Dimanche 21 juin 2009

















Le taoïsme

et

L'économie d'énergie psychique

 



 

S'il est un terme grandement utilisé actuellement pour diverses justifications économiques profitant aux uns aux détriments des autres, c'est bien celui d'économie d'énergie. Il est rarement fait état de l'économie d'une énergie psychique dont l'individu se nourrirait pour sa propre santé, et qui par effet d'un rayonnement contagieux aurait une incidence sur tous.

 

Le symbole du Pa qua, trigrammes entourant le symbole du Yin-Yang, référent du Yi King, le Grand Livre divinatoire chinois, nous donne toutes les compositions de la mesure de notre énergie psychique. Ces images vont bien au-delà du simple symbole. Tout comme les oghams des Celtes, les runes des Germains, les lettres hébraïques des hébreux, les trigrammes réveillent en nous des forces inconscientes, des représentations communes à tous et cependant singulières. Le cerveau, dont l'énergie est issue des cinq organes et de leurs fonctionnements, dépend de ces derniers, et nécessite la régulation du juste « plein », ni trop, ni trop peu. Il ne peut recevoir une saturation d'informations, il ne peut pas vivre sans ces stimulations. Dépenser son énergie mentale pour des futilités est aussi risqué que d‘être un « zombi » à la merci de n’importe qu’elle influence médiatique.

Le bien être mental s’accorde avec la mesure de ce qui est juste pour lui. Ce qui est juste sur le plan mental se détermine au Tan tien. Le regroupement des énergies de tout l'être, au Tan Tien, centre énergétique en dessous du nombril est au corps ce que le centre d'unification est au Tai Chi au milieu des trigrammes. La psychologie est unifiée, centrée, ancrée, quand la synthèse des huit forces qui entourent le Pa Qua, s'effectue à la fois au centre du Tan tien inférieur, au sternum foyer et au coeur et cerveau foyer supérieur. Ces forces, symbolisées par les trigrammes ci dessous, imageries de la composition des forces yin et yang, représentent les forces de l'univers.





 

Le trigramme Kun,

trois forces Yin, ayant pour image la terre, va nous refléter l'accueil de notre certitude intérieure, de notre fécondité et l'acceptation de la transformation de notre être et des choses. Cela ne veut pas dire qu'il s'agisse d' une acceptation béate de tout ce qui serait inacceptable, harcèlements, injustices, humiliations, viols, violence en tout genre. Trop de religiosités nous ont appris à subir, à courber l'échine, et à nous soumettre sous le joug d'un pouvoir abusif, sous prétexte de développer la réceptivité. Ce n'est pas cela l'accueil de sa certitude intérieure. La fécondité, tout comme la terre a ses règles ; Elle est inconciliable avec la destruction. Pour traduire ces trois forces Yin, cela pourrait être l'association du sourire, du calme intérieur, et de l'accueil de l'énergie corporelle et mentale qui agit par elle même. Faire confiance à cette énergie vitale, c'est reconnaître qu'elle a un sens inné pour nous indiquer notre chemin, au delà des acquis pas forcément adéquats, et du super contrôle que l'on voudrait lui imposer, par une sorte de toute puissance. Faute d'écouter cette force en nous, pour ce qu'elle est, une force de vie, le résultat pathologique se fera ressentir. La certitude intérieure a ceci de particulier, c'est qu'elle est terriblement personnelle, elle est souveraine, même si elle doit tenir compte de tout, de ses dépendances et de ses libertés. Disponibilité, adaptabilité, accueil, don de soi fournissent la qualité du recueillement et de la méditation. Et toute méditation a son exigence, être en contact avec son centre énergétique.

 





   

Le trigramme Dui,

deux forces Yang et une force Yin, ayant pour image le lac et la brume, va symboliser notre capacité à communiquer. Tout est interactif. Le taoïsme n'a pas attendu le mot « lien » sur tous les sites internet pour garder et vivifier cette conscience de la communication du liant du moi avec le tout. La communication de l'intérieur vers l'extérieur et de l'extérieur vers l'intérieur, tout comme l'oxygène rentrant dans les narines devient subtile pour en saisir les nuances des parfums entre le dedans et le dehors. Et ce n’est pas seulement de notre capacité dont il est question mais d’une nécessité de communiquer nos émotions et d’écouter celle des autres. Les émotions sont le lien subtil qui unifie, qui relie tout un chacun dans ce qu’il a de commun avec l’humanité. Pour exister toute personne doit passer par la communication de ses émotions. Entendre les siennes et écouter celles des autres. La solide montagne accueille le lac et les nuages sans pour autant en être « déstabilisée ». Savoir distinguer, reconnaître le faible, du fort, discerner le clair de l’obscur, échanger les expériences nourrissantes, sans se laisser envahir par celles qui le sont moins, évaluer la nuance du silence de réflexion, de celui du refus de communiquer, ce trigramme peut évoquer cette force de respiration vitale. Le passage de l’aube et du crépuscule s’établit d’une manière souple, avec un peu de temps, chaque échange émotionnel pourrait s’en inspirer. L’absence de cette communication serait bien la cause de dysfonctionnement relationnel. La personne humaine est ainsi faite, elle ne peut se satisfaire d’être un esclave au travail ou un simpliste consommateur sans partager ses émotions! Ce serait renier une partie de lui-même ; s’il en était autrement la révolte intérieure se fera entendre tôt ou tard, soit par de la violence, soit par une maladie ou autre automutilation, raison de plus pour l’écouter. Faire l’économie d’énergie ne veut pas dire ne rien dire, mais transmettre juste ce qu’il faut pour dire, qui on est et recevoir l’information de l’existence de l’autre pour lui donner corps, en respectant les nuances.

 








 

Le trigramme Quian,

trois forces Yang, ayant pour image le ciel désigne la créativité, la force, l’initiative. Avoir confiance en sa créativité est l’antidote du manque de confiance en soi. Le dicton :  «  Aide toi et le ciel t’aidera » correspondrait bien à ce trigramme. Quand on a tout mis en œuvre pour accomplir sa mission, on peut s’estimer être juste à sa place. Après avoir vérifier son objectif à atteindre, et son potentiel énergétique adéquat pour y parvenir, la mise en forme de l’intérieur de son intime prend toute sa dimension à l’extérieur au vu du collectif. Cette force est puissante. Les aides venant « du ciel » sont bien sûr les forces amicales, sociales qui font échos, d‘une manière synchro et concomitante, aux efforts déployés, Elle est alors considérée comme la grande « inspiration » . Ces forces Yang ne peuvent se confondre cependant avec la violence, ou l’entêtement. Sentir le moment juste, les opportunités de la mise en mouvement de son action comme celui de la retraite active peut faire partie d’un apprentissage, mais la conviction que sa force intérieure trouvera son issue, est le B.A -BA du diplôme de la vie que tout un chacun possède. Même le travail de sape répété quotidiennement de certains parents accusant leurs enfants de leur propre nullité, ou de certains dirigeants castrant les initiatives, ne parvient pas à détruire cette force inéluctable : l’œuvre doit être construite et avec le temps elle le sera. La moindre pousse d’un arbre fera sauter le goudron qui aurait le malheur de la recouvrir ! C’est la limitation de cette force, provenant de soi ou d’autrui, qui provoque une énorme perte d’énergie personnelle ou économique, avec toutes les cascades de bévues. La prise de conscience des clivages réducteurs, des schémas castrateurs, des processus inhibant peut être source d’une grande libération, d’un gain de créativité et de ressources.






 

Le trigramme Kan,

une force yang entourée de deux forces yin symbolise l’eau et désigne, la profondeur, l’endurance, la peur. La réflexion pour qu’elle soit opérante nécessite une prise de recul pour mesurer les interactions, les dangers. La profondeur de la réflexion ne peut faire l’économie de l’écoute du corps et du contexte environnant. Combien de décisions prises lors d’un « repas d’affaires » plutôt copieux que légers, ou à l’issue d’une nuit marathon de « négociations» qui ne sont en fait que des rapport de forces, deviennent des situations conflictuelles tout simplement parce que la pensée claire ne peut cohabiter avec une pense trop pleine ou une fatigue excessive ? Combien d’accès de colère pourraient être évités, si la règle minima de l’écoute du rythme de chacun était respectée ? La médiation suppose du temps; la discussion, la communication demande de l’écoute. La course pour une résolution forcée, engendre une série de dysfonctionnements qui fera perdre encore plus de temps pour rattraper les déformations de l’information, interprétations, incompréhensions et autres malentendus. L’apprentissage du dialogue passe par l’écoute du corps (force yang), par l‘appréciation de son intention de transmettre et la vérification de celle du partenaire (deux forces yin). L’intégration du temps nécessaire à l’accomplissement de son œuvre et du respect de son propre rythme est le fondement de tout sérieux. On pourrait espérer que cette banale évidence puisse être vérifiée comme lumineuse lors du précieux  « baccalauréat » ou à la sortie des dites grandes écoles! La boussole, l’horloge, ainsi que la préparation physique font bien parti des outils des stratèges militaires qui connaissent les dangers des mauvaises surprises. La préparation et le tempo d’une action est tout aussi importante que la réalisation.

 








 

Le trigramme Gen,

deux forces yin surmontées d’une force yang. symbolise la montagne. A son image elle fait appel au courage, au calme, à la solidité, à la rigueur, à la discipline mais aussi aux limites. La limite de ses activités en fonction de ses choix essentiels ne peut être considéré comme une privation de liberté, mais au contraire comme une densification de celle-ci. Il est étonnant de constater combien la sollicitation des enfants à nombreuses activités au nom de lui faire découvrir des tas de choses, l’éparpille, le déstructure, le fatigue, au détriment de son l’essentiel : que l’enfant puisse se dire et se construire par le jeu gratuit. La constance du montagnard au pas lent dans sa montée, sachant s’offrir des temps de pause devrait être l’image de l’endurance et du choix de vie à effectuer. Et tout choix de vie implique une rigueur, sélectionne ses activités, évite la dispersion, concentre son agir, intègre un rituel. Déterminer son choix de vie, délimite ce qui convient de ce qui nuit, ce qui est essentiel de ce qui est second, économise les efforts et l’énergie au profit de son œuvre. Il oriente en même temps qu’il donne du sens. Il n’est pas impossible cependant de faire des erreurs de choix, mais au moins, le constat de la perte d’énergie ou la perte de la direction à suivre ramèneront à une insatisfaction de ne plus être dans son projet et seront les repères de ce qui est recherché dans l’absolu. Les deux traits yin du trigramme sont là pour nous inviter à commencer une action par le versant le plus facile. La gratification immédiate et l’énergie mentale ainsi libérée redonne de la force et de la constance pour le plus compliqué ou difficile. Mais la montagne nous montre également une autre limite celle de la toute puissance. On ne peut tout faire. Quand on est sur la montagne on ne peut être dans la vallée, et bien que l’on progresse on ne peut atteindre le ciel. La limite nous ramène à l’humilité et à mesurer nos aspirations en fonction des possibilités offertes et donc à négocier intérieurement avec nos frustrations. Et tout comme le moine accrochée à sa montagne, le courage du choix de vie peut induire une certaine ascèse et la responsabilité d’assumer une certaine solitude, on y échappe guère.

