations, il ne peut pas vivre sans ces stimulations. Dépenser son énergie mentale pour des futilités est aussi risqué que d‘être un « zombi » à la merci de n’importe qu’elle influence médiatique.

Le bien être mental s’accorde avec la mesure de ce qui est juste pour lui. Ce qui est juste sur le plan mental se détermine au Tan tien. Le regroupement des énergies de tout l'être, au Tan Tien, centre énergétique en dessous du nombril est au corps ce que le centre d'unification est au Tai Chi au milieu des trigrammes. La psychologie est unifiée, centrée, ancrée, quand la synthèse des huit forces qui entourent le Pa Qua, s'effectue à la fois au centre du Tan tien inférieur, au sternum foyer et au coeur et cerveau foyer supérieur. Ces forces, symbolisées par les trigrammes ci dessous, imageries de la composition des forces yin et yang, représentent les forces de l'univers.





 

Le trigramme Kun,

trois forces Yin, ayant pour image la terre, va nous refléter l'accueil de notre certitude intérieure, de notre fécondité et l'acceptation de la transformation de notre être et des choses. Cela ne veut pas dire qu'il s'agisse d' une acceptation béate de tout ce qui serait inacceptable, harcèlements, injustices, humiliations, viols, violence en tout genre. Trop de religiosités nous ont appris à subir, à courber l'échine, et à nous soumettre sous le joug d'un pouvoir abusif, sous prétexte de développer la réceptivité. Ce n'est pas cela l'accueil de sa certitude intérieure. La fécondité, tout comme la terre a ses règles ; Elle est inconciliable avec la destruction. Pour traduire ces trois forces Yin, cela pourrait être l'association du sourire, du calme intérieur, et de l'accueil de l'énergie corporelle et mentale qui agit par elle même. Faire confiance à cette énergie vitale, c'est reconnaître qu'elle a un sens inné pour nous indiquer notre chemin, au delà des acquis pas forcément adéquats, et du super contrôle que l'on voudrait lui imposer, par une sorte de toute puissance. Faute d'écouter cette force en nous, pour ce qu'elle est, une force de vie, le résultat pathologique se fera ressentir. La certitude intérieure a ceci de particulier, c'est qu'elle est terriblement personnelle, elle est souveraine, même si elle doit tenir compte de tout, de ses dépendances et de ses libertés. Disponibilité, adaptabilité, accueil, don de soi fournissent la qualité du recueillement et de la méditation. Et toute méditation a son exigence, être en contact avec son centre énergétique.

 





   

Le trigramme Dui,

deux forces Yang et une force Yin, ayant pour image le lac et la brume, va symboliser notre capacité à communiquer. Tout est interactif. Le taoïsme n'a pas attendu le mot « lien » sur tous les sites internet pour garder et vivifier cette conscience de la communication du liant du moi avec le tout. La communication de l'intérieur vers l'extérieur et de l'extérieur vers l'intérieur, tout comme l'oxygène rentrant dans les narines devient subtile pour en saisir les nuances des parfums entre le dedans et le dehors. Et ce n’est pas seulement de notre capacité dont il est question mais d’une nécessité de communiquer nos émotions et d’écouter celle des autres. Les émotions sont le lien subtil qui unifie, qui relie tout un chacun dans ce qu’il a de commun avec l’humanité. Pour exister toute personne doit passer par la communication de ses émotions. Entendre les siennes et écouter celles des autres. La solide montagne accueille le lac et les nuages sans pour autant en être « déstabilisée ». Savoir distinguer, reconnaître le faible, du fort, discerner le clair de l’obscur, échanger les expériences nourrissantes, sans se laisser envahir par celles qui le sont moins, évaluer la nuance du silence de réflexion, de celui du refus de communiquer, ce trigramme peut évoquer cette force de respiration vitale. Le passage de l’aube et du crépuscule s’établit d’une manière souple, avec un peu de temps, chaque échange émotionnel pourrait s’en inspirer. L’absence de cette communication serait bien la cause de dysfonctionnement relationnel. La personne humaine est ainsi faite, elle ne peut se satisfaire d’être un esclave au travail ou un simpliste consommateur sans partager ses émotions! Ce serait renier une partie de lui-même ; s’il en était autrement la révolte intérieure se fera entendre tôt ou tard, soit par de la violence, soit par une maladie ou autre automutilation, raison de plus pour l’écouter. Faire l’économie d’énergie ne veut pas dire ne rien dire, mais transmettre juste ce qu’il faut pour dire, qui on est et recevoir l’information de l’existence de l’autre pour lui donner corps, en respectant les nuances.

 








 

Le trigramme Quian,

trois forces Yang, ayant pour image le ciel désigne la créativité, la force, l’initiative. Avoir confiance en sa créativité est l’antidote du manque de confiance en soi. Le dicton :  «  Aide toi et le ciel t’aidera » correspondrait bien à ce trigramme. Quand on a tout mis en œuvre pour accomplir sa mission, on peut s’estimer être juste à sa place. Après avoir vérifier son objectif à atteindre, et son potentiel énergétique adéquat pour y parvenir, la mise en forme de l’intérieur de son intime prend toute sa dimension à l’extérieur au vu du collectif. Cette force est puissante. Les aides venant « du ciel » sont bien sûr les forces amicales, sociales qui font échos, d‘une manière synchro et concomitante, aux efforts déployés, Elle est alors considérée comme la grande « inspiration » . Ces forces Yang ne peuvent se confondre cependant avec la violence, ou l’entêtement. Sentir le moment juste, les opportunités de la mise en mouvement de son action comme celui de la retraite active peut faire partie d’un apprentissage, mais la conviction que sa force intérieure trouvera son issue, est le B.A -BA du diplôme de la vie que tout un chacun possède. Même le travail de sape répété quotidiennement de certains parents accusant leurs enfants de leur propre nullité, ou de certains dirigeants castrant les initiatives, ne parvient pas à détruire cette force inéluctable : l’œuvre doit être construite et avec le temps elle le sera. La moindre pousse d’un arbre fera sauter le goudron qui aurait le malheur de la recouvrir ! C’est la limitation de cette force, provenant de soi ou d’autrui, qui provoque une énorme perte d’énergie personnelle ou économique, avec toutes les cascades de bévues. La prise de conscience des clivages réducteurs, des schémas castrateurs, des processus inhibant peut être source d’une grande libération, d’un gain de créativité et de ressources.






 

Le trigramme Kan,

une force yang entourée de deux forces yin symbolise l’eau et désigne, la profondeur, l’endurance, la peur. La réflexion pour qu’elle soit opérante nécessite une prise de recul pour mesurer les interactions, les dangers. La profondeur de la réflexion ne peut faire l’économie de l’écoute du corps et du contexte environnant. Combien de décisions prises lors d’un « repas d’affaires » plutôt copieux que légers, ou à l’issue d’une nuit marathon de « négociations» qui ne sont en fait que des rapport de forces, deviennent des situations conflictuelles tout simplement parce que la pensée claire ne peut cohabiter avec une pense trop pleine ou une fatigue excessive ? Combien d’accès de colère pourraient être évités, si la règle minima de l’écoute du rythme de chacun était respectée ? La médiation suppose du temps; la discussion, la communication demande de l’écoute. La course pour une résolution forcée, engendre une série de dysfonctionnements qui fera perdre encore plus de temps pour rattraper les déformations de l’information, interprétations, incompréhensions et autres malentendus. L’apprentissage du dialogue passe par l’écoute du corps (force yang), par l‘appréciation de son intention de transmettre et la vérification de celle du partenaire (deux forces yin). L’intégration du temps nécessaire à l’accomplissement de son œuvre et du respect de son propre rythme est le fondement de tout sérieux. On pourrait espérer que cette banale évidence puisse être vérifiée comme lumineuse lors du précieux  « baccalauréat » ou à la sortie des dites grandes écoles! La boussole, l’horloge, ainsi que la préparation physique font bien parti des outils des stratèges militaires qui connaissent les dangers des mauvaises surprises. La préparation et le tempo d’une action est tout aussi importante que la réalisation.

 








 

Le trigramme Gen,

deux forces yin surmontées d’une force yang. symbolise la montagne. A son image elle fait appel au courage, au calme, à la solidité, à la rigueur, à la discipline mais aussi aux limites. La limite de ses activités en fonction de ses choix essentiels ne peut être considéré comme une privation de liberté, mais au contraire comme une densification de celle-ci. Il est étonnant de constater combien la sollicitation des enfants à nombreuses activités au nom de lui faire découvrir des tas de choses, l’éparpille, le déstructure, le fatigue, au détriment de son l’essentiel : que l’enfant puisse se dire et se construire par le jeu gratuit. La constance du montagnard au pas lent dans sa montée, sachant s’offrir des temps de pause devrait être l’image de l’endurance et du choix de vie à effectuer. Et tout choix de vie implique une rigueur, sélectionne ses activités, évite la dispersion, concentre son agir, intègre un rituel. Déterminer son choix de vie, délimite ce qui convient de ce qui nuit, ce qui est essentiel de ce qui est second, économise les efforts et l’énergie au profit de son œuvre. Il oriente en même temps qu’il donne du sens. Il n’est pas impossible cependant de faire des erreurs de choix, mais au moins, le constat de la perte d’énergie ou la perte de la direction à suivre ramèneront à une insatisfaction de ne plus être dans son projet et seront les repères de ce qui est recherché dans l’absolu. Les deux traits yin du trigramme sont là pour nous inviter à commencer une action par le versant le plus facile. La gratification immédiate et l’énergie mentale ainsi libérée redonne de la force et de la constance pour le plus compliqué ou difficile. Mais la montagne nous montre également une autre limite celle de la toute puissance. On ne peut tout faire. Quand on est sur la montagne on ne peut être dans la vallée, et bien que l’on progresse on ne peut atteindre le ciel. La limite nous ramène à l’humilité et à mesurer nos aspirations en fonction des possibilités offertes et donc à négocier intérieurement avec nos frustrations. Et tout comme le moine accrochée à sa montagne, le courage du choix de vie peut induire une certaine ascèse et la responsabilité d’assumer une certaine solitude, on y échappe guère.

 






 

Le trigramme Zhen,

une force Yang qui porte deux forces Yin symbolise le tonnerre. L’impulsion forte, la mise en route, la résolution vive, se mettre en mouvement et aller jusqu’au bout, autant de valeurs qui sont attribuées à cette image. L’orage peut évoquer une certaine tension électrique, une accumulation de faits et gestes qui nécessitent un vif éclairage et une sérieuse prise en main pour une remise en ordre afin que l’harmonie puisse renaître à nouveau. Cette dimension d’une énergie puissante mais nécessaire devrait intervenir dans le climat d’ une inertie qui a trop duré ; dans celui de confusion ou plus personne ne sait pourquoi tel ou tel conflit de famille, de voisinage ou autre, perdure ; dans le climat ou la stagnation des situations sécuritaires agissant au détriment de la créativité. On pourrait légitimement espérer que la justice assume totalement cette responsabilité à l‘issue d‘un conflit, mise en œuvre de solutions créatrices et harmonieuses, comprises et incluses dans cette prestation. Chacun à son niveau et à sa place, peut et doit cependant en être le garant. L’onde de choc du tonnerre se fait entendre à plusieurs kilomètres. Une telle poussée de remise en mouvement dans le bon sens et dans le bon ordre de l‘Élan vital, telle une opération chirurgicale, peut avoir des incidences à plusieurs niveaux, dont on ne peut soupçonner les effets. La valeur des deux trais yin nous invite à garder le calme devant une telle manifestation induite par nous-mêmes ou par autrui et à en accueillir les conséquences. Oser dire les choses d’une manière authentique et sincère est nécessaire et ne devrait point faire peur, encore faut-il opérer au bon moment, au bon endroit, auprès des personnes responsables ou concernées avec suffisamment d‘énergie. Les résultats sont souvent inattendus et régénérant. Les non-dits devant un harcèlement, viols, abus de pouvoir, ou magouilles insidieuses et sournoises peuvent être autant d’occasion d’exercer son pouvoir du trigramme Zhen…il y a de quoi faire !

 








 

Le trigramme Xun,

évoque le bois et le vent, l’arbre et par extension cette image figure l’enracinement, la pénétration, l’acceptation, l’intériorisation, l’interrogation des racines, de ce qui fait le tronc, le fondement, et des messages transmis représentés par les branches. Pour se constituer chaque enfant a besoins de ses repères parentaux, mais ceux-ci devraient savoir interroger les règles du jeu imposées par la société, état, région, entreprise, ou autre organisme constitué, pas toujours conformes et adéquates à l’ épanouissement humain. La corrélation entre le dire et le vécu, à l’identique des branches et des racines ; l’ancrage dans ses origines et la poussée de l’expression vers ce pourquoi on est fait ; la corrélation entre la pulsion intérieur et la protection extérieure de l’identité de l’être à l’identique de la force excentrique du cœur de l’arbre vers l’écorce protectrice reconnaissable ; cette exemplarité végétale devrait être la règle de la progression personnelle dans ses relations, dans son aspect social, dans sa manière d’entreprendre son travail, ou dans son évolution spirituelle. Sans doute quelques fois un arbre a besoin d’être déraciné pour être dans un meilleur terreau. Trouver le meilleur lieu de la mise en forme de son être s’avère judicieux pour une meilleure créativité. Sans doute aussi l’arbre a-t-il besoin d’éclaircir ses racines embrouillées, à son image une épuration du passé et de ses imbroglios permettra de mieux saisir l’essentiel de ses besoins, mais également, le refus de tout ce qui est dégradant ou destructeurs redonne vie. Le petit Yin de ce trigramme nous rappelle aussi que la santé aussi fragile soit-elle, reste cependant la condition sine qua non de toute créativité fusse-t-elle mise au service d’une entreprise sécurisante par le salaire, mais stressante par la pression qu‘elle y met dans son « contrat » unilatéral.






 

Le trigramme Li,

donne de l’éclat à la pensée lumineuse, un vrai soleil. La clarté, la lucidité, la vivacité, l’éclat mais aussi l’entourage chaleureux et les activités agréables font parties de cette famille qui honore le cœur. L’attraction intime vers ce qui est beau, harmonieux ne peut être confondue avec l’ivresse : les deux traits yang implique le contenu de la joie intérieure. La correspondance de cette énergie avec la certitude intérieure d’être juste avec soi-même et son Élan vital semble évidente quand elle est là. La souplesse d’être présent, à sa place, sans forcer sans imposer, se rapproche du sens de son existence, et donne le caractère souhaitable de ce qui pourrait s’appeler bonheur, mais qui comme tout ce qui constitue la vie, est en mouvement et n’est jamais stable. Ce constat peut nous laisser nostalgique devant l’inaccessible stabilité de cet état, mais cela ne doit pas nous empêcher de tendre vers ce repère. L’équivalence avec « l’ermite » carte du tarot, pourrait nous montrer le chemin à suivre, ou la lumière à protéger quand on avance sur le chemin de vie. Ce symbole est là aussi pour nous rappeler un des fondamentaux de la philosophie taoïste : l’alchimie de l’eau et du feu, la cuisson et l’intégration de la matière transformée en énergie spirituelle. Il faut du temps pour allumer un petit feu de camp et l’entretenir, il apporte toujours un contact avec le rassemblement d’amis ou le rassemblement intérieur . Li est un petit peu ce feu de camp et la conscience lumineuse, le méditatif que l’on voudrait constante même dans l’action.

 

Pour être au centre de ces huit énergies, on doit se rappeler que cette discipline requiert de la ténacité, une volonté de se recentrer, en associant le masculin et le féminin, avec fluidité, avec relativité, avec mesure, ce qui serait l’image des quatre points cardinaux à tenir ensemble, unis. Le Yi King nous donne à revivre la méditation de deux trigrammes ensembles. L’accouplement de deux trigrammes, leur combinaison, l’un sur l’autre ou l’un sous l’autre, ne fait qu’augmenter le potentiel inclus dans chaque trigramme et compose le dictionnaire de vie des 64 hexagrammes. Que cette nouvelle approche puisse donner au lecteur l’envie de s’en nourrir !