 






 

Le trigramme Zhen,

une force Yang qui porte deux forces Yin symbolise le tonnerre. L’impulsion forte, la mise en route, la résolution vive, se mettre en mouvement et aller jusqu’au bout, autant de valeurs qui sont attribuées à cette image. L’orage peut évoquer une certaine tension électrique, une accumulation de faits et gestes qui nécessitent un vif éclairage et une sérieuse prise en main pour une remise en ordre afin que l’harmonie puisse renaître à nouveau. Cette dimension d’une énergie puissante mais nécessaire devrait intervenir dans le climat d’ une inertie qui a trop duré ; dans celui de confusion ou plus personne ne sait pourquoi tel ou tel conflit de famille, de voisinage ou autre, perdure ; dans le climat ou la stagnation des situations sécuritaires agissant au détriment de la créativité. On pourrait légitimement espérer que la justice assume totalement cette responsabilité à l‘issue d‘un conflit, mise en œuvre de solutions créatrices et harmonieuses, comprises et incluses dans cette prestation. Chacun à son niveau et à sa place, peut et doit cependant en être le garant. L’onde de choc du tonnerre se fait entendre à plusieurs kilomètres. Une telle poussée de remise en mouvement dans le bon sens et dans le bon ordre de l‘Élan vital, telle une opération chirurgicale, peut avoir des incidences à plusieurs niveaux, dont on ne peut soupçonner les effets. La valeur des deux trais yin nous invite à garder le calme devant une telle manifestation induite par nous-mêmes ou par autrui et à en accueillir les conséquences. Oser dire les choses d’une manière authentique et sincère est nécessaire et ne devrait point faire peur, encore faut-il opérer au bon moment, au bon endroit, auprès des personnes responsables ou concernées avec suffisamment d‘énergie. Les résultats sont souvent inattendus et régénérant. Les non-dits devant un harcèlement, viols, abus de pouvoir, ou magouilles insidieuses et sournoises peuvent être autant d’occasion d’exercer son pouvoir du trigramme Zhen…il y a de quoi faire !

 








 

Le trigramme Xun,

évoque le bois et le vent, l’arbre et par extension cette image figure l’enracinement, la pénétration, l’acceptation, l’intériorisation, l’interrogation des racines, de ce qui fait le tronc, le fondement, et des messages transmis représentés par les branches. Pour se constituer chaque enfant a besoins de ses repères parentaux, mais ceux-ci devraient savoir interroger les règles du jeu imposées par la société, état, région, entreprise, ou autre organisme constitué, pas toujours conformes et adéquates à l’ épanouissement humain. La corrélation entre le dire et le vécu, à l’identique des branches et des racines ; l’ancrage dans ses origines et la poussée de l’expression vers ce pourquoi on est fait ; la corrélation entre la pulsion intérieur et la protection extérieure de l’identité de l’être à l’identique de la force excentrique du cœur de l’arbre vers l’écorce protectrice reconnaissable ; cette exemplarité végétale devrait être la règle de la progression personnelle dans ses relations, dans son aspect social, dans sa manière d’entreprendre son travail, ou dans son évolution spirituelle. Sans doute quelques fois un arbre a besoin d’être déraciné pour être dans un meilleur terreau. Trouver le meilleur lieu de la mise en forme de son être s’avère judicieux pour une meilleure créativité. Sans doute aussi l’arbre a-t-il besoin d’éclaircir ses racines embrouillées, à son image une épuration du passé et de ses imbroglios permettra de mieux saisir l’essentiel de ses besoins, mais également, le refus de tout ce qui est dégradant ou destructeurs redonne vie. Le petit Yin de ce trigramme nous rappelle aussi que la santé aussi fragile soit-elle, reste cependant la condition sine qua non de toute créativité fusse-t-elle mise au service d’une entreprise sécurisante par le salaire, mais stressante par la pression qu‘elle y met dans son « contrat » unilatéral.






 

Le trigramme Li,

donne de l’éclat à la pensée lumineuse, un vrai soleil. La clarté, la lucidité, la vivacité, l’éclat mais aussi l’entourage chaleureux et les activités agréables font parties de cette famille qui honore le cœur. L’attraction intime vers ce qui est beau, harmonieux ne peut être confondue avec l’ivresse : les deux traits yang implique le contenu de la joie intérieure. La correspondance de cette énergie avec la certitude intérieure d’être juste avec soi-même et son Élan vital semble évidente quand elle est là. La souplesse d’être présent, à sa place, sans forcer sans imposer, se rapproche du sens de son existence, et donne le caractère souhaitable de ce qui pourrait s’appeler bonheur, mais qui comme tout ce qui constitue la vie, est en mouvement et n’est jamais stable. Ce constat peut nous laisser nostalgique devant l’inaccessible stabilité de cet état, mais cela ne doit pas nous empêcher de tendre vers ce repère. L’équivalence avec « l’ermite » carte du tarot, pourrait nous montrer le chemin à suivre, ou la lumière à protéger quand on avance sur le chemin de vie. Ce symbole est là aussi pour nous rappeler un des fondamentaux de la philosophie taoïste : l’alchimie de l’eau et du feu, la cuisson et l’intégration de la matière transformée en énergie spirituelle. Il faut du temps pour allumer un petit feu de camp et l’entretenir, il apporte toujours un contact avec le rassemblement d’amis ou le rassemblement intérieur . Li est un petit peu ce feu de camp et la conscience lumineuse, le méditatif que l’on voudrait constante même dans l’action.

 

Pour être au centre de ces huit énergies, on doit se rappeler que cette discipline requiert de la ténacité, une volonté de se recentrer, en associant le masculin et le féminin, avec fluidité, avec relativité, avec mesure, ce qui serait l’image des quatre points cardinaux à tenir ensemble, unis. Le Yi King nous donne à revivre la méditation de deux trigrammes ensembles. L’accouplement de deux trigrammes, leur combinaison, l’un sur l’autre ou l’un sous l’autre, ne fait qu’augmenter le potentiel inclus dans chaque trigramme et compose le dictionnaire de vie des 64 hexagrammes. Que cette nouvelle approche puisse donner au lecteur l’envie de s’en nourrir !





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Mercredi 3 juin 2009

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’aimant de l'été




Hasard de l'orthographe ou compréhension singulière de la vie, l'aimant, celui qui aime et l'aimant, celui qui attire la polarité inverse mais complémentaire, s'écrivent de la même manière. Le phénomène attractif des coeurs et des corps, plus sensible en période estivale, exprime une forme de vie dont le mystère, pensé par la philosophie taoïste, interroge et surprend encore nos pensées occidentales, par le sens qui sous-tend cette manifestation du Chi. Cette puissante attraction du masculin et du féminin, du Yin et du Yang questionne le fondement de notre identité.



L'eau et le feu s' aimantent


La chaleur monte et l'eau descend, et pourtant se recherchent. Les deux réunis produisent une alchimie particulière quand l'eau est au dessus du feu et un autre potentiel quand ces deux fonctions suivent leur cours naturel de séparation pour se singulariser. Mais autre constat, si la sève monte et la pluie descend, le chaud attire également le froid, le bouillonnement du chaos mental aspire à la paix mentale. La métaphore du feu sous la casserole pour la cuisson d'un met suggère bien, le délicat dosage du feu, de l'eau, des ingrédients, du temps, pour qu'il devienne savoureux.

En chaque être existe le chaudron, l'eau (les reins) et le feu (le coeur) quelque soit sa couleur de peau. Chacun va chercher au plus profond de lui même ce qui va mobiliser l' essence chaleureuse de son identité propre, faire bouillir l'eau (action) pour une combustion agréable de son énergie du coeur, laquelle aura une incidence sur l'élévation de sa conscience. Intuitivement et spécifiquement il est attiré par le langage du coeur que sont l'émerveillement, le rire, la joie, l'enthousiasme, la chaleur. « Le coeur est en l'homme, celui qui tient la place de souverain, face au sud » (Su Wen 6 et 8) « Il propage partout le feu de la vie, la puissance et le goût de vivre » (Claude Larre). Il a besoin pour cela, d'être appuyé par le langage des reins que sont l'endurance, l'action, la force, la protection, la sécurité. Depuis sa conception cette énergie fécondée va s'orienter vers son plein potentiel et la maturation de sa conscience perfectible à l'infini, sorte d'absolu toujours insaisissable, en tenant, ensemble, le langage du coeur et celui des reins. Il sait ce qui lui convient, devant chaque choix il se pose la question de cette adéquation maximale. L'être humain (homme ou femme) est donc « naturellement » attiré par tout ce qui va pouvoir l'épanouir, au risque de se brûler les ailes quand le choix de qu'il croyait être bon pour lui, s'avère être une fausse croyance, ou le vérifier par la négative quand l'individu place sa confiance en une énergie prometteuse mais qui aura été déviée ou détournée de son objectif, perçue alors comme une trahison.

Le langage du coeur est plus particulièrement porté par la femme celui des reins par l'homme. C'est donc la femme qui guide cette attraction, puisque dans l'idéal, c'est le coeur de la femme qui va faire grandir la conscience de l'humanité, l'homme devrait en être le garant, le soutien de cette énergie, de son entretien et de sa mise en forme. Dans la relation sexuelle, la femme veut élever les débats, connaître les fondements de la vie, la source qui dans la matière amène de la chaleur à son coeur et à son hypotalamus, à savoir l'impulsion du chi, mouvement puissant des flagelles des spermatozoïdes, transmise par voie externe masculine; l' homme veut connaître les sommets de la conscience, l'initiation spirituelle par la voie interne féminine. Suivant cette logique, l'un ne peut aller sans l'autre, le spirituel ne peut se dissocier de la sexualité et vice versa. Les séparer revient à les dénaturer, à les pervertir mutuellement. Chaque expérience pouvant devenir à ce titre un enrichissement personnel. Tous les loupés, pannes, dérives en tout genre ne sont, par la négative, que des confirmations de cette quête manquée, d'où frustration, incompréhensions, amertumes. Certains préféreront des ersatz de cette expérience tout en sachant que ce ne sont que des illusions, plutôt que de ne rien vivre du tout. Ils veulent approcher, un tant soi peu, sans être dupe d'eux-mêmes, cette dimension d'un sentiment profond d'existence. Dans un long terme, s' ils sont répétés, ces vécus spirituels sans sexualité peuvent brûler la conscience, (folie , hystérie ou autre cancer) ou la débauche sexuelle sans référence à un développement de la conscience devient une perdition d'énergie suicidaire (dégoût de vivre, agressions défensives, attirance vers les bas fonds). Dans les deux situations, c'est une perte de sens.

La prostitution est bien sûr le meilleur exemple de cette duperie, de cette usurpation : la prostituée, qui sait allumer le feu, fait croire à une relation d'amour alors qu'il ne s'agit que d'une transaction financière, qu' elle est capable de faire payer très cher, tellement elle a faim de sécurité, pensant indûment qu'elle va, de cette manière, se grandir ; le client se prête au jeu, prêt à payer très cher cette illusion de reconnaissance tellement il a soif de cette complétude, pensant indûment qu'il va, de cette manière, atteindre cette aspiration élévatrice.


Il n'empêche que la puissante attraction de deux êtres est bien basée sur cette perception radicale que cette bipolarité, spirituelle et sexuelle, tellement fondamentale, serait intuitivement rendue possible. N'appelons pas « inconscient » ce qui est instinctif, il s'agit d' une pulsion inéluctable, d'une volonté de réalisation et d'épanouissement mutuel parce que notre Jing (énergie ancestrale) notre shen (énergie de conscience) et notre Chi (énergie du mouvement) sont ainsi constitués, chaque être est propulsé depuis sa naissance vers l'accomplissement de sa maturation d'homme ou de femme. Synthèse de l'eau et du feu dont la conbustion, vapeur élégante, élève le niveau de vie. La philosophie taoïste nous apprend à conduire cette pulsion de manière noble et mesurée. Elle apprend aussi à respecter la nature des choses : l'aimantation respective pour se grandir mutuellement. C'est donc l'espoir, l'anticipation des possibles et la volonté d'un accomplissement qui crée cette attraction. Pourquoi cette personne là plus tôt qu'une autre? Les informations électriques et subtiles entre chaque être répondent à des interactions de correspondances. En ce moment là de la vie de chacun, les atomes ont suffisamment de croches et de demi- croches entre eux pour que la partition devienne harmonieuse, et que la musique s'entende au loin.