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Mercredi 3 juin 2009

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’aimant de l'été




Hasard de l'orthographe ou compréhension singulière de la vie, l'aimant, celui qui aime et l'aimant, celui qui attire la polarité inverse mais complémentaire, s'écrivent de la même manière. Le phénomène attractif des coeurs et des corps, plus sensible en période estivale, exprime une forme de vie dont le mystère, pensé par la philosophie taoïste, interroge et surprend encore nos pensées occidentales, par le sens qui sous-tend cette manifestation du Chi. Cette puissante attraction du masculin et du féminin, du Yin et du Yang questionne le fondement de notre identité.



L'eau et le feu s' aimantent


La chaleur monte et l'eau descend, et pourtant se recherchent. Les deux réunis produisent une alchimie particulière quand l'eau est au dessus du feu et un autre potentiel quand ces deux fonctions suivent leur cours naturel de séparation pour se singulariser. Mais autre constat, si la sève monte et la pluie descend, le chaud attire également le froid, le bouillonnement du chaos mental aspire à la paix mentale. La métaphore du feu sous la casserole pour la cuisson d'un met suggère bien, le délicat dosage du feu, de l'eau, des ingrédients, du temps, pour qu'il devienne savoureux.

En chaque être existe le chaudron, l'eau (les reins) et le feu (le coeur) quelque soit sa couleur de peau. Chacun va chercher au plus profond de lui même ce qui va mobiliser l' essence chaleureuse de son identité propre, faire bouillir l'eau (action) pour une combustion agréable de son énergie du coeur, laquelle aura une incidence sur l'élévation de sa conscience. Intuitivement et spécifiquement il est attiré par le langage du coeur que sont l'émerveillement, le rire, la joie, l'enthousiasme, la chaleur. « Le coeur est en l'homme, celui qui tient la place de souverain, face au sud » (Su Wen 6 et 8) « Il propage partout le feu de la vie, la puissance et le goût de vivre » (Claude Larre). Il a besoin pour cela, d'être appuyé par le langage des reins que sont l'endurance, l'action, la force, la protection, la sécurité. Depuis sa conception cette énergie fécondée va s'orienter vers son plein potentiel et la maturation de sa conscience perfectible à l'infini, sorte d'absolu toujours insaisissable, en tenant, ensemble, le langage du coeur et celui des reins. Il sait ce qui lui convient, devant chaque choix il se pose la question de cette adéquation maximale. L'être humain (homme ou femme) est donc « naturellement » attiré par tout ce qui va pouvoir l'épanouir, au risque de se brûler les ailes quand le choix de qu'il croyait être bon pour lui, s'avère être une fausse croyance, ou le vérifier par la négative quand l'individu place sa confiance en une énergie prometteuse mais qui aura été déviée ou détournée de son objectif, perçue alors comme une trahison.

Le langage du coeur est plus particulièrement porté par la femme celui des reins par l'homme. C'est donc la femme qui guide cette attraction, puisque dans l'idéal, c'est le coeur de la femme qui va faire grandir la conscience de l'humanité, l'homme devrait en être le garant, le soutien de cette énergie, de son entretien et de sa mise en forme. Dans la relation sexuelle, la femme veut élever les débats, connaître les fondements de la vie, la source qui dans la matière amène de la chaleur à son coeur et à son hypotalamus, à savoir l'impulsion du chi, mouvement puissant des flagelles des spermatozoïdes, transmise par voie externe masculine; l' homme veut connaître les sommets de la conscience, l'initiation spirituelle par la voie interne féminine. Suivant cette logique, l'un ne peut aller sans l'autre, le spirituel ne peut se dissocier de la sexualité et vice versa. Les séparer revient à les dénaturer, à les pervertir mutuellement. Chaque expérience pouvant devenir à ce titre un enrichissement personnel. Tous les loupés, pannes, dérives en tout genre ne sont, par la négative, que des confirmations de cette quête manquée, d'où frustration, incompréhensions, amertumes. Certains préféreront des ersatz de cette expérience tout en sachant que ce ne sont que des illusions, plutôt que de ne rien vivre du tout. Ils veulent approcher, un tant soi peu, sans être dupe d'eux-mêmes, cette dimension d'un sentiment profond d'existence. Dans un long terme, s' ils sont répétés, ces vécus spirituels sans sexualité peuvent brûler la conscience, (folie , hystérie ou autre cancer) ou la débauche sexuelle sans référence à un développement de la conscience devient une perdition d'énergie suicidaire (dégoût de vivre, agressions défensives, attirance vers les bas fonds). Dans les deux situations, c'est une perte de sens.

La prostitution est bien sûr le meilleur exemple de cette duperie, de cette usurpation : la prostituée, qui sait allumer le feu, fait croire à une relation d'amour alors qu'il ne s'agit que d'une transaction financière, qu' elle est capable de faire payer très cher, tellement elle a faim de sécurité, pensant indûment qu'elle va, de cette manière, se grandir ; le client se prête au jeu, prêt à payer très cher cette illusion de reconnaissance tellement il a soif de cette complétude, pensant indûment qu'il va, de cette manière, atteindre cette aspiration élévatrice.


Il n'empêche que la puissante attraction de deux êtres est bien basée sur cette perception radicale que cette bipolarité, spirituelle et sexuelle, tellement fondamentale, serait intuitivement rendue possible. N'appelons pas « inconscient » ce qui est instinctif, il s'agit d' une pulsion inéluctable, d'une volonté de réalisation et d'épanouissement mutuel parce que notre Jing (énergie ancestrale) notre shen (énergie de conscience) et notre Chi (énergie du mouvement) sont ainsi constitués, chaque être est propulsé depuis sa naissance vers l'accomplissement de sa maturation d'homme ou de femme. Synthèse de l'eau et du feu dont la conbustion, vapeur élégante, élève le niveau de vie. La philosophie taoïste nous apprend à conduire cette pulsion de manière noble et mesurée. Elle apprend aussi à respecter la nature des choses : l'aimantation respective pour se grandir mutuellement. C'est donc l'espoir, l'anticipation des possibles et la volonté d'un accomplissement qui crée cette attraction. Pourquoi cette personne là plus tôt qu'une autre? Les informations électriques et subtiles entre chaque être répondent à des interactions de correspondances. En ce moment là de la vie de chacun, les atomes ont suffisamment de croches et de demi- croches entre eux pour que la partition devienne harmonieuse, et que la musique s'entende au loin.




Le calme du coeur : préface du yin

Si le foie entraîne sa foi précipitamment et avec fougue, au moindre coup d' oeil complice et si les deux coeurs s'échauffent au point d'en perdre la raison, le feu des passions risquent fort de tourner au feu de paille. La préface d'un livre donne beaucoup d'indications quant à la lecture du livre. Le yang du foie des deux partenaires mais de l'homme en particulier, devra s'assurer que les reins le suivent bien, c'est à dire la tranquillité et la force. Il devra donc au préalable faire retraite pour vérifier sa fidélité à lui-même, la cohérence de ses actions et de sa logique. S'il sent intérieurement qu'il ne se reconnaît pas dans une relation le coeur sera troublé, perturbé voire blessé ou humilié. Le déni d'une inadéquation n'apporte qu' embrouille et destructuration. La paix mentale devient une condition sine-qua-non à la mise en place du feu tant désiré. Les deux partenaires ne peuvent faire l'économie de l'apaisement des cinq émotions essentielles (colère, ivresse, soucis, peur, chagrin), de la stabilité émotionnelle alors même qu' elle est bousculée, de la clarification de la pensée avant la symbiose fusionnelle. La confiance et la sérénité (l'eau) assurreront la paix des coeurs pour qu'ils puissent s'ouvrir dans un enthousiasme orgasmique (feu) dans une expansion exponentielle pour l'humanité (conjugaison de l'eau et du feu). On comprendra facilement que cette phase prélable de la rencontre, à l'heure où la « modernité » invite au « vite fait dans la précipitation » ou au « tout, tout de suite, consommable et jetable » est la plus difficile à atteindre. Le ralentissement de la respiration redonnera le pouvoir aux poumons, de calmer les esprits, et de réguler ces forces en présences, c'est aussi leur rôle.




Du flirt du Yin au coup de foudre

On l'aura compris la relation intime demande beaucoup d'attention, de précaution, de cadre entourant, enveloppant et sécurisant pour que la puissance du yin puisse se développer. Savoir écouter le yin est un art très particulier. Loin d'être une faiblesse ou une vulnérabilité, avoir accès à ce qui semble le plus fragile de l'être et qui néanmoins s'avère être le plus créateur est le défi que nous propose la danse du yin ; du flirt, il est capable de déployer un coup de foudre.

La petite sensation des mains de la coiffeuse qui glisse sur le méridien vésicule biliaire, pendant le champoing, va électriser tout le corps et faire fondre les plus vives tensions ; le film qui va rappeler la nostalgie d'une expérience de bonheur aura le pouvoir de faire vibrer une partie du coeur ; une musique, une vraie écoute et un profond regard peuvent faire pleurer parce que la beauté, en soi, anéantie les raisons d'être méchant. Ce sont les trésors du yin. On touche à ce qui fait le moteur de la vie, le yin est là avant d'être yang. « Le mystère de la vie doit rester dans les profondeurs, abrité et caché ; il ne doit jamais se monter à nu, sans le couvert et la protection du yang » (Su Wen). Ici encore, il n'est pas question « d'inconscient » mais seulement d' un potentiel de vie qui doit être protégé d'où les systèmes de défenses organiques et psychologiques absolument indispensables qui ont leurs fonctions et utilités.

C'est dans ces conditions environnementales confortables, à ce moment-là seulement, que le yin peut se déployer, se développer s'exprimer, en prenant une forme mentale et physique dans la relation amoureuse. Cette forme peut s'appeler « illumination ». La recherche ésotérique d'autres états de conscience, en quête d'un autre ailleurs, pour un extra-ordinaire pouvoir, se trompe quand elle néglige cette base et ce fondement de l'écoute du Yin : source de toute créativité. La magie de l'émergence de cette forme, qui vient dont on ne sait où pour s'infilter dans notre conscience, pendant l'écoute du yin, serait bien, au fond, ce qui a conduit cette attraction aimante dans les deux sens du terme.


La fluidité du Ying invite le Yang à prendre le pouvoir


C'est lorsque l'homme va pouvoir écouter le yin de la femme qu'il va retrouver son yang. Et plus il l'écoute, plus il devient excité. Son activation va induire la cadence, donner le rythme, le tempo, la consistance à cet mouvement de vie, qui demande à prendre forme. Mais alors même que l'homme aura tendance à se précipiter pour aboutir à ce qui le pousse avec insistance et impatience, l' explosion de sa pulsion pour être, il devra ralentir pour attendre sa compagne et celle-ci alors même qu'elle voudra ralentir pour garder en suspens son ressentit de puissance de vie qu'elle voudrait garder dans la durée, elle devra accepter de lacher le contrôle pour rejoindre son compagnon. Activation ou ralentissement de la respiration viendront, pour les deux partenaires, synchroniser cette expérience de vivre l'intensité de l'orgasme ensemble. Le chi, en tant que tel, est alors à l'honneur pour que la santé rejoigne la sexualité et la spiritualité. Indéniablement transformé chaque être réexpérimente une autre phase yin où l'énergie pure produit son alchimie d'expansion, d'unification, de gratification, nourrissant ainsi tous les organes pour une consolidation d'existence, sans que la volonté soit en action.


Outre le fait que chaque partenaire puisse considérer chaque relation sexuelle comme un révélateur de lui-même et comme une occasion de se parfaire, la philosophie taoïste nous montre que la danse du Yin et du Yang devrait nous permettre de reconsidérer certains aprioris sur la place de chacun, masculin et féminin dans la conception de l'action, de la santé et de la transformation spirituelle de la société...Le magnétisme aimant ! Un long chemin vers lequel on peut tendre avec tendresse, sans rivalité, sans esprit de possession.













Par Serge Blanchard
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Mercredi 6 mai 2009
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un chemin taoïste vers l’extase

 

 

 

 

La compréhension des correspondances des cinq organes, de leurs essences, et de leurs émotions respectives, en langage taoïste, pourrait paraître assez simple à la première lecture de certains manuels, si l’on considère l’entité d’une seule personne. Il est cependant, rarement fait état des incidences psychologiques, de l’interaction des organes et de leurs émotions de deux êtres, en face à face, dans un dialogue, ou dans une relation intime et sexuelle. Cette manière de voir peut donner un sens nouveau à cette forme de communication.

 

Le cœur, l’essence même de la personne, abrite volontiers la joie, l’enthousiasme chaleureux, mais aussi la haine, la jalousie ; le foie, le gouverneur du désir vers son absolu, tant exponentiel que relationnel, au service du cœur, regarde ses colères et ses envies avides, porteuses de frustrations, mais aussi sa grande délicatesse et son expression artistique lui donnant accès aux symboles, mis en forme ; la rate - estomac, en bon gestionnaire, protégeant ses acquis et ses paroles, donne tout son sens à l’équité mais également aux soucis (allant du plus petit aux obsessions) ; les reins méditent leurs sérénités et leurs sécurités dans leurs potentiels innés, porteur de vie et de durée, mais aussi leurs générations de peurs ; les poumons, gardiens des transformations, véhiculent la tristesse, mais aussi, par leur courage alchimisent toutes les émotions.

 

Le schéma se complique un peu quand on sait que l’art de l’évolution spirituelle, “ d’un travail personnel ” est bien l’harmonisation de ses émotions, donc d’une régulation de la vitalité de ses organes, pour un épanouissement global existentiel, tout en sachant que l’aspect binaire ou linéaire d’une réussite n’est qu’une illusion. Ce serait tellement plus simple si la joie était acquise une bonne fois pour toute ! Il se complique encore quand on sait que les fluctuations d’énergies traversent le corps, par des variations de chaleurs et de froideurs, par des allées et venues, des rentrées et des sorties, des montées et des descentes. Le passage d’une émotion à une autre est une donnée constante, toujours en équilibre instable. La quête vers un apaisement de ces tensions, invite à un nécessaire repérage pour les reconnaître, avant de pouvoir les transformer. L’objectif à atteindre, la noblesse de l’être humain, pourrait bien être une gestion des sauts d’humeurs émotionnels, sollicités par l’extérieur ou provoqués de son propre intérieur, pour Sa réalisation fluide dans toutes ses dimensions : personnelle, affective, communautaire, économique, sociale. Cette personne seule qui contemple son existence, a cependant les atouts pour parvenir à la construction de son temple.

 

Cela se complique singulièrement quand deux être veulent s’unir et de surcroît sexuellement, quand on sait que l’énergie sexuelle surmultiplie les effets émotionnels et leurs conséquences. Le yin de la tendresse et de la sensualité apprivoisées va devenir le grand yang de l’extase explosive et pourquoi pas mystique et cosmique, mais dans le même temps, cette fabuleuse énergie pourrait mettre en exergue ou faire émerger des penchants , des comportements peu édifiants, faute d‘avoir su regarder ces émotions au préalable.

 

Au-delà de la pulsion et du désir impétueux, l’intention de la relation sexuelle, avant d’être celui de la procréation, implique cette intuition profonde de ce contact incommensurable avec l’expérience d’une beauté intérieure remplie d’une intense joie, de fusion paroxystique de deux êtres, avec toutes leurs composantes. Conscience qui peut nous dépasser, mais qui est absolument nécessaire et vitale. Contrairement à une idée reçue, l’acte sexuel ne gomme pas les souffrances du cœur, même s’il est possible de s‘en abstraire pour un moment. Il donne une densité à ce qui pouvait être sous-jacent. Chaque organe hébergeant deux émotions particulières, avec bien sûr de multiples nuances, l’exemple d’une valeur positive d’une rate communiquant avec une valeur négative d’un foie, ouvre des portes sur une centaine de combinaisons possibles. Qu’advient-il, en effet, quand monsieur triste veut faire l’amour à madame inquiétude, quand madame colère veut vampiriser monsieur trouille, quand monsieur soucis-d’argent veut communiquer sa bourse plate avec madame peur, quand monsieur médicaments-déprime veut coïter madame ivre, quand monsieur “ fric-en-l’air ” veut payer madame désabusée, quand l’angoisse veut se mêler d‘un courage, quand le désarroi veut entreprendre une humiliation? Toutes les nuances perverses viennent s’emmêler pour brouiller les codes du dialogue véritablement amoureux.