Le calme du coeur : préface du yin

Si le foie entraîne sa foi précipitamment et avec fougue, au moindre coup d' oeil complice et si les deux coeurs s'échauffent au point d'en perdre la raison, le feu des passions risquent fort de tourner au feu de paille. La préface d'un livre donne beaucoup d'indications quant à la lecture du livre. Le yang du foie des deux partenaires mais de l'homme en particulier, devra s'assurer que les reins le suivent bien, c'est à dire la tranquillité et la force. Il devra donc au préalable faire retraite pour vérifier sa fidélité à lui-même, la cohérence de ses actions et de sa logique. S'il sent intérieurement qu'il ne se reconnaît pas dans une relation le coeur sera troublé, perturbé voire blessé ou humilié. Le déni d'une inadéquation n'apporte qu' embrouille et destructuration. La paix mentale devient une condition sine-qua-non à la mise en place du feu tant désiré. Les deux partenaires ne peuvent faire l'économie de l'apaisement des cinq émotions essentielles (colère, ivresse, soucis, peur, chagrin), de la stabilité émotionnelle alors même qu' elle est bousculée, de la clarification de la pensée avant la symbiose fusionnelle. La confiance et la sérénité (l'eau) assurreront la paix des coeurs pour qu'ils puissent s'ouvrir dans un enthousiasme orgasmique (feu) dans une expansion exponentielle pour l'humanité (conjugaison de l'eau et du feu). On comprendra facilement que cette phase prélable de la rencontre, à l'heure où la « modernité » invite au « vite fait dans la précipitation » ou au « tout, tout de suite, consommable et jetable » est la plus difficile à atteindre. Le ralentissement de la respiration redonnera le pouvoir aux poumons, de calmer les esprits, et de réguler ces forces en présences, c'est aussi leur rôle.




Du flirt du Yin au coup de foudre

On l'aura compris la relation intime demande beaucoup d'attention, de précaution, de cadre entourant, enveloppant et sécurisant pour que la puissance du yin puisse se développer. Savoir écouter le yin est un art très particulier. Loin d'être une faiblesse ou une vulnérabilité, avoir accès à ce qui semble le plus fragile de l'être et qui néanmoins s'avère être le plus créateur est le défi que nous propose la danse du yin ; du flirt, il est capable de déployer un coup de foudre.

La petite sensation des mains de la coiffeuse qui glisse sur le méridien vésicule biliaire, pendant le champoing, va électriser tout le corps et faire fondre les plus vives tensions ; le film qui va rappeler la nostalgie d'une expérience de bonheur aura le pouvoir de faire vibrer une partie du coeur ; une musique, une vraie écoute et un profond regard peuvent faire pleurer parce que la beauté, en soi, anéantie les raisons d'être méchant. Ce sont les trésors du yin. On touche à ce qui fait le moteur de la vie, le yin est là avant d'être yang. « Le mystère de la vie doit rester dans les profondeurs, abrité et caché ; il ne doit jamais se monter à nu, sans le couvert et la protection du yang » (Su Wen). Ici encore, il n'est pas question « d'inconscient » mais seulement d' un potentiel de vie qui doit être protégé d'où les systèmes de défenses organiques et psychologiques absolument indispensables qui ont leurs fonctions et utilités.

C'est dans ces conditions environnementales confortables, à ce moment-là seulement, que le yin peut se déployer, se développer s'exprimer, en prenant une forme mentale et physique dans la relation amoureuse. Cette forme peut s'appeler « illumination ». La recherche ésotérique d'autres états de conscience, en quête d'un autre ailleurs, pour un extra-ordinaire pouvoir, se trompe quand elle néglige cette base et ce fondement de l'écoute du Yin : source de toute créativité. La magie de l'émergence de cette forme, qui vient dont on ne sait où pour s'infilter dans notre conscience, pendant l'écoute du yin, serait bien, au fond, ce qui a conduit cette attraction aimante dans les deux sens du terme.


La fluidité du Ying invite le Yang à prendre le pouvoir


C'est lorsque l'homme va pouvoir écouter le yin de la femme qu'il va retrouver son yang. Et plus il l'écoute, plus il devient excité. Son activation va induire la cadence, donner le rythme, le tempo, la consistance à cet mouvement de vie, qui demande à prendre forme. Mais alors même que l'homme aura tendance à se précipiter pour aboutir à ce qui le pousse avec insistance et impatience, l' explosion de sa pulsion pour être, il devra ralentir pour attendre sa compagne et celle-ci alors même qu'elle voudra ralentir pour garder en suspens son ressentit de puissance de vie qu'elle voudrait garder dans la durée, elle devra accepter de lacher le contrôle pour rejoindre son compagnon. Activation ou ralentissement de la respiration viendront, pour les deux partenaires, synchroniser cette expérience de vivre l'intensité de l'orgasme ensemble. Le chi, en tant que tel, est alors à l'honneur pour que la santé rejoigne la sexualité et la spiritualité. Indéniablement transformé chaque être réexpérimente une autre phase yin où l'énergie pure produit son alchimie d'expansion, d'unification, de gratification, nourrissant ainsi tous les organes pour une consolidation d'existence, sans que la volonté soit en action.


Outre le fait que chaque partenaire puisse considérer chaque relation sexuelle comme un révélateur de lui-même et comme une occasion de se parfaire, la philosophie taoïste nous montre que la danse du Yin et du Yang devrait nous permettre de reconsidérer certains aprioris sur la place de chacun, masculin et féminin dans la conception de l'action, de la santé et de la transformation spirituelle de la société...Le magnétisme aimant ! Un long chemin vers lequel on peut tendre avec tendresse, sans rivalité, sans esprit de possession.













Par Serge Blanchard
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Mercredi 6 mai 2009
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un chemin taoïste vers l’extase

 

 

 

 

La compréhension des correspondances des cinq organes, de leurs essences, et de leurs émotions respectives, en langage taoïste, pourrait paraître assez simple à la première lecture de certains manuels, si l’on considère l’entité d’une seule personne. Il est cependant, rarement fait état des incidences psychologiques, de l’interaction des organes et de leurs émotions de deux êtres, en face à face, dans un dialogue, ou dans une relation intime et sexuelle. Cette manière de voir peut donner un sens nouveau à cette forme de communication.

 

Le cœur, l’essence même de la personne, abrite volontiers la joie, l’enthousiasme chaleureux, mais aussi la haine, la jalousie ; le foie, le gouverneur du désir vers son absolu, tant exponentiel que relationnel, au service du cœur, regarde ses colères et ses envies avides, porteuses de frustrations, mais aussi sa grande délicatesse et son expression artistique lui donnant accès aux symboles, mis en forme ; la rate - estomac, en bon gestionnaire, protégeant ses acquis et ses paroles, donne tout son sens à l’équité mais également aux soucis (allant du plus petit aux obsessions) ; les reins méditent leurs sérénités et leurs sécurités dans leurs potentiels innés, porteur de vie et de durée, mais aussi leurs générations de peurs ; les poumons, gardiens des transformations, véhiculent la tristesse, mais aussi, par leur courage alchimisent toutes les émotions.

 

Le schéma se complique un peu quand on sait que l’art de l’évolution spirituelle, “ d’un travail personnel ” est bien l’harmonisation de ses émotions, donc d’une régulation de la vitalité de ses organes, pour un épanouissement global existentiel, tout en sachant que l’aspect binaire ou linéaire d’une réussite n’est qu’une illusion. Ce serait tellement plus simple si la joie était acquise une bonne fois pour toute ! Il se complique encore quand on sait que les fluctuations d’énergies traversent le corps, par des variations de chaleurs et de froideurs, par des allées et venues, des rentrées et des sorties, des montées et des descentes. Le passage d’une émotion à une autre est une donnée constante, toujours en équilibre instable. La quête vers un apaisement de ces tensions, invite à un nécessaire repérage pour les reconnaître, avant de pouvoir les transformer. L’objectif à atteindre, la noblesse de l’être humain, pourrait bien être une gestion des sauts d’humeurs émotionnels, sollicités par l’extérieur ou provoqués de son propre intérieur, pour Sa réalisation fluide dans toutes ses dimensions : personnelle, affective, communautaire, économique, sociale. Cette personne seule qui contemple son existence, a cependant les atouts pour parvenir à la construction de son temple.

 

Cela se complique singulièrement quand deux être veulent s’unir et de surcroît sexuellement, quand on sait que l’énergie sexuelle surmultiplie les effets émotionnels et leurs conséquences. Le yin de la tendresse et de la sensualité apprivoisées va devenir le grand yang de l’extase explosive et pourquoi pas mystique et cosmique, mais dans le même temps, cette fabuleuse énergie pourrait mettre en exergue ou faire émerger des penchants , des comportements peu édifiants, faute d‘avoir su regarder ces émotions au préalable.

 

Au-delà de la pulsion et du désir impétueux, l’intention de la relation sexuelle, avant d’être celui de la procréation, implique cette intuition profonde de ce contact incommensurable avec l’expérience d’une beauté intérieure remplie d’une intense joie, de fusion paroxystique de deux êtres, avec toutes leurs composantes. Conscience qui peut nous dépasser, mais qui est absolument nécessaire et vitale. Contrairement à une idée reçue, l’acte sexuel ne gomme pas les souffrances du cœur, même s’il est possible de s‘en abstraire pour un moment. Il donne une densité à ce qui pouvait être sous-jacent. Chaque organe hébergeant deux émotions particulières, avec bien sûr de multiples nuances, l’exemple d’une valeur positive d’une rate communiquant avec une valeur négative d’un foie, ouvre des portes sur une centaine de combinaisons possibles. Qu’advient-il, en effet, quand monsieur triste veut faire l’amour à madame inquiétude, quand madame colère veut vampiriser monsieur trouille, quand monsieur soucis-d’argent veut communiquer sa bourse plate avec madame peur, quand monsieur médicaments-déprime veut coïter madame ivre, quand monsieur “ fric-en-l’air ” veut payer madame désabusée, quand l’angoisse veut se mêler d‘un courage, quand le désarroi veut entreprendre une humiliation? Toutes les nuances perverses viennent s’emmêler pour brouiller les codes du dialogue véritablement amoureux.

 

Avant de parler de l’acte sexuel, qui requiert, en lui-même, bien des conditions, les préliminaires ne devraient pas se contenter seulement de caresses ou de jeux de tendresse ou de touchers d’éveil, aussi précieux fussent-ils, mais bien de composer avec l’alchimie des émotions pour que la partition soit encore plus belle. Notre culture ne nous a pas habitué à ce langage : “ nettoyer nos émotions avant de faire l’amour ”. On peut développer bien des diplômes en connaissance de soi, mais si cet essentiel est oublié, on passe sans doute à côté d’un bel escalier.

 

Comme les trois phalanges d’un seul doigt, l’intention, le souffle et le mouvement balisent l’opération de la transformation. Accepter de regarder la couleur de l’émotion et de sa correspondance avec un organe, en parler à son ou sa partenaire pour en saisir la racine, à fortiori lorsqu’il y a redondance, transformer cette énergie par différents processus de respiration, pour bien sentir un idéal plus juste et procéder ainsi au lien de la tête et du sexe, en saliver ses prémices de bonheur imaginé, intégrer ce mental dans son corps par le mouvement, du bassin en particulier, se familiariser avec le sourire sur son visage, ces ajustements pourraient bien constituer la méditation active d’un premier préliminaire. Un chemin vers l’extase. La prise en compte des situations émotionnelles souffrantes et leur transformation en douceur, est loin d’être incompatible avec la liberté d’être, pleinement, sans retenue dans la force de l’extase, pour objectiver une joie profonde.

 

Si certains sujets s’avérent diamétralement opposés, comme la colère jalouse et la peur panique, loin d‘aplanir le terrain, ces énergies, risquent de tourner à l‘orage et de compliquer sérieusement la réunion des deux sexes. D’autres vibrations émotionnelles se conjuguent sur le même registre - madame peur et monsieur peur ou monsieur et madame courage - trouveront sans doute un lieu d’entente. Dans la meilleure hypothèse, les deux actions de sécurisation des reins par monsieur et ouverture des cœurs par madame dans leur rôle respectif, remplira chacun de joie, (la non-observation de cette base, amène à des dérives). Le fin du fin, dans un idéal en continuelle construction, sera la correspondance des deux cœurs, donc de deux être conscients de leur plénitude. Monsieur joie-enthousiasme et madame joie-enthousiasme, montant alors leur plaisir réciproquement et ensemble, se fondant sans se confondre, reçoivent une gratification encore plus forte de la vie, leurs pouvoirs redonnent de la force et de la consistance à leur être et à leur relation.

Beau programme d’été.

 

Par Serge Blanchard
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Jeudi 9 avril 2009

 

 

 

 

 


Du Passage à l'Acte au Non-Agir


Tonnerre de Dieu !



Passage à l’acte du ciel, se désencombrant d’une tension électrique énorme, de nuages lourds chargés de noirceurs humides, de polarités incompatibles ; pacte entre le ciel et la terre, déséquilibré, dénaturé ou rompu, le tonnerre pourrait bien symboliser nos passages à l’acte d’humains. Éclair du sombre et du clair. Chaque jour nous sommes confrontés à des passsages à l'acte d'intensités variables, de diverses natuures. Ils font appel à des affects très différents. Observons quelques unes es composantes du passage à l'acte à travers la philosophie taoïste, du plus violent au plus subtil.



Passage à l’acte, le «  mal » aimé

En occident, le passage à l'acte a une connotation négative et répréhensible « L’acteur » passe outre un interdit, transgresse une loi humaine dictée comme souveraine. Le passage à l’acte n’a pas la même valeur selon que l’on se situe du côté de la société ou du côté de l’individu. Les tribunaux, au nom du vivre ensemble dans la société, fustigent le passage à l’acte violent sans pour autant en saisir tous les fondements de la composante psychique. La loi serait supposée contrôler les actes insensés. Comme si la loi par son seul fait d’exister suffisait à supprimer tout passage à l’acte violent. Les prisons sont pleines « d' artistes » fous du passage à l'acte.


L’analyse psychiatrique semble aussi dédouaner la société quand l’acting-out est décrypté comme le fait de la seule remise en cause de l’individu, par l’économie d’une symbolisation, de son intolérance à la frustration, d’une fragilité du moi, absence de maîtrise des pulsions. Ce terme frustration peut trouver un écho dans la manifestation de l’enfant roi tout puissant « qui veut tout, tout de suite, et rien que SA volonté » sans limites des passages à l’acte colérique. Il est seulement à l’image d’une société qui a fait le choix du tout consommable sans limite, de l’exigence égoïste « du rien que pour moi. » Mais cela ne tient plus quand frustration serait la justification de limitation de la pauvreté, ou de la soumission, de la non-réalisation du moi, comme s’il suffisait de symboliser, d’accepter la frustration,, la castration et la mort, pour que les choses soient réglées. Cela ne peut devenir une référence en soi. Mais au départ pourquoi cet individu n’a pas pu apprendre les fondements même de sa réalisation?


Ce n’est pas le lieu ici, de faire l’étude de toutes les motivations et de la complexité mentale qui pousse quelqu’un au crime, à l’inceste ou à la pédophilie, actes réprimendés par toutes les sociétés, mais sommairement on peut admettre qu’il s’agit d’un cri de sa non-existence, d’une non-reconnaissance, perte d’identité, perte de sa perception corporelle et de son appartenance à une collectivité, absence de lien du cœur avec les autres organes, rapport parentaux défectueux (père absent et mère abusive). Et là où nous en sommes, nous ne pouvons que constater les dégâts d’une non-prise en charge éducative du respect de la vie.



Sans issue ou sens de l’issue

Entre le suicide radical (peu importe le moyen) ou le suicide à petit feu (drogue, alcoolisme) la différence se trouve dans la répétition de gestes morbides, mais le point commun, semble être la perte de sens, l'impossibilité de résoudre un conflit entre une force provenant de la société en quêtes de règles et l'individu en quête de son identité, pression externe face à une force interne, souffrance extrême dont la seule issue, pour s’en extraire, resterait la solution de la mort, le sentiment intime de ne pas être respecté (le cœur est souffrant), qui se décline par le sentiment d'esclavage, d'humiliation, d’enfermement, avec l’impossibilité de communiquer ce mal être. Toute la personnalité est emportée et submergée.


regardons un instant le passage à l'acte dont la caractéristique est une extériorisation d’énergie violente, fulgurante, inattendue, fugace, avec un effet réel ou imaginaire, de libération, telle une explosion. L'impression d’une libération n'est pas forcément durable dans le temps. ( Libanais avec un drapeau cassant une vitrine)

Le passage à l'acte présuppose une pression sur un organe ou une aspiration de son énergie, et la faillite des quatre autres organes. La fluidité vers l’une des trois portes de sortie, la parole, la sexualité, la créativité en est empêchée ; la bouche est bâillonnée, la sexualité castrée, la créativité annihilée. Ces trois influences correspondent aux trois foyers, foyer supérieur, la conscience ; foyer moyen, les émotions, l’art ; foyer inférieur, la sexualité. Derrière tout passage à l’acte violent se cache un manque de fluidité vitale, une absence de la parole, d’expression des besoins. Et très souvent, l'organe foie détient la primeur de cette expansion.


La surchauffe du foie sera prégnante dans les situations d’alcoolisation aiguë et les débordements de vitesse, certains parleront de se « défouler, » d'une décharge d’adrénaline, pour ne pas « pêter les plombs. » Dans la fugue d’un adolescent qui veut s’acquérir un autre territoire, on fait référence également au foie qui cherche son cœur.

Ce sont les reins qui sont concernés quand l’existence est menacée. Quand ils sont mis en danger, c’est le « courage, fuyons » qui prévaut. Quand une femme battue prend ses enfants pour s'enfuir sans savoir où aller, c'est son élan d’un pas sage, salutaire, de survie, qui la fait passer à l'acte ; une séparation brutale considérée comme l‘issue de secours.

En certaines circonstances deux ou trois organes seront vidés par l’agression externe, c’est le cas des reins et des poumons dans la situation du harcèlement. Les reins sont aussi usés par l’endurance de l’usure machiavélique de cette relation, les poumons n’arrivent plus à réagir dans leur sauvegarde de fuite instinctive et le foie ne tient plus sa place de combattant et de fin stratège. Les poumons réagiront à l’oppression, au sentiment d’étouffement familial, de claustrophobie. Le vide aspirant au vide du néant, on peut considérer que ces derniers sont mis à mal dans de nombreux passages à l’acte suicidaires. Le manque de Chi aspire à la mort. La détresse invitant le cercle vicieux d’une détresse encore plus grande.

La rate ne manquera pas de se faire connaître par une peur spécifique face au manque d’argent, du petit larcin au « casse »  du siècle, l’avidité fascinera cette convoitise. La haine provoque la haine (manifestant jetant une bouteille et allant se faire fusiller) et le cœur, y répond tout en sachant qu'il se blesse. La passage à l’acte violent, incohérent, fou, sans objet, fruit d’une incompréhension langagière, commande la bestialité, comme si la force des reins avaient refusé tout le contrôle de la fratrie des organes, cœur, foie, poumons, rates.


Ce que l'on peut retenir, c'est que le passage à l'acte est en rapport avec une dépense importante d'énergie d’un ou de plusieurs organes ; résultante d'une longue retenue d'énergie faisant office d'une pression accumulée, ou d’une inspiration, devenue insupportable. Les expressions occidentales : « il me pompe de l’air » - « il me gonfle » - « je n’en peux plus » - « faites quelque chose s’il vous plait » - « il va me rendre fou » - « c’est épuisant » - « il veut me tuer » , laissent transparaître la tension interne, sans doute inutile et la volonté « d’en sortir ». L’intérieur se défend de l’extérieur insupportable. On peut émettre l’hypothèse que derrière chaque type de suicide à sa correspondance avec la manifestation d’un vide d’un organe particulier.


Face à ces éléments extérieurs qui perturbent la fluidité de l’énergie, (les portes de sorties sont bloquées) on doit faire le constat de l’impuissance de l’intérieur de l’être qui n’a pu se dire. Une barrière du dialogue s'est instaurée. (manifestant avec une barrière) Et plus la parole a été retenue, entravée, déformée plus la manifestation en sera violente et le passage à l'acte démesuré, il en est de même pour l'énergie sexuelle, ou l'action créatrice. Quand ces trois énergies fondamentales de l'expression de la personne, parole, sexualité, créativité, sont bafouées, étouffées, violées, par un contexte social, familial relationnel ou ascétique, le corps se révolte. La réponse à la violence, aux passages à l’actes fous, se trouve donc dans l’écoute, l’écoute et encore l’écoute, le respect de la fluidité de l’énergie. Quand l’autorisation de parler est là dans un contexte et cadre sécurisant, la parole confiante et son essence, retrouve sa fluidité. Cela induit la présence d' au moins deux interlocuteurs qui soient d’accord sur un minimum de règles du dialogue, ne serait-ce que d’apprendre à repérer ce qui est insupportable avant d’arriver à des chutes extrêmes. Mais on le voit bien, la réorganisation des organes et le renouvellement du Chi, de l’énergie, s’avèrent également indispensables comme résolution. De plus, l'observation des réponses inadéquates de trop de violence ou d'abdication, face au rouleau compresseur des intrusions en tout genre, s'avère nécessaire pour pouvoir affronter, fuire, adapter, transformer son énergie pour d'autres possibles.





Passage à l'acte fou au passage à l'acte mesuré

La souffrance provient d'un passage à l'acte non préparé, pour celui qui agit, comme pour celui qui le reçoit. La souffrance est à la mesure de la déflagration d'énergie. Les passions désorganisent la réflexion. Cet événement provoque une déstabilisation des énergies et induit une remise en cause sur tous les registres.


Cependant le passage à l'acte laisse entrevoir un aspect positif, tel l'orage a pour fonction de clarifier le ciel de son trop plein d'énergies contradictoires, tel le passage à l'acte, aurait aussi cette fonction de clarifier la pensée. Une action trop énergique est quelques fois plus souhaitable à l'absence d’énergie. Se mettre en mouvement est une aventure en soi. Enclencher une action ou y mettre un terme est un agir quotidien. C'est en passant à l'acte que l'on trouve ce dont on a besoin, c'est à dire, la confiance en soi. C'est en passant à l'acte que la « forme » prend naissance, et que celle-ci peut devenir perfectible ; faire l'économie du passage à l'acte est dans ce cas de figure une autodestruction.

La nécessité du passage à l’acte se fait sentir quand il s’agit de remettre de l’ordre dans un chaos qui a perduré ou un fonctionnement usé qui ne correspond plus à l’objectif signifié (soit dans l'interne personnel, soit dans l'externe collectif, soit dans l'interaction de ces deux paramètres).


Tout serait donc une question de mesure. Quand on commence à mesurer les conséquences de son acte, on réfléchit à deux fois. Quand un groupe de soldats spécialisés obéissant à une unité de corps ou qu'un groupe de militants obéissant à une unité de valeur, passe à l'attaque l'on suppose que la réflexion a présidé en amont. A l'instar de ces groupes l'individu, obéissant à une unité d'être, peut aussi adopter une véritable stratégie personnelle, pour sa propre défense ou construction.

Le passage à l'acte a un lien inéluctable avec le facteur de décision personnelle. Le passage à l'acte induit autonomie, responsabilité, liberté. L'autonomie individuelle nous invite au contraire à passer à l'acte pour se nommer, se distinguer, marquer notre originalité individuelle personnelle  « notre yin et yang, un parmi les milles ». L’objectif étant l’extériorisation d’une ferme intention de la force interne pour l’accomplissement cohérent de son expression et la nécessité de la transformation de l’environnement ; ce qui suppose préparation, regroupement d’informations, réflexions, méditations, prises de décision, et détermination. Autrement dit le passage à l'acte positif contient en lui-même, la capacité à percevoir son taux énergétique de ses cinq organes, de ses méridiens, de ses trois foyers, de l'appréhension de l'évènement extérieur et de l'adéquation de la réponse énergétique. Une décision longuement réfléchie aboutit forcément à un moment ou à un autre à une ré-solution, quand c'est le moment, quand les choses sont mûres, avec le juste dosage. Pas assez d'énergie et le résultat est un coup d'épée dans l'eau, pas au bon moment, le résultat donne l'impression d'un avortement ou d’un faux départ, trop tard, l'énergie a déjà subit des préjudices pour sa santé ; une formation d'une longue durée qui comble un manque de confiance en soi perverti l'action et engendre la peur ( cueillir les fruits à la bonne saison, si non ils pourrissent). Trop fort le passage à l'acte provoque de la casse, inertie et le manque du passage à l’acte va induire du regret.

Ce qui manque dans le passage à l'acte violent c'est précisément la confiance dans son énergie, dans le temps, dans l'aboutissement d'un résultat positif. C'est alors le contrôle de cette énergie et l'apprentissage de celui-ci qui est donc valorisé.