 

Avant de parler de l’acte sexuel, qui requiert, en lui-même, bien des conditions, les préliminaires ne devraient pas se contenter seulement de caresses ou de jeux de tendresse ou de touchers d’éveil, aussi précieux fussent-ils, mais bien de composer avec l’alchimie des émotions pour que la partition soit encore plus belle. Notre culture ne nous a pas habitué à ce langage : “ nettoyer nos émotions avant de faire l’amour ”. On peut développer bien des diplômes en connaissance de soi, mais si cet essentiel est oublié, on passe sans doute à côté d’un bel escalier.

 

Comme les trois phalanges d’un seul doigt, l’intention, le souffle et le mouvement balisent l’opération de la transformation. Accepter de regarder la couleur de l’émotion et de sa correspondance avec un organe, en parler à son ou sa partenaire pour en saisir la racine, à fortiori lorsqu’il y a redondance, transformer cette énergie par différents processus de respiration, pour bien sentir un idéal plus juste et procéder ainsi au lien de la tête et du sexe, en saliver ses prémices de bonheur imaginé, intégrer ce mental dans son corps par le mouvement, du bassin en particulier, se familiariser avec le sourire sur son visage, ces ajustements pourraient bien constituer la méditation active d’un premier préliminaire. Un chemin vers l’extase. La prise en compte des situations émotionnelles souffrantes et leur transformation en douceur, est loin d’être incompatible avec la liberté d’être, pleinement, sans retenue dans la force de l’extase, pour objectiver une joie profonde.

 

Si certains sujets s’avérent diamétralement opposés, comme la colère jalouse et la peur panique, loin d‘aplanir le terrain, ces énergies, risquent de tourner à l‘orage et de compliquer sérieusement la réunion des deux sexes. D’autres vibrations émotionnelles se conjuguent sur le même registre - madame peur et monsieur peur ou monsieur et madame courage - trouveront sans doute un lieu d’entente. Dans la meilleure hypothèse, les deux actions de sécurisation des reins par monsieur et ouverture des cœurs par madame dans leur rôle respectif, remplira chacun de joie, (la non-observation de cette base, amène à des dérives). Le fin du fin, dans un idéal en continuelle construction, sera la correspondance des deux cœurs, donc de deux être conscients de leur plénitude. Monsieur joie-enthousiasme et madame joie-enthousiasme, montant alors leur plaisir réciproquement et ensemble, se fondant sans se confondre, reçoivent une gratification encore plus forte de la vie, leurs pouvoirs redonnent de la force et de la consistance à leur être et à leur relation.

Beau programme d’été.

 

Par Serge Blanchard
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Jeudi 9 avril 2009

 

 

 

 

 


Du Passage à l'Acte au Non-Agir


Tonnerre de Dieu !



Passage à l’acte du ciel, se désencombrant d’une tension électrique énorme, de nuages lourds chargés de noirceurs humides, de polarités incompatibles ; pacte entre le ciel et la terre, déséquilibré, dénaturé ou rompu, le tonnerre pourrait bien symboliser nos passages à l’acte d’humains. Éclair du sombre et du clair. Chaque jour nous sommes confrontés à des passsages à l'acte d'intensités variables, de diverses natuures. Ils font appel à des affects très différents. Observons quelques unes es composantes du passage à l'acte à travers la philosophie taoïste, du plus violent au plus subtil.



Passage à l’acte, le «  mal » aimé

En occident, le passage à l'acte a une connotation négative et répréhensible « L’acteur » passe outre un interdit, transgresse une loi humaine dictée comme souveraine. Le passage à l’acte n’a pas la même valeur selon que l’on se situe du côté de la société ou du côté de l’individu. Les tribunaux, au nom du vivre ensemble dans la société, fustigent le passage à l’acte violent sans pour autant en saisir tous les fondements de la composante psychique. La loi serait supposée contrôler les actes insensés. Comme si la loi par son seul fait d’exister suffisait à supprimer tout passage à l’acte violent. Les prisons sont pleines « d' artistes » fous du passage à l'acte.


L’analyse psychiatrique semble aussi dédouaner la société quand l’acting-out est décrypté comme le fait de la seule remise en cause de l’individu, par l’économie d’une symbolisation, de son intolérance à la frustration, d’une fragilité du moi, absence de maîtrise des pulsions. Ce terme frustration peut trouver un écho dans la manifestation de l’enfant roi tout puissant « qui veut tout, tout de suite, et rien que SA volonté » sans limites des passages à l’acte colérique. Il est seulement à l’image d’une société qui a fait le choix du tout consommable sans limite, de l’exigence égoïste « du rien que pour moi. » Mais cela ne tient plus quand frustration serait la justification de limitation de la pauvreté, ou de la soumission, de la non-réalisation du moi, comme s’il suffisait de symboliser, d’accepter la frustration,, la castration et la mort, pour que les choses soient réglées. Cela ne peut devenir une référence en soi. Mais au départ pourquoi cet individu n’a pas pu apprendre les fondements même de sa réalisation?


Ce n’est pas le lieu ici, de faire l’étude de toutes les motivations et de la complexité mentale qui pousse quelqu’un au crime, à l’inceste ou à la pédophilie, actes réprimendés par toutes les sociétés, mais sommairement on peut admettre qu’il s’agit d’un cri de sa non-existence, d’une non-reconnaissance, perte d’identité, perte de sa perception corporelle et de son appartenance à une collectivité, absence de lien du cœur avec les autres organes, rapport parentaux défectueux (père absent et mère abusive). Et là où nous en sommes, nous ne pouvons que constater les dégâts d’une non-prise en charge éducative du respect de la vie.



Sans issue ou sens de l’issue

Entre le suicide radical (peu importe le moyen) ou le suicide à petit feu (drogue, alcoolisme) la différence se trouve dans la répétition de gestes morbides, mais le point commun, semble être la perte de sens, l'impossibilité de résoudre un conflit entre une force provenant de la société en quêtes de règles et l'individu en quête de son identité, pression externe face à une force interne, souffrance extrême dont la seule issue, pour s’en extraire, resterait la solution de la mort, le sentiment intime de ne pas être respecté (le cœur est souffrant), qui se décline par le sentiment d'esclavage, d'humiliation, d’enfermement, avec l’impossibilité de communiquer ce mal être. Toute la personnalité est emportée et submergée.


regardons un instant le passage à l'acte dont la caractéristique est une extériorisation d’énergie violente, fulgurante, inattendue, fugace, avec un effet réel ou imaginaire, de libération, telle une explosion. L'impression d’une libération n'est pas forcément durable dans le temps. ( Libanais avec un drapeau cassant une vitrine)

Le passage à l'acte présuppose une pression sur un organe ou une aspiration de son énergie, et la faillite des quatre autres organes. La fluidité vers l’une des trois portes de sortie, la parole, la sexualité, la créativité en est empêchée ; la bouche est bâillonnée, la sexualité castrée, la créativité annihilée. Ces trois influences correspondent aux trois foyers, foyer supérieur, la conscience ; foyer moyen, les émotions, l’art ; foyer inférieur, la sexualité. Derrière tout passage à l’acte violent se cache un manque de fluidité vitale, une absence de la parole, d’expression des besoins. Et très souvent, l'organe foie détient la primeur de cette expansion.