Sans l'apprentissage du contrôle de soi, la loi peut n'avoir aucun effet. Investir sur l'apprentissage du contrôle de soi, de la mesure du passage à l'acte aurait des chances d'une grande prévention, à tous les niveaux, apparemment ce n'est pas le choix social qui est fait. Cet apprentissage du dosage de l’énergie pour différents types de mise en forme de son énergie, passe par la définition des limites personnelles et collectives et par l’apprentissage du dialogue et de la créativité.



Passage à l'acte Zen


Le passage à l'acte doit être en adéquation avec le jing, ( la nécessité) le chi (la force suffisante) et le shen (la conscience de devoir agir pour la bonne cause). Le passage à l'acte est lié, défini par le registre des volontés et de l'objectif à atteindre.


Le passage à l'acte mobilise les cinq organes les reins sur lesquels repose la qualité du mouvement dans sa fluidité ; le foie (ministre de la défense) dans le fait de voir et de désirer le but avec son complice (vésicule biliaire général des armées) qui va exécuter la décision ; la rate dans le fait de la raison, de la définition du but, du moment, de la stratégie à adopter ; les poumons dans la capacité à engranger de l'énergie ; le coeur pour garantir la correspondance entre son identité et l'environnement extérieur, tout en assumant le calme dans l'action. Une faille dans ce bel ensemble et c'est la pathologie de l'action. Chaque passage à l'acte sollicite plus ou moins tel ou tel organe.

Le passage à l’acte courageux (nelson Mandela) qui dérange, la révolte contre les abus de pouvoirs est un signe de bonne santé, fera appel à toutes ces notions mais aussi à la prévention de savoir comment accumuler de l'énergie, la renforcer, la distiller, la transmettre.


Le passage à l’acte qui sait attendre, endurer, stabiliser, augmenter, embellir, émouvoir aura plus de force dans sa mesure, sa densité, sa lenteur apparente. Le passage à l’acte qui se contente seulement de défouler un trop plein d’énergie est une ineptie et un gaspillage. Et pourtant nombreux sont les lieux qui favorisent cette règle de ce drôle de jeu. Plus le passage à l’acte est subtile en utilisant la moindre force, plus l’effet est puissant et efficient, tel une allumette qui peut créer un incendie.

Son objet s’impose et sans effort de volontarisme, son effet est aussi pertinent dans la réalité qu’un tableau qui s’expose. La méditation serait-elle la subtilité suprême de l'action ?


Toute l'étude du Yi King, le grand Livre de la transformation nous invite à regarder de près le rapport nécessaire entre l’énergie et le passage à l'acte. Il n’est que cela, Fin stratège du passage à l‘acte. La mesure de l'énergie pour passer à l'acte au bon moment avec l'énergie juste pour accomplir son œuvre précieuse, dans l'accompagnement de son destin, tout en sachant qu'agir ou ne pas agir a forcément des conséquences dont on ne mesure pas tous les paramètres. Faire pour le mieux sans attendre de résultat. Puisse cette réflexion inviter le lecteur à s'y plonger avec douceur.







Par Serge Blanchard
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Mercredi 11 mars 2009

 

 

 

 

 

 

Au centre des Humeurs



S'il est un domaine transversal qui s’avère être l'une des causes de déstabilisation psychologique ou de violences verbales dans toutes les instances, touchant toutes les couches de la société d'une manière quotidienne, ce pourrait bien être « les sautes d'humeurs » et leurs expressions. Comment faire avec pour mieux les gérer?



Petits nuages ou grosses tempêtes

Les humeurs sont pour l'âme ce que les nuages sont pour le climat : variables, contrastés, imprévisibles, ombrageux, orageux, inégaux dans leur densité, leur contenu, leur fréquence, leur électricité, suspendus entre ciel et terre.


Les humeurs caricaturent les émotions dans leurs excès et sont pour la plupart perçues dans un sens péjoratif et négatif, véhiculant avec elles dans le langage courant, un sentiment de mal être. On ne se plaindra pas d'avoir des émotions mais on se lamentera de n'avoir aucun contrôle possible sur ces sautes d'humeurs agissant sur le plan personnel ou relationnel, physique ou émotionnel. L'aspect irascible, excessif, démesuré, exécrable, « caractériel », contrasté, de ces manifestations, engendre une relation à forme tyrannique, pour la personne qui le vit et son entourage. L'expression de volontés contraires indique qu'il pourrait s'agir de dysfonctionnements des « vouloirs ». La variation des désirs soumet l'intéressé à des fluctuations d'intérêts qui n'aboutissent pas dans leur conclusion. Les incidences frustrantes ne font alors que rajouter au désarroi.


La philosophie taoïste, dans ses observations ancestrales, a pu donner tout son sens à ces fluctuations par la lecture de la transformation des énergies dans le corps. Elle le traduit par cette simple synthèse « le cœur n'est pas tranquille, il a perdu son domaine » et en donne même des outils pour mieux les appréhender tel que le massage, Chi Gong, Tai Chi, concentrations, méditations. L'efficience de ces outils a fait ses preuves pour apporter le calme mental, par la régulation des énergies.



Du dénouement de la perte

La manifestation de ces variations d'humeurs, avant de devenir pathologique, s’il en est le cas, a une référence presque normative, puisque le psychologique est d'abord lié au physique, et que l'énergie corporelle a ses propres règles. Chaque émotion est dépendante des

cinq organes et de leurs viscères. Le simple fait de transmuter d'un organe à un autre, provoque un changement humoral, ce qui se produit toutes les deux heures. Il est donc normal qu'un certaine fluctuabilité des humeurs puissent se vivre selon ces fuseaux horaires. Elles ne peuvent pas être linéaires. Le problème se pose d'avantage quand une rupture brutale intervient dans ce rythme. Le corps et le mental sont continuellement en train de s'adapter, entre l'intérieur et l'extérieur, entre un état émotionnel donné, à un moment donné et son juste milieu. Il n’aime pas le brusque événement choquant. La variation cyclothymique devient pénible quand l'horloge biologique est défaillante, en voici quelques exemples :


Ceci est particulièrement flagrant au moment de la ménopause. La fin naturelle des ovules enclenchent un déséquilibre des ovaires et des reins, ce qui a pour effet une activité désordonnée provocant une énergie non-utilisée. La fonction régulatrice des reins et des eaux dans l’organisme ne remplit plus son office, l’eau ne retient plus le feu, « ils ne comprennent plus. » La chaleur inemployée monte ainsi par à-coup. C’est l’affolement par l’action irrégulière sur le foie et vésicule biliaire qui réagit d’une manière inconsidérée « lui non plus ne comprend plus. » Les humeur du cycle féminin est bien la démonstration, s’il en était besoin, des incidences des organes et de la fluctuation énergétique sur le psychologique. La médecine chinoise a son savoir faire en la matière, tant pour les humeurs que pour la ménopause, dans l’apprentissage de la retenue des énergies ou de leurs transformations, dans le rééquilibrage de ces «mauvaises poussées de fièvres » qui interagissent sur le comportement.


La connaissance intuitive de l’équilibre des énergies, le tempo horaire et thermique, le dosage subtil de toutes les hormones reconnus par l’hypothalamus, passent nécessairement par la grande horloge biologique qu’est la glande thyroïde. Le langage des humeurs respecte le contrôle des glandes et de leurs hormones. L’ablation de la thyroïde a des incidences sur le sommeil, la perception de la fatigue, l’attention, la sexualité, mais elle a aussi des conséquences redoutables sur les humeurs : « on ne se sent pas bien ». Comme pour la ménopause tous les efforts de régulation d’une thyroïde enlevée, demande beaucoup de temps et compensent maladroitement la préciosité des cellules hormonales.


Aussi étrange que cela puisse paraître, on se retrouve dans la même situation du manque et d’affolement des humeurs versatiles, excessives, démesurées, lors de la période de désaccoutumance des addictions avec la même vulnérabilité. Même s’il s’agit du manque d’ « agents  extérieurs, » qui seraient venus cependant combler un vide, la danse du « yo-yo » des humeurs est la même que pour les événements internes ? Et en général cela ne passe pas inaperçu et l’entourage le sait. Le général des armées « vésicule biliaire » est perdu, il ne reconnaît plus ses soldats, son propre territoire est miné, cerveau, globules blancs, glandes, et autres télécommandes sont perturbées, « il ne se reconnaît plus ».



Gens qui rient, gens qui pleurent

Le paroxysme de la variabilité des humeurs se focalisent particulièrement chez le sujet maniaco-dépressif. Mais c’est aussi le paroxysme du manque puisqu’il s’agit de la perte du sens de la vie. IL perd la raison mais il a plein de raisons de se retirer. En s’enfermant dans l’obsession, par un vide de rate extrême il s’englue dans les manies qui nourrissent à leur tour ce cercle vicieux. Les poumons, de ce fait, épuisés n’adhèrent plus au programme de la gestion des liquides et du Chi, qu’ils se sont donnés, et se retirent dans la dépression, la tristesse et le désarroi. Le cœur est profondément blessé. Confronté à l’angoisse de vivre, physiquement il signe son malaise, en bloquant la circulation de l’énergie entre l’estomac, le cœur et les poumons. Il perd ses repères.

Au fond le ou la « maniaco-dépressif » est un être coincé entre le haut et le bas, au diaphragme tendu. Son énergie passe du vide de la rate au vide des poumons. Plus rien ne va ni dans le bassin, ni dans la tête. Il ne peut être satisfait de l'ordre terrestre que lui offre l'ordre régnant qui casse la matière plus qu'il ne la respecte, il fait croire alors à son adhésion à « l'ordre » en adoptant les manies très sophistiquées ; et ne peut accéder au spirituel puisse qu'il ne peut accéder à l'illusion d’un idéal père parfait qu'il s'est fixé ou qu'on le lui aurait transmis; d'où sa tristesse et son profond désarroi. Tiraillé entre l'imparfait spirituel et le faux ordre terrestre, il ne donne plus de place au foie aux esprits « hun », qui pourraient trancher sur ces falsifications d'existence pour ressourcer son cœur. Entre la folie d'une mère et l'absence d'un père, il se donne l'illusion de se bercer entre « ne pas être soi » et l'obéissance, la soumission à la « conformité », pour en retirer un bénéfice trompeur de reconnaissance ou de pseudo existence. Conscient cependant de son mal être, mais sans savoir comment nourrir son action ou sa réflexion, ce va et vient devient épuisant physiquement, intellectuellement, affectivement et spirituellement. La mélancolie, le regret, la nostalgie complices de l'inertie auront beau jeu de s'installer. Caractère irritable, hyperactivité suivi de grande fatigue, manque de concentration passant de l’euphorie à l’abattement de l’ exubérance au profond désarroi, du rire aux larmes, seront ses faux amis le jour et les cauchemars ceux de la nuit.

Il se fait et de la bile et des glaires. Ce qui a pour résultante d'obstruer le cœur et se trouve donc dans une impasse, en se soumettant au « faux » il se désolidarise de son propre cœur en qui il ne peut même plus trouver la force de révolte pour laisser crier sa colère de ne pas être soi. En occident la médecine semble impuissante d'en trouver la cause et pour autant commet des électrochocs, encore en ce 21ème siècle pour venir à bout du désordre mental provoqué par ce grand désarroi d'être incompris, ballotté entre la recherche d'un modèle et être soi. Le lithium vient ensuite lissé ce traitement de « choc ».

La médecine chinoise ne néglige pas le rôle des mucosités obstruant les artères dans cette pathologie ; elle aurait raison de cette déraison par les points E 36, E 40 en acupuncture, de cette mucosité visqueuse d'adhésion au dés-ordres. Ces deux points ne suffisent pas à eux seuls à rétablir l’énergie de tous les organes, mais ils sont cependant des bonnes clés pour ouvrir un chemin vers plus de sérénité.



Alternance ou sas nécessaire d'une humeur à l'autre

Le passage d’une humeur à une autre s’avère inéluctable mais la réalité de ce phénomène nous invite à clarifier le ciel nuageux de notre mental face aux événements. Les sautes d’humeurs dont les causes sont physiques peuvent être, sans doute régulés, par une intervention externe, pour le reste, on ne peut échapper à une vigilance sur soi-même. Les humeurs dans un couple, ou dans une famille où tout le monde est obligé de supporter les désagréments, les humeurs du père alcoolique, les caprices d'une adolescente, les gémissements de la mère épuisée ou les imprévus d'un adolescent drogué. Ce n’est pas une preuve d'amour que de s'y associer, la compassion n'est pas la fusion dans une humeur destructrice, d'irritation ou d'impatience.

Plusieurs pratiques peuvent donc nous y aider :

La clarification des significations de termes très proches, tel le brouillard rendant la lecture des formes un peu nébuleuses, mais qui amènent à la confusion du sens peut contribuer à l’apaisement : confusion entre ténacité et rigidité, entre endurance et entêtement, ente action et activisme, entre être discret et être inexistant (fausse humilité), entre l'effet tonitruant et prendre modestement sa place, entre autonomie et n'en faire qu'à sa tête, entre ralentir une activité et stopper une activité, entre ce qui est subjectif et ce qui est objectif, entre autorité et autoritarisme. Cela peut éviter les emportements parce que l’on aurait pris l'excès à la place de la réalité.


Se recentrer n’est pas un vain mot en philosophie taoïste, cela s’effectue consciemment en ramenant plusieurs respirations abdominales tranquilles au Tan- tien, lieu énergétique sous le nombril, et s’ancrer, par le massage des pieds pour ne pas perdre la tête et garder les pieds sur terre.


S’octroyer des sas de décompression entre deux univers différents, travail et foyer par exemple, respecte assez bien le rythme d’adaptation fluide nécessaire et s’avère utile pour unifier ce qui, sans cela, pourrait devenir rupture.


Admettre de tourner la page d'un événement, ou d'un état à un autre adolescent- adulte, divorce-solitude, les soucis ressassés ne conduisent qu'à punir la rate. Les regrets blessent les reins et ralentissent la marche en avant, quand le corps continue sa progression.


On ne peut faire l’économie d’un apprentissage du contrôle de soi, car lâcher à elles-mêmes les humeurs vont vite devenir une jungle, l’authenticité ne veut pas dire déverser sa poubelle émotionnelle.


Fixer la diversité de ses vouloirs sur un seul acte déterminant amènera le mouvement et la concentration nécessaires à la mise en forme d'une pensée plus structurée.


Les sautes d'humeurs peuvent être un baromètre, un indicateur d'un dérèglement de l'harmonie initiale, elles sont aussi un repère de lutte interne comme une tentative de vouloir ramener, souvent avec maladresse, son soi vers son axe pour ne plus être « désaxé », plus « raisonnable ».

La bonne santé se réjouit de la bonne humeur !!!






Par Serge Blanchard
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Mercredi 4 mars 2009

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le temps du stress et de la fatigue

vu par un taoïste

 

 

 

Les variations climatiques contrastées dans leurs localisations et dans leur ampleurssollicitent grandement les corps. Plus que le simple stress devant un danger imminent sur lequel on pourrait avoir un effet par une bonne gestion, le sentimentd’uneimpuissance devant un danger qui devient durable crée une peur sournoise etinduit un défaitisme. Le mal serait déjà fait, puisque même les politiques n’y pourraient rien ! Et la politique du sauve qui peut, ramènerait à un égoïsme ou à une surenchère des assurances en tout genre. Ce stress de l’adaptation nécessaire du corps, à ces variationsclimatiques répétées et accélérées, par ces temps qui courent, est de fait révélateur d’une angoisse plus insidieuse : La précipitation des catastrophes dites“ naturelles ”, la mise en œuvre de violences destructrices en tout genre, volontaires ou non, ne cessent de faire peur. Le journaliste guidé par son audimat et son chronomètre se plait à en faire l’écho.

La responsabilité de ces dysfonctionnements en incombe à l’homme et non aux dieux vengeurs. Guérir le mal à sa source, supposerait une compréhension du lien d’interférence entre la nature, le corps social et le corps humain.

L’OBSESSION DE LA VITESSE, conduite par la peur du manque et la volonté du pouvoir à tout crin, crée la précipitation des énergies et provoque fatigue, stress et peur. Le temps (chronomètre) agirait sur le temps (météo).

Deux mots “ obsession ” et “ vitesse ” tous deux liés à des organes. La philosophie taoïste nous apprend que le propos, la pensée juste ont leur siège dans la rate-estomac, quand l’énergie est en manque ou en excès, le soucis devient obsédant, la pensée devient trouble. Les stockages dans le grenier et épargnes en tout genre focalisent la peur du manque et la peur du vol. Une panse trop pleine trouble sérieusement la pensée. Des greniers trop pleins encombrent l’intelligence collective.

La volonté d’acquisition du territoire et de l’avoir, avec force et rapidité, reliée au foie, normale pour une part, devient pathologique quand elle est sans limite, quand la surabondance ne peut même plus être redistribuée, saccagée à peine récoltée.

La mobilisation du mouvement tient son origine dans les reins, et donne la capacité de récupération, quand ceux-ci n’ont pas le temps de souffler (avec une référence aux poumons), la fatigue est au rendez-vous, quand elle est répétée, elle épuise sa fonction et atteint même la force sexuelle. Les reins subissent une course après le temps, sans la capacité de récupération, et de ce fait affaiblissent la fonction du cœur.

 

La boulimie dévorante des actionnaires des grandes entreprises, avec la complicité de leurs “ contre-mètre-heure ”, compose la pression sur l’atmosphère météo, à en faire craquer l’ozone, qui, en cascade, essouffle les reins. Les décisions prises après un copieux repas d’affaire, donc issue d’une pensée surchargée, ne sont pas forcément des preuves de lucidité. Les reins, courant après la course, fatigués de ne pouvoir récupérer agissent directement sur la réduction de la sexualité, énergie vitale - castration chimique pouvant aller jusqu’à des vagues de suicides, les reins s’assèchent comme les rivières. Les amygdales, miroir des reins, transmettent leur peur d’étouffement à la thyroïde, jusqu’à l’extinction des voix, y compris celle des électeurs. Celles-ci compressées, invitent l’hypothalamus et à participer à leur propre étranglement en déréglant les pendules intérieures. La chronobiologie des organes et de leurs méridiens, correspondant à des cycles de deux heures, s’en trouvent très perturbés, au même titre que les saisons. Comme le reconnaissent les vrais initiés de la nature, les arbres fruitiers ne savent plus reconnaître le printemps, les abeilles perdent le nord tout comme l’humain perd le sens de son existence.

 

Pression, compression, oppression, dépression du corps humain, du corps social, de la nature. Ne pas être à sa place, ou devoir répondre à une demande démesurée ou inadaptée pour l’exécution d’une tâche, soit en quantité soit en qualité, dans un laps de temps le plus restreint possible, d’une manière constante, avec le maximum d’efforts, menaces insécurisantes, forment l’agrégat du stress.

 

La fatigue, loin d’être une fainéantise, devrait être entendue comme un signal fort, signifiant que l’ordre des choses n’est pas respecté, et la personne humaine encore moins. Certains le savent, la fatigue peut être utilisée comme instrument de torture. Le respect de soi, et donc des autres, commence par l’écoute de sa fatigue, pour y remédier. La violence du mépris de cette évidence humaine n’a rien de sain. Les perturbations du foie et de la rate-estomac sont bien connu en médecine chinoise, comme pouvant être la cause de désordres mentaux très graves.

 

A l’heure actuelle, tout se passe comme si la seule intelligence sociétale consistait à ne fonctionner que sur un plan horizontal, sur l’axe Foie - Rate, en tenant pour obsolète la dimension verticale : l’existence du cœur avec l’essence même de la personne, des reins avec sa sexualité, des poumons avec sa force de transformation.

Et le fait de courir après le macrocosme ou le microcosme ne donne pas davantage de sens à cette verticalité.

Ce dialogue foie-- rate-estomac, dans le contexte actuel, aboutit, par ordinateur interposé, à une complicité aberrante et à une mégalomanie délirante. Les conséquences, pour le reste du corps n’en sont que plus perverses et pernicieuses.

Comme si le foie et ses assesseurs (pouvoir, expansion économique, et armée), la rate-estomac et ses assesseurs (échanges des greniers et des héritages acquis, pouvoirs bancaires et dictats des chronomètres) trouvaient leur jouissance au détriment de l’essentiel.

Le danger des gros contrats et marchandages exclusifs entre foie et rate-estomac excluent forcément les autres membres du corps, violent la nature sans tenir compte des saisons.

Dans le sens rate –foie, on aboutit à l’abondance des rêves et des illusions

Dans le sens foie-rate, on aboutit au désir de devenir le plus obèse du monde, associé au désir de toute puissance.

Ce système va trouver une fausse verticalité déplacée. La pression du petit ou du grand chef va se répercuter sur le plexus solaire du subalterne, qui, en verrouillant son estomac, et s’interdisant sa parole et donc en annihilant la vie de son cœur et des ses reins, transposera lui-même cette pression sur sa famille. Colères, frustrations, abstinences sexuelles et autres maladies, seront le lot de sa soumission. L’énergie ne circule plus comme elle le devrait.

 

C’est toute la nécessaire et indispensable chaîne verticale des autres parties du corps CŒUR, POUMONS, REINS, CERVEAU, ainsi que leurs fonctions et leurs interactions qui est blessée, escamotée, mutilée.

Le contact du méridien conception ne semble plus exister. L’adéquation entre le dire (bouche) et le faire (bassin) n’est plus concordant. Les relations dans leur ensemble n’assument plus la cohésion sociale. Sans contact avec le cœur l’hypocrisie remplace l’authenticité. Le cynisme remplace la concorde, l’aveuglement (excès d’énergie dans le foie rend aveugle) remplace le discernement. Le discours collectif ne reconnaît plus la créativité individuelle. L’esprit, le shen, l’âme du cœur, l’essentiel existentiel est ailleurs, c’est donc l’errance mentale.

De plus, en reniant l’existence de cette donnée fondamentale de verticalité, ces prétendus savoir-faire ordin-adorés relèguent ces liens vitaux dans des zones occultes. Les religions pseudo - illuminées par leurs guerres au nom du bien, et leurs branches associées s’occuperaient du haut pendant que les systèmes mafieux s’occuperaient du bas. Pour un peu la statistique des ulcères à l’estomac des uns correspondraient avec la dépression des autres.

 

D’autre part, n’en déplaise à certains commentateurs qui souhaiteraient enfermer les astrologues chez les “ charlatans ”, sorte de flou par ailleurs jamais défini, les effets des astres ont une incidence directe sur l’activité humaine : taux de natalité en croissance, augmentation de la violence en prison, lors des pleines lunes. La lune agissant sur les marées, elle intervient directement sur les reins et fort heureusement donne une régulation cyclique naturelle. Les 7 planètes de notre système solaire, dans leurs ellipses respectives, par leurs propres énergies attractives, sollicitent le mental et le physique des humains. Elles amplifient les données. Les astrologues parlent d’accélération des mouvements, d’ici quelques années seulement, accentuant une forme de saturation des informations. Toutes les antennes, y compris celles du cerveau, seront multipliées. On peut logiquement penser qu’elles ne serviront pas qu’une simple curiosité scientifique ! Pourquoi méconnaître le produit de cette science ? L’apprentissage d’une adaptation aux accélérations ou décélérations des énergies devraient servir à une certaine anticipation. Quand l’insensé rajoute de la précipitation plutôt que de la maîtrise, l’instant n’est plus dans la mesure, l’ensemble ressemble à la folie.

 

Pour compenser les méfaits de ces désordres, il faudra sans doute du temps pour inverser la règle du jeu social, relationnel et individuel. Il appartient à chacun de se réapproprier son corps, tout son corps, dans toutes ses dimensions. Les quatre actions suivantes pourraient alors devenir un plan de restructuration.

 

Lien du cœur et des reins

L’énergie verticale du cœur et des reins méritent une noble transformation par les poumons. Chaque organe est nécessaire. Le cœur a cependant une place privilégiée, les autres sont à son service en quelque sorte. La complétude est grande entre le feu du cœur et l’eau des reins. Dans un devenir en mouvement, chaque être, chaque pensée, chaque activité suivent un rythme propre : origine et gestation, éclosion et essor, mûrissement et récolte, réserve et enfouissement. Chaque être devrait faire vivre sa dimension verticale et horizontale dans un devenir et se faire respecter en respectant le lien de ses organes.