La surchauffe du foie sera prégnante dans les situations d’alcoolisation aiguë et les débordements de vitesse, certains parleront de se « défouler, » d'une décharge d’adrénaline, pour ne pas « pêter les plombs. » Dans la fugue d’un adolescent qui veut s’acquérir un autre territoire, on fait référence également au foie qui cherche son cœur.

Ce sont les reins qui sont concernés quand l’existence est menacée. Quand ils sont mis en danger, c’est le « courage, fuyons » qui prévaut. Quand une femme battue prend ses enfants pour s'enfuir sans savoir où aller, c'est son élan d’un pas sage, salutaire, de survie, qui la fait passer à l'acte ; une séparation brutale considérée comme l‘issue de secours.

En certaines circonstances deux ou trois organes seront vidés par l’agression externe, c’est le cas des reins et des poumons dans la situation du harcèlement. Les reins sont aussi usés par l’endurance de l’usure machiavélique de cette relation, les poumons n’arrivent plus à réagir dans leur sauvegarde de fuite instinctive et le foie ne tient plus sa place de combattant et de fin stratège. Les poumons réagiront à l’oppression, au sentiment d’étouffement familial, de claustrophobie. Le vide aspirant au vide du néant, on peut considérer que ces derniers sont mis à mal dans de nombreux passages à l’acte suicidaires. Le manque de Chi aspire à la mort. La détresse invitant le cercle vicieux d’une détresse encore plus grande.

La rate ne manquera pas de se faire connaître par une peur spécifique face au manque d’argent, du petit larcin au « casse »  du siècle, l’avidité fascinera cette convoitise. La haine provoque la haine (manifestant jetant une bouteille et allant se faire fusiller) et le cœur, y répond tout en sachant qu'il se blesse. La passage à l’acte violent, incohérent, fou, sans objet, fruit d’une incompréhension langagière, commande la bestialité, comme si la force des reins avaient refusé tout le contrôle de la fratrie des organes, cœur, foie, poumons, rates.


Ce que l'on peut retenir, c'est que le passage à l'acte est en rapport avec une dépense importante d'énergie d’un ou de plusieurs organes ; résultante d'une longue retenue d'énergie faisant office d'une pression accumulée, ou d’une inspiration, devenue insupportable. Les expressions occidentales : « il me pompe de l’air » - « il me gonfle » - « je n’en peux plus » - « faites quelque chose s’il vous plait » - « il va me rendre fou » - « c’est épuisant » - « il veut me tuer » , laissent transparaître la tension interne, sans doute inutile et la volonté « d’en sortir ». L’intérieur se défend de l’extérieur insupportable. On peut émettre l’hypothèse que derrière chaque type de suicide à sa correspondance avec la manifestation d’un vide d’un organe particulier.


Face à ces éléments extérieurs qui perturbent la fluidité de l’énergie, (les portes de sorties sont bloquées) on doit faire le constat de l’impuissance de l’intérieur de l’être qui n’a pu se dire. Une barrière du dialogue s'est instaurée. (manifestant avec une barrière) Et plus la parole a été retenue, entravée, déformée plus la manifestation en sera violente et le passage à l'acte démesuré, il en est de même pour l'énergie sexuelle, ou l'action créatrice. Quand ces trois énergies fondamentales de l'expression de la personne, parole, sexualité, créativité, sont bafouées, étouffées, violées, par un contexte social, familial relationnel ou ascétique, le corps se révolte. La réponse à la violence, aux passages à l’actes fous, se trouve donc dans l’écoute, l’écoute et encore l’écoute, le respect de la fluidité de l’énergie. Quand l’autorisation de parler est là dans un contexte et cadre sécurisant, la parole confiante et son essence, retrouve sa fluidité. Cela induit la présence d' au moins deux interlocuteurs qui soient d’accord sur un minimum de règles du dialogue, ne serait-ce que d’apprendre à repérer ce qui est insupportable avant d’arriver à des chutes extrêmes. Mais on le voit bien, la réorganisation des organes et le renouvellement du Chi, de l’énergie, s’avèrent également indispensables comme résolution. De plus, l'observation des réponses inadéquates de trop de violence ou d'abdication, face au rouleau compresseur des intrusions en tout genre, s'avère nécessaire pour pouvoir affronter, fuire, adapter, transformer son énergie pour d'autres possibles.





Passage à l'acte fou au passage à l'acte mesuré

La souffrance provient d'un passage à l'acte non préparé, pour celui qui agit, comme pour celui qui le reçoit. La souffrance est à la mesure de la déflagration d'énergie. Les passions désorganisent la réflexion. Cet événement provoque une déstabilisation des énergies et induit une remise en cause sur tous les registres.


Cependant le passage à l'acte laisse entrevoir un aspect positif, tel l'orage a pour fonction de clarifier le ciel de son trop plein d'énergies contradictoires, tel le passage à l'acte, aurait aussi cette fonction de clarifier la pensée. Une action trop énergique est quelques fois plus souhaitable à l'absence d’énergie. Se mettre en mouvement est une aventure en soi. Enclencher une action ou y mettre un terme est un agir quotidien. C'est en passant à l'acte que l'on trouve ce dont on a besoin, c'est à dire, la confiance en soi. C'est en passant à l'acte que la « forme » prend naissance, et que celle-ci peut devenir perfectible ; faire l'économie du passage à l'acte est dans ce cas de figure une autodestruction.

La nécessité du passage à l’acte se fait sentir quand il s’agit de remettre de l’ordre dans un chaos qui a perduré ou un fonctionnement usé qui ne correspond plus à l’objectif signifié (soit dans l'interne personnel, soit dans l'externe collectif, soit dans l'interaction de ces deux paramètres).


Tout serait donc une question de mesure. Quand on commence à mesurer les conséquences de son acte, on réfléchit à deux fois. Quand un groupe de soldats spécialisés obéissant à une unité de corps ou qu'un groupe de militants obéissant à une unité de valeur, passe à l'attaque l'on suppose que la réflexion a présidé en amont. A l'instar de ces groupes l'individu, obéissant à une unité d'être, peut aussi adopter une véritable stratégie personnelle, pour sa propre défense ou construction.

Le passage à l'acte a un lien inéluctable avec le facteur de décision personnelle. Le passage à l'acte induit autonomie, responsabilité, liberté. L'autonomie individuelle nous invite au contraire à passer à l'acte pour se nommer, se distinguer, marquer notre originalité individuelle personnelle  « notre yin et yang, un parmi les milles ». L’objectif étant l’extériorisation d’une ferme intention de la force interne pour l’accomplissement cohérent de son expression et la nécessité de la transformation de l’environnement ; ce qui suppose préparation, regroupement d’informations, réflexions, méditations, prises de décision, et détermination. Autrement dit le passage à l'acte positif contient en lui-même, la capacité à percevoir son taux énergétique de ses cinq organes, de ses méridiens, de ses trois foyers, de l'appréhension de l'évènement extérieur et de l'adéquation de la réponse énergétique. Une décision longuement réfléchie aboutit forcément à un moment ou à un autre à une ré-solution, quand c'est le moment, quand les choses sont mûres, avec le juste dosage. Pas assez d'énergie et le résultat est un coup d'épée dans l'eau, pas au bon moment, le résultat donne l'impression d'un avortement ou d’un faux départ, trop tard, l'énergie a déjà subit des préjudices pour sa santé ; une formation d'une longue durée qui comble un manque de confiance en soi perverti l'action et engendre la peur ( cueillir les fruits à la bonne saison, si non ils pourrissent). Trop fort le passage à l'acte provoque de la casse, inertie et le manque du passage à l’acte va induire du regret.

Ce qui manque dans le passage à l'acte violent c'est précisément la confiance dans son énergie, dans le temps, dans l'aboutissement d'un résultat positif. C'est alors le contrôle de cette énergie et l'apprentissage de celui-ci qui est donc valorisé.

Sans l'apprentissage du contrôle de soi, la loi peut n'avoir aucun effet. Investir sur l'apprentissage du contrôle de soi, de la mesure du passage à l'acte aurait des chances d'une grande prévention, à tous les niveaux, apparemment ce n'est pas le choix social qui est fait. Cet apprentissage du dosage de l’énergie pour différents types de mise en forme de son énergie, passe par la définition des limites personnelles et collectives et par l’apprentissage du dialogue et de la créativité.