 

Respect du rythme de chacun.

Le respect du rythme de chacun peut-il être légiféré ? En ce sens, le débat sur le nombre d’heures de travail a été largement faussé, puisqu’il n’a pas été tenu compte de la fatigue, qui est très variable selon les individus. Le rythme cyclique, la chronobiologie, l’alternance activité-repos, la manière d’inscrire la créativité individuelle dans l’ensemble collectif n’ont pas eu leur place. Le respect du rythme de travail selon les saisons relève du bon sens : on ne fait pas les mêmes travaux au printemps qu’en hiver. Le corps ne réagit pas de la même manière. Quand les cœurs, poumons et reins seront respectés comme dimension indispensable du corps, du corps social, les saisons et l’horizon seront plus sereins.

 

Respect de sa fatigue

La fatigue devrait s’inscrire comme élément indispensable de régulation de l’activité, tout simplement pour mettre en forme, le sens. Les contremaîtres devraient facilement trouver une reconversion en bon gestionnaire de l’alternance activité-repos, gage d’efficacité ! On ne peut tirer sur un poireau pour le faire pousser plus vite. On ne peut indéfiniment tirer sur son corps sans le casser.

Une analyse de la cause extérieure du stress et une volonté de faire circuler son énergie intérieure permettront une plus grande fluidité dans le corps et donc dans les relations. A chacun de trouver, parmi les techniques très variées, les moyens avec lesquels il se sent le plus en affinité.

 

La compétition, dans tous ses ordres et déclinaisons, pourrait bien être le poison insidieux et sournois du plus bel humanisme, fût-ce t’il démocratique. Le progrès ne peut être arrêté, mais chacun, à sa mesure peut faire le nécessaire pour ne pas de suivre un processus destructeur.

 

Décélération

La paix intérieure ne peut s’acquérir, ni dans l’agitation, ni dans la précipitation, ni dans l’accélération, elle se rencontre dans le ralentissement de la pensée et la prise en compte du rythme naturel, du souffle et du battement du cœur. Les temps de solitude choisie, et non, subie, la méditation, le retour sur soi dans une pratique quotidienne et ritualisée marqueront le contraste de la sérénité intérieure et de la précipitation extérieure.

La paix entre les peuples rejoint cette condition. Elle ne peut se retrouver que dans un processus volontaire de décélération.

 

Par Serge Blanchard
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Mercredi 18 février 2009

 

 

 

 

 

L'alchimie taoïste

de l'incarnation spirituelle :

mouvement et pensée.




Mouvement du corps, mouvement individuel ou collectif, mouvement du tai chi, mouvements et gestes d'un code social, d'une danse, d'un sport, d'un travail… action du cerveau sur un mouvement ou action du mouvement sur le cerveau ; l'un ou l'autre peut être étudié séparément. Il est rarement fait état du lien interactif et correctif entre pensée et mouvement. Les mouvements de Qi-gong ont pourtant le mérite d'associer par déductions d'observations, le nom d'un animal, qui symbolise au mieux l'attitude correspondante avec l'état mental et psychologique du participant. La naissance d'une idée issue du mouvement ou la création du mouvement issue d'une pensée est un thème intrinsèque à la philosophie taoïste, d'où la référence au mouvement codifié et répertorié comme pouvant devenir un geste guérisseur. La pensée induit le mouvement, le mouvement induit la pensée. L’incidence mutuelle de l’un sur l’autre compose la transformation de l'être. La pensée et mouvement s’interfèrent sans cesse. La structuration de la pensée prend forme et corps par le mouvement. Intéressons nous à cette interraction et à son processus transformationnel.


Du mouvement archaïque à l'émotion subtile

Certains mouvements possèdent leur régularité naturelle : des battements du coeur, le soufflet des poumons, le clignement des paupières, les spasmes intestinaux, la cadence de la marche, le balancement des bras, le roulement multidirectionnel des yeux et de la tête. Ils assument la fonction instinctive de régulation, de protection des différents organes mais aussi d'intégration dans le social par la communication non-verbale.

Le visage et les mains, parties les plus dénudées et visibles du corps, visualisent en eux-mêmes les mouvements instinctifs ou volontaires, émetteurs des intentions ou inducteurs de la pensée, lieu de transmutation des émotions. L'acte volontaire intervient quand l'humain utilise cette potentialité pour confirmer l'expression de son être. Les mimiques et les grimaces traduisent la pensée, mais elles la modifient également. Provoquer, par exemple, volontairement le sourire, même si cela paraît artificiel, introduit une pensée positive dans le comportement, tout comme le geste et le mouvement ont la capacité de transformer les émotions. L'émergence de la pensée en adéquation avec le geste amène le sourire involontaire, critère d'excellence en la matière, pour les professeurs de Tai Chi. La lecture des grimaces- colère, fatigue ou abattement, enthousiasme, euphorie, soucis, ou au contraire apaisement se vérifie assez facilement, ces codes individuels et sociaux se voient. La mobilisation volontaire du faciès et la mise en scène des grimaces pour obtenir une transfiguration émotionnelle est non seulement possible mais souhaitable.


Le Qi Gong ou le yoga des yeux, que certains semblent découvrir seulement maintenant (emdr), montrent bien ce rapport étroit entre le mouvement et la pensée. Non seulement il donne forme à la pensée mais il peut ramener à la conscience des traumatismes anciens pour les appréhender avec moins de frayeur. Les mudras (gestiques des doigts) peuvent être répertoriés également dans cette catégorie de gestes guérisseurs. Le geste et le mouvement est au corps ce que la mimique est au visage. C'est donc tout le corps qui participe à l'élaboration de la pensée et au vécu émotionnel.


« Bouges- toi » : la sagesse du mouvement ente l'inertie et le débordement.

L'inertie, absence de mouvement, colle à la peau de la déprime, tout comme l'agitation, les mouvements excessifs du révolté ou désordonnés de l'alcoolique flirte ave la folie. L'appareil de la mesure, du geste posé et du mouvement harmonieux et donc de la pensée juste, perdent leur nature dans ces cas de figure.

L'intuition de la maman exacerbée et désespérée de voir son grand adolescent déprimant dans son lit à ne rien faire, est pertinente dans son « allez, bouges-toi, remues-toi, secoues-toi, fais quelque chose » ! et intuitivement l'ado en question, sait que s'il s'exécutait, ses arguments, qui le maintiennent en opposition, ne tiendraient plus.

Le mouvement a raison d'une pensée rebelle ou tenace. La méthode Coué ne suffit pas. Les thérapies qui évitent de passer par le corps, c'est à dire par le mouvement, par l'énergie, ne privilégiant que l'approche verbale, peuvent s'avérer beaucoup plus longues. Elles favorisent la remontée d'énergie dans la tête au détriment de la mise en forme du shen. Elles font ainsi l'économie d'une expression créative (énergie du bassin) et d'un mouvement porteur (énergie des membres), cette implication risque de rester seulement « mentale », non-incarnée.

Ecouter une plainte est certes salutaire, elle le sera encore plus si le thérapeute propose des gestes ou mouvements et respirations adéquates qui intègre le mal-être, lui donne un peu de force pour être extériorisé, identifié. Il est donc plus facile d'y remédier. La transformation de la souffrance passe par l'alchimie de l'énergie enregistrée par les organes. L'essence même de la souffrance physique ou psychologique en sera modifiée.



Le mouvement : unification et cohérence des trois trésors

Comment cela est-il possible? La grande solidarité des organes, des méridiens, des viscères et des trois trésors que sont le Shen, représentant la conscience, la pensée, l'intention, le cerveau ; le Qi-souffle représentant les émotions, les affects, la circulation de l'énergie, la poitrine ; le Jing représentant l'essence vitale, le faire, le mouvement, le bassin, leur très grande interdépendance et connivence donc, se consolide mutuellement. Ils se nourrissent les uns et les autres. La pensée a besoin de chaque partie du corps, imbibée d'énergie, de l'intention et du mouvement. Tout cela ne fait qu'un.

Le mouvement a la particularité de transmettre une certaine chaleur qui dilate les vaisseaux. La fluidité de l'énergie, a de ce fait, une incidence sur la circulation du sang et des neurones. Le mouvement réveille le corps, et en particulier la conscience de l'être, mise en veilleuse dans le tan-tien, lieu énergétique sous le nombril. Selon qu'il va solliciter la partie inférieure, moyenne ou supérieure du corps, l'incidence du mouvement ne sera pas la même sur la conscience. Si la pensée n'est pas en accord avec le mouvement, le décalage se fera sentir entre le dire (expression de la parole ou du regard) et le faire (bassin ou membres). Être en accord avec le mouvement amène à une pensée cohérente et une guérison.

Le mouvement est essentiellement acquis par la mobilisation des bras, des jambes, du bassin et du souffle. Or curieusement, dans la philosophie taoïste, la pensée est germinée, engrangée par la rate et estomac, tout comme en dépendent... les membres inférieurs et supérieurs, initiateurs du mouvement. La logique qui en découle : le lien évident entre mouvement et pensée, ils sont associés, complices révélateurs et inter-mutants du spectacle de l'être en quête de son absolu. Le grand moment ou tout semble s'accorder pour combler le sentiment d'existence est bien sûr, la véritable chorégraphie de l'orgasme.

Le jeu du mouvement spontanné, où l'énergie seule, guide le mouvement donne des images et des pensées inattendues, surprenantes, provenant de l'Un-conscient. L'énergie emmagasinée par différentes postures et gestuelles respiratoires, commande le mouvement, lequel à son tour transforme la pensée Le mouvement permet ainsi une évolution personnelle. La gestuelle des mains va contrôler la pensée. La douceur des mouvements de Qi gong ou Tai Chi amèneront la fluidité de la pensée juste, adaptation, constance, pertinence des réponses adéquates : la certitude d'être bien avec soi-même.


Conditions

Pour être cohérent jusqu'au bout, ce mouvement réparateur doit répondre à certaines conditions. On l'a vu, il doit être imprégné de Qi, c'est à dire d'une intention, et du souffle, faute de quoi il apparaîtra comme simplement mécanique, vide et creux et dans ce cas il aura un effet pervers sur la pensée qui sera elle aussi, vide et creuse.

Le mouvement s'inscrit dans le temps. Il doit être répété comme un mantra, mais cette répétition doit être limitée, pour que l'énergie fasse aboutir toute son efficacité. Par contre si ce mouvement est répété à longueur de journée, il devient aliénant. Il semblerait que dix minutes soient un tempo signifiant pour l’émergence d'une pensée.

Le troisième facteur de réussite est l'impératif du repos, tout comme la digestion suit un repas et la nuit suit le jour. Et c'est encore mieux si cette intention, imprégnée de Qi, du mouvement inspirateur-repos est suivi d'une intégration verbale, écrite ou picturale. C'est ce que veut dire une phrase biblique « et le verbe s'est fait chaire ». L'essence de l'être, la parole prend forme, Le shen s'extériorise. La transformation et la régulation des émotions, la véritable spiritualité, passent par le corps pour être comprises, intégrées. La pensée chorégraphiée où mouvement et pensée s'enchevêtrent, prend de la consistance et s'unifie dans son évolution avec le souffle, le Qi. Le mouvement du sourire intérieur crée l'alchimie de l'incarnation spirituelle.


du mouvement à la manipulation sociale

Contrairement à certains préjugés, il n'est pas nécessaire de passer par la souffrance pour que ce mouvement traduise une pensée claire. Les gestes et mouvements du travail répétitif en excès annihilent la pensée. Les cadences et la compétition ne sont pas des mouvements porteurs d'un développement de la pensée, d'une connaissance de soi, de maîtrise et de maturité, mais au contraire d'un affaiblissement de la conscience. Le mouvement stéréotypé et abusé, induit une pensée esclave, une pensée unique. Le mouvement agité combine la pensée agitée, il brasse du vent. Le méridien vésicule biliaire s'y perd et donc ses capacités de décisions. Mais à l'inverse la pensée agitée ou angoissée provoque le mouvement tout aussi signifiant, tel le mouvement de bascule ou d'agitation des mains chez les psychotiques qui sont une manière de calmer leurs angoisses existentielles.