Passage à l'acte Zen


Le passage à l'acte doit être en adéquation avec le jing, ( la nécessité) le chi (la force suffisante) et le shen (la conscience de devoir agir pour la bonne cause). Le passage à l'acte est lié, défini par le registre des volontés et de l'objectif à atteindre.


Le passage à l'acte mobilise les cinq organes les reins sur lesquels repose la qualité du mouvement dans sa fluidité ; le foie (ministre de la défense) dans le fait de voir et de désirer le but avec son complice (vésicule biliaire général des armées) qui va exécuter la décision ; la rate dans le fait de la raison, de la définition du but, du moment, de la stratégie à adopter ; les poumons dans la capacité à engranger de l'énergie ; le coeur pour garantir la correspondance entre son identité et l'environnement extérieur, tout en assumant le calme dans l'action. Une faille dans ce bel ensemble et c'est la pathologie de l'action. Chaque passage à l'acte sollicite plus ou moins tel ou tel organe.

Le passage à l’acte courageux (nelson Mandela) qui dérange, la révolte contre les abus de pouvoirs est un signe de bonne santé, fera appel à toutes ces notions mais aussi à la prévention de savoir comment accumuler de l'énergie, la renforcer, la distiller, la transmettre.


Le passage à l’acte qui sait attendre, endurer, stabiliser, augmenter, embellir, émouvoir aura plus de force dans sa mesure, sa densité, sa lenteur apparente. Le passage à l’acte qui se contente seulement de défouler un trop plein d’énergie est une ineptie et un gaspillage. Et pourtant nombreux sont les lieux qui favorisent cette règle de ce drôle de jeu. Plus le passage à l’acte est subtile en utilisant la moindre force, plus l’effet est puissant et efficient, tel une allumette qui peut créer un incendie.

Son objet s’impose et sans effort de volontarisme, son effet est aussi pertinent dans la réalité qu’un tableau qui s’expose. La méditation serait-elle la subtilité suprême de l'action ?


Toute l'étude du Yi King, le grand Livre de la transformation nous invite à regarder de près le rapport nécessaire entre l’énergie et le passage à l'acte. Il n’est que cela, Fin stratège du passage à l‘acte. La mesure de l'énergie pour passer à l'acte au bon moment avec l'énergie juste pour accomplir son œuvre précieuse, dans l'accompagnement de son destin, tout en sachant qu'agir ou ne pas agir a forcément des conséquences dont on ne mesure pas tous les paramètres. Faire pour le mieux sans attendre de résultat. Puisse cette réflexion inviter le lecteur à s'y plonger avec douceur.







Par Serge Blanchard
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Mercredi 18 février 2009

 

 

 

 

 

L'alchimie taoïste

de l'incarnation spirituelle :

mouvement et pensée.




Mouvement du corps, mouvement individuel ou collectif, mouvement du tai chi, mouvements et gestes d'un code social, d'une danse, d'un sport, d'un travail… action du cerveau sur un mouvement ou action du mouvement sur le cerveau ; l'un ou l'autre peut être étudié séparément. Il est rarement fait état du lien interactif et correctif entre pensée et mouvement. Les mouvements de Qi-gong ont pourtant le mérite d'associer par déductions d'observations, le nom d'un animal, qui symbolise au mieux l'attitude correspondante avec l'état mental et psychologique du participant. La naissance d'une idée issue du mouvement ou la création du mouvement issue d'une pensée est un thème intrinsèque à la philosophie taoïste, d'où la référence au mouvement codifié et répertorié comme pouvant devenir un geste guérisseur. La pensée induit le mouvement, le mouvement induit la pensée. L’incidence mutuelle de l’un sur l’autre compose la transformation de l'être. La pensée et mouvement s’interfèrent sans cesse. La structuration de la pensée prend forme et corps par le mouvement. Intéressons nous à cette interraction et à son processus transformationnel.


Du mouvement archaïque à l'émotion subtile

Certains mouvements possèdent leur régularité naturelle : des battements du coeur, le soufflet des poumons, le clignement des paupières, les spasmes intestinaux, la cadence de la marche, le balancement des bras, le roulement multidirectionnel des yeux et de la tête. Ils assument la fonction instinctive de régulation, de protection des différents organes mais aussi d'intégration dans le social par la communication non-verbale.

Le visage et les mains, parties les plus dénudées et visibles du corps, visualisent en eux-mêmes les mouvements instinctifs ou volontaires, émetteurs des intentions ou inducteurs de la pensée, lieu de transmutation des émotions. L'acte volontaire intervient quand l'humain utilise cette potentialité pour confirmer l'expression de son être. Les mimiques et les grimaces traduisent la pensée, mais elles la modifient également. Provoquer, par exemple, volontairement le sourire, même si cela paraît artificiel, introduit une pensée positive dans le comportement, tout comme le geste et le mouvement ont la capacité de transformer les émotions. L'émergence de la pensée en adéquation avec le geste amène le sourire involontaire, critère d'excellence en la matière, pour les professeurs de Tai Chi. La lecture des grimaces- colère, fatigue ou abattement, enthousiasme, euphorie, soucis, ou au contraire apaisement se vérifie assez facilement, ces codes individuels et sociaux se voient. La mobilisation volontaire du faciès et la mise en scène des grimaces pour obtenir une transfiguration émotionnelle est non seulement possible mais souhaitable.


Le Qi Gong ou le yoga des yeux, que certains semblent découvrir seulement maintenant (emdr), montrent bien ce rapport étroit entre le mouvement et la pensée. Non seulement il donne forme à la pensée mais il peut ramener à la conscience des traumatismes anciens pour les appréhender avec moins de frayeur. Les mudras (gestiques des doigts) peuvent être répertoriés également dans cette catégorie de gestes guérisseurs. Le geste et le mouvement est au corps ce que la mimique est au visage. C'est donc tout le corps qui participe à l'élaboration de la pensée et au vécu émotionnel.


« Bouges- toi » : la sagesse du mouvement ente l'inertie et le débordement.

L'inertie, absence de mouvement, colle à la peau de la déprime, tout comme l'agitation, les mouvements excessifs du révolté ou désordonnés de l'alcoolique flirte ave la folie. L'appareil de la mesure, du geste posé et du mouvement harmonieux et donc de la pensée juste, perdent leur nature dans ces cas de figure.

L'intuition de la maman exacerbée et désespérée de voir son grand adolescent déprimant dans son lit à ne rien faire, est pertinente dans son « allez, bouges-toi, remues-toi, secoues-toi, fais quelque chose » ! et intuitivement l'ado en question, sait que s'il s'exécutait, ses arguments, qui le maintiennent en opposition, ne tiendraient plus.

Le mouvement a raison d'une pensée rebelle ou tenace. La méthode Coué ne suffit pas. Les thérapies qui évitent de passer par le corps, c'est à dire par le mouvement, par l'énergie, ne privilégiant que l'approche verbale, peuvent s'avérer beaucoup plus longues. Elles favorisent la remontée d'énergie dans la tête au détriment de la mise en forme du shen. Elles font ainsi l'économie d'une expression créative (énergie du bassin) et d'un mouvement porteur (énergie des membres), cette implication risque de rester seulement « mentale », non-incarnée.

Ecouter une plainte est certes salutaire, elle le sera encore plus si le thérapeute propose des gestes ou mouvements et respirations adéquates qui intègre le mal-être, lui donne un peu de force pour être extériorisé, identifié. Il est donc plus facile d'y remédier. La transformation de la souffrance passe par l'alchimie de l'énergie enregistrée par les organes. L'essence même de la souffrance physique ou psychologique en sera modifiée.



Le mouvement : unification et cohérence des trois trésors

Comment cela est-il possible? La grande solidarité des organes, des méridiens, des viscères et des trois trésors que sont le Shen, représentant la conscience, la pensée, l'intention, le cerveau ; le Qi-souffle représentant les émotions, les affects, la circulation de l'énergie, la poitrine ; le Jing représentant l'essence vitale, le faire, le mouvement, le bassin, leur très grande interdépendance et connivence donc, se consolide mutuellement. Ils se nourrissent les uns et les autres. La pensée a besoin de chaque partie du corps, imbibée d'énergie, de l'intention et du mouvement. Tout cela ne fait qu'un.

Le mouvement a la particularité de transmettre une certaine chaleur qui dilate les vaisseaux. La fluidité de l'énergie, a de ce fait, une incidence sur la circulation du sang et des neurones. Le mouvement réveille le corps, et en particulier la conscience de l'être, mise en veilleuse dans le tan-tien, lieu énergétique sous le nombril. Selon qu'il va solliciter la partie inférieure, moyenne ou supérieure du corps, l'incidence du mouvement ne sera pas la même sur la conscience. Si la pensée n'est pas en accord avec le mouvement, le décalage se fera sentir entre le dire (expression de la parole ou du regard) et le faire (bassin ou membres). Être en accord avec le mouvement amène à une pensée cohérente et une guérison.

Le mouvement est essentiellement acquis par la mobilisation des bras, des jambes, du bassin et du souffle. Or curieusement, dans la philosophie taoïste, la pensée est germinée, engrangée par la rate et estomac, tout comme en dépendent... les membres inférieurs et supérieurs, initiateurs du mouvement. La logique qui en découle : le lien évident entre mouvement et pensée, ils sont associés, complices révélateurs et inter-mutants du spectacle de l'être en quête de son absolu. Le grand moment ou tout semble s'accorder pour combler le sentiment d'existence est bien sûr, la véritable chorégraphie de l'orgasme.

Le jeu du mouvement spontanné, où l'énergie seule, guide le mouvement donne des images et des pensées inattendues, surprenantes, provenant de l'Un-conscient. L'énergie emmagasinée par différentes postures et gestuelles respiratoires, commande le mouvement, lequel à son tour transforme la pensée Le mouvement permet ainsi une évolution personnelle. La gestuelle des mains va contrôler la pensée. La douceur des mouvements de Qi gong ou Tai Chi amèneront la fluidité de la pensée juste, adaptation, constance, pertinence des réponses adéquates : la certitude d'être bien avec soi-même.


Conditions

Pour être cohérent jusqu'au bout, ce mouvement réparateur doit répondre à certaines conditions. On l'a vu, il doit être imprégné de Qi, c'est à dire d'une intention, et du souffle, faute de quoi il apparaîtra comme simplement mécanique, vide et creux et dans ce cas il aura un effet pervers sur la pensée qui sera elle aussi, vide et creuse.

Le mouvement s'inscrit dans le temps. Il doit être répété comme un mantra, mais cette répétition doit être limitée, pour que l'énergie fasse aboutir toute son efficacité. Par contre si ce mouvement est répété à longueur de journée, il devient aliénant. Il semblerait que dix minutes soient un tempo signifiant pour l’émergence d'une pensée.

Le troisième facteur de réussite est l'impératif du repos, tout comme la digestion suit un repas et la nuit suit le jour. Et c'est encore mieux si cette intention, imprégnée de Qi, du mouvement inspirateur-repos est suivi d'une intégration verbale, écrite ou picturale. C'est ce que veut dire une phrase biblique « et le verbe s'est fait chaire ». L'essence de l'être, la parole prend forme, Le shen s'extériorise. La transformation et la régulation des émotions, la véritable spiritualité, passent par le corps pour être comprises, intégrées. La pensée chorégraphiée où mouvement et pensée s'enchevêtrent, prend de la consistance et s'unifie dans son évolution avec le souffle, le Qi. Le mouvement du sourire intérieur crée l'alchimie de l'incarnation spirituelle.


du mouvement à la manipulation sociale

Contrairement à certains préjugés, il n'est pas nécessaire de passer par la souffrance pour que ce mouvement traduise une pensée claire. Les gestes et mouvements du travail répétitif en excès annihilent la pensée. Les cadences et la compétition ne sont pas des mouvements porteurs d'un développement de la pensée, d'une connaissance de soi, de maîtrise et de maturité, mais au contraire d'un affaiblissement de la conscience. Le mouvement stéréotypé et abusé, induit une pensée esclave, une pensée unique. Le mouvement agité combine la pensée agitée, il brasse du vent. Le méridien vésicule biliaire s'y perd et donc ses capacités de décisions. Mais à l'inverse la pensée agitée ou angoissée provoque le mouvement tout aussi signifiant, tel le mouvement de bascule ou d'agitation des mains chez les psychotiques qui sont une manière de calmer leurs angoisses existentielles.

L'intensité du mouvement inducteur de la pensée prend évidemment une autre force quand une foule s'en empare. Du mouvement codifié au décryptage du sens, l'espace de la manipulation sociale peut être proche, raison de plus pour affiner le discernement de l'interaction « mouvement corporel-pensée ».

Le poing fermé va engendrer la colère ; tous ceux qui ne pratiquent toute la journée que ces attitudes guerrières n'attendront qu'une chose : à la moindre occasion en découdre. L'étude sociologique des danses de rue, à la mode, peut permettre de comprendre ses acteurs.

Vague du Holla des supporters est tout aussi mobilisante que certains saluts militaires ou paramilitaires. Le « tendre la main » du mendiant ou n'a pas la même signification psychique que le « lever du poing » du militant.



Mouvement : parole du corps

Ainsi donc il serait sans doute possible d'établir un dictionnaire du mouvement, celui qui guérit ou celui qui aguerrit, celui qui apaise ou celui qui engendre la transformation, celui qui fait sourire ou qui provoque l'agressivité.

Outre le fait de l'ouverture des méridiens qui transmet le flux énergétique aux organes la posture des exercices de Qi Gong est hautement symbolique. Et ces symboles rejoignent un langage quasi universel. Si nous proposons des situations mentales en demandant de mimer par le corps et le mouvement, l'expression, il y a de grandes chances que tout le monde comprenne ce langage évocateur, voici quelques exemples non exhaustifs.

« Se sortir de sa médiocrité, se grandir » trouvera facilement sa réponse dans la posture s'imaginant s'aider des mains pour prendre fortement appuis, poignets pliés, en redressant la tête.

« retrouver sa dignité, oser s'affirmer » fera bomber le torse en ouvrant les bras.

« accueillir l'avenir » délèguera la responsabilité aux mains détendues placées devant soi, en les faisant revenir vers la poitrine.

« rejeter ou repousser l'ennemi » impliquera la propulsion vives des bras en avant.

« se donner de l'espace » tendra les bras de chaque côté du corps à l'horizontal comme s'ils poussaient les murs.

« évacuer le stress » pourra se symboliser par des jets des mains, forts et puissants, devant soi vers le sol, répétées de manière ardente pour être persuasives. Les mâchoires et les yeux vont suivre spontanément, en se serrant comme pour mieux se concentrer sur cette évacuation.

« Renforcer son identité » sollicitera les deux poings fermés l'un sur l'autre, comme pour enfoncer une épée d'énergie.

Ainsi toutes les suggestions suivantes peuvent trouver leur résonance dans un mouvement, que chacun peut s'approprier :  « ouvrir son cœur » ; « quitter le passé » ;  « accueillir le ciel » ; « s'investir dans un geste de délicatesse » ; « trouver son inspiration » ; « concentrer et densifier son énergie » ; « stabiliser, s'ancrer ». il en est de même si l'on demande de mimer la colère, la peur, l'effrois, l'étonnement, l'enthousiasme


La mort du grand mime Marceau devrait nous rappeler, par son silence, la constance du lien entre l'intention, le souffle et le mouvement, entre le corps et la pensée, entre les émotions et la fluidité de la vie, rejoignant ainsi la transmission de la philosophie taoïste. Honneur à lui !


 

Par Serge Blanchard
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  • : Serge Blanchard Magnétiseur thérapeute Taoïste occidental exerçant depuis 35 ans région nantaise et St Hilaire de Riez. Soins formation individuel ou couple "des mains qui écoutent et qui parlent" serge.blanchard@wanadoo.fr
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