L'intensité du mouvement inducteur de la pensée prend évidemment une autre force quand une foule s'en empare. Du mouvement codifié au décryptage du sens, l'espace de la manipulation sociale peut être proche, raison de plus pour affiner le discernement de l'interaction « mouvement corporel-pensée ».

Le poing fermé va engendrer la colère ; tous ceux qui ne pratiquent toute la journée que ces attitudes guerrières n'attendront qu'une chose : à la moindre occasion en découdre. L'étude sociologique des danses de rue, à la mode, peut permettre de comprendre ses acteurs.

Vague du Holla des supporters est tout aussi mobilisante que certains saluts militaires ou paramilitaires. Le « tendre la main » du mendiant ou n'a pas la même signification psychique que le « lever du poing » du militant.



Mouvement : parole du corps

Ainsi donc il serait sans doute possible d'établir un dictionnaire du mouvement, celui qui guérit ou celui qui aguerrit, celui qui apaise ou celui qui engendre la transformation, celui qui fait sourire ou qui provoque l'agressivité.

Outre le fait de l'ouverture des méridiens qui transmet le flux énergétique aux organes la posture des exercices de Qi Gong est hautement symbolique. Et ces symboles rejoignent un langage quasi universel. Si nous proposons des situations mentales en demandant de mimer par le corps et le mouvement, l'expression, il y a de grandes chances que tout le monde comprenne ce langage évocateur, voici quelques exemples non exhaustifs.

« Se sortir de sa médiocrité, se grandir » trouvera facilement sa réponse dans la posture s'imaginant s'aider des mains pour prendre fortement appuis, poignets pliés, en redressant la tête.

« retrouver sa dignité, oser s'affirmer » fera bomber le torse en ouvrant les bras.

« accueillir l'avenir » délèguera la responsabilité aux mains détendues placées devant soi, en les faisant revenir vers la poitrine.

« rejeter ou repousser l'ennemi » impliquera la propulsion vives des bras en avant.

« se donner de l'espace » tendra les bras de chaque côté du corps à l'horizontal comme s'ils poussaient les murs.

« évacuer le stress » pourra se symboliser par des jets des mains, forts et puissants, devant soi vers le sol, répétées de manière ardente pour être persuasives. Les mâchoires et les yeux vont suivre spontanément, en se serrant comme pour mieux se concentrer sur cette évacuation.

« Renforcer son identité » sollicitera les deux poings fermés l'un sur l'autre, comme pour enfoncer une épée d'énergie.

Ainsi toutes les suggestions suivantes peuvent trouver leur résonance dans un mouvement, que chacun peut s'approprier :  « ouvrir son cœur » ; « quitter le passé » ;  « accueillir le ciel » ; « s'investir dans un geste de délicatesse » ; « trouver son inspiration » ; « concentrer et densifier son énergie » ; « stabiliser, s'ancrer ». il en est de même si l'on demande de mimer la colère, la peur, l'effrois, l'étonnement, l'enthousiasme


La mort du grand mime Marceau devrait nous rappeler, par son silence, la constance du lien entre l'intention, le souffle et le mouvement, entre le corps et la pensée, entre les émotions et la fluidité de la vie, rejoignant ainsi la transmission de la philosophie taoïste. Honneur à lui !


 

Par Serge Blanchard
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Mercredi 4 février 2009

  
















Logique d'une certaine VIOLENCE, vue par un taoïste Occidental


« Le monde est de plus en plus violent et nous aurons à traiter de plus en plus de violence dans les hôpitaux » disait, dernièrement un médecin qui de surcroît était ministre de la santé.

La compréhension du mécanisme d’une certaine violence, vu par un taoïste, pourrait clarifier le sujet pour entrevoir des solutions, afin d’aller au-delà du simple constat, pour le bénéfice de tous.  

Selon le principe des cinq éléments, le cœur est l’habitacle du schen, de l’âme, de l’essence de la personne. La recherche fondamentale de son aboutissement motive tout être, qu’elle que soit son origine. Tous ses organes sont au service de l’élévation de cette conscience : exister dans une fidélité à soi-même, dans son authenticité intérieure, dans sa dignité, dans son intelligence, s’insérer dans une collectivité et une communication fluide, où chacun est reconnu à sa place. L’unification de l’être et sa diffusion se retrouve au sein du cœur. Le sens de la liberté ne peut être réduit qu’au simple concept très réducteur de la liberté d’échanges économiques, mais sa noblesse serait bien l’objectif de la pleine réalisation de son être.

 

La lecture de la dynamique de l’énergie, et des fonctions physiques, psychologiques et spirituelles des organes, nous éclaire sur l’importance du foie dans le langage de la violence, selon les références de la médecine chinoise.

 

Chaque organe reflète une émotion particulière : le foie, de par sa fonction naturelle de « fabrication » du sang, désire le cœur, vers son absolu et vers l’absolu. Il propulse l’être vers son développement, sa vitalité, vers de nouveaux territoires, nécessaires à son expansion. La délicatesse, le vécu artistique, la vision symbolique, liés au foie, reflètent l’expression de ce vouloir côté yin, la colère, côté Yang. Cette dernière est donc normale, mais elle peut devenir pathologique, quand elle est inappropriée ou en excès. L’émotion négative (colère démesurée) engendre un phénomène de surenchère. La colère engendre la colère. Pour un peu on ne saurait même plus pourquoi, le sujet se met en colère, puisqu’il n’y a plus de contrôle.

 

Outre ces fonctions physiologiques, le foie et la vésicule biliaire impliquent la volonté de saisir avec force, l’aspiration, la sensibilité, l’imagination, les rêves, la contemplation, la décision.

 

Le foie et son adjoint vésicule biliaire, corollaire de tout jugement, et ses méridiens, sont nécessaires au cœur et au sang, comme le bois l’est pour le feu, comme le désir l’est pour l’amour, comme la délicatesse l’est pour l’émotion d’être touché par le beau, comme la vue l’est pour la mise en forme et l’accomplissement de l’objectif, comme le pouvoir de décision l’est pour l’action, comme l’est l’intuition pour la conscience, comme les muscles le sont pour le mouvement, comme l’imaginaire l’est pour la créativité, comme la reconnaissance l’est pour l’existence, comme la foi l’est pour la croyance (le foie : masculin - la foi : féminin ? )

 

Un principe de la médecine chinoise considère que l’organe peut être blessé soit par un élément extérieur, soit par une émotion, soit par les deux éléments. L’organe lui-même, ses méridiens et sa fonction propre sont lésés mais aussi l’organe voisin, par voie de cascade. L’énergie du foie monte, d’ordinaire, vers le haut du corps et elle est comme retenue par l’énergie eau des reins, qui ont, eux aussi, une fonction régulatrice. Faute de retenue par l’eau (fondement des reins) cette force monte en puissance d’une manière désordonnée, et blesse la fonction du foie et du « voisinage. » Elle peut devenir destructrice, bestiale, mordante, provocatrice, tueuse. Si donc cette énergie «monte à la tête » sans le contrôle des reins, le désordre s’installe, la chaleur monte et devient anarchique. L’excès d’énergie dans la tête peut, par exemple être la cause de céphalées, comme d’un excès de rêves ou d’autres formes de délires hallucinatoires ou de manifestations colériques exorbitantes (qui sort des orbites). Et quand la colère monte, suit la logique de perdre pieds, perdre la tête ou perdre ses racines. La colère devient insensée, c’est-à-dire quelle fait perdre le sens, jusqu’à la folie.

 

Toutes les fonctions du foie qui devraient être des régulateurs de douceur, se transforment en ingrédients de violence, si cette énergie du foie est déviée de son essence. Toutes perturbations, déviations ou dérapages en excès ou en manque de ce système d’échange, engrangent des conséquences sur ces dites fonctions physiques, psychologiques ou spirituelles. La violence est le résultat d’excitations excessives ou perverses du foie.

 

On peut considérer que toute agression qui force le foie, stoppe sa fluidité, contrecarre son mouvement, détourne son essence, supprime sa retenue (par des reins trop faibles), agresse le système immunitaire (y compris le système de défense psychologique), fausse le jugement, précipite le mouvement musculaire et oculaire, augmente la pression sanguine dans la tête, perturbe le cycle des rêves, désapproprie un territoire essentiel, provoque l’envie d’une manière inconsidérée, détruit on annule une reconnaissance, fait monter la pression, attise la colère, excite sans fin la sexualité, annule la recherche de son absolu, causent de la violence. Ce qui revient à supprimer le sang du cœur ou à le contaminer. Pire encore est la sollicitation intentionnelle de l’énergie existentielle ( faire croire  à un épanouissement), et d’en bloquer, dévier ou détourner le processus d’évolution pour un profit étranger à la personne concernée (Force de travail engrenée par une politique du presse- citron ou sexualité mercantile).

 

Le casseur, le conducteur fou semblent faire appel au même registre. Un vide de cœur en face d’eux, un même feu du foie pour une quête de reconnaissance, pour la prise d’un territoire…imaginaire, sans limite, une absence de retenue et de réserve des reins. Le foie a besoin de savoir « qu’il a de quoi manger, pour le transformer » d ‘accepter son élan vital, fluide, reconnu par soi avant de l’être par un autre, « alchimiser » le sang, et combler le cœur par la conformité à son authenticité, son autonomie, sa dignité « le rêve qui le tient le plus à cœur. »

 

Certains cancers et quelques coureurs dopés acceptent une dépendance à un maître du jeu, sans que leurs vésicules biliaires puissent dire non à un « responsable » envahissant, comme si leur territoire ne leur appartenait plus et leur propre désir devait être renié ou bafoué, pour le prix d’une pseudo- reconnaissance, violence subie d’une part, violence active d’autre part. Le vide d’énergie du foie annihile toute affirmation de soi.

 

Le foie fabrique des enzymes qui dissolvent les graisses, dispatche le sucre dans les muscles ou le stocke dans les graisses. Il crée des substances indispensables au système immunitaire par ses substances antitoxiques et protectrices. Un système alimentaire inapproprié peut donc s’avérer être d’une violence, sournoise certes, mais violence tout de même, d’autant que le phénomène habitude, aveugle la liberté de décision. On peut espérer que cela ne soit pas soit intentionnel, ni pour celui qui l’ingère, ni pour celui qui fabrique les aliments ! En premier lieu on peut penser au tabac, à l’alcool, aux surcharges médicamenteuses ou drogues, mais les aliments poussés aux pesticides ou antibiotiques ne sont pas conçus pour drainer le foie, bien au contraire. On pourrait dire : « tu es ce que tu bois, ce que tu inhales, ce que tu manges, alors pourquoi bois-tu, inhales-tu, manges-tu ce que tu hais ? »

Les muscles sont aussi solidaires du foie. Tout accélérateur de vitesse du mouvement, non conforme a l’évolution naturelle est une agression du foie. Faire pression, sans respecter le rythme, alimente le processus des colères, encore plus, si cette pression journalière devient répétitive. La concurrence et la compétition impliquent la violence. De plus elles sont souvent présentées comme une obligation inéluctable !!! La pression amène à la compression, voir la répression. Devant ce diktat, la dépression est parfois utilisée comme soupape ou recours, faute de pouvoir se mettre en colère justifiée, cette fois, face à une agression intrusive, du rythme, du temps, voir de l’espace vital. Combien d’alcoolismes seraient dus à cette impossibilité de dire ses priorités existentielles ? Il y a donc colères et colères. Mais faire l’apologie de la colère, et de surcroît, dans des groupes dits thérapeutiques, pour un pseudo dégagement d’un refoulement, justifiant cette pratique, ne peut qu’engendrer des dégâts considérables, à long termes, pour la construction de la personne. Désarchivage insensé, contraire à la nature du foie. Apprendre à dire non, mérite autant de délicatesse que d’affirmer ses choix. Gérer l’énergie montante est une tâche noble. C’est aussi le rôle du foie et de la foi, prise, ici, dans le sens de confiance dans le potentiel évolutif humain, sans adhésion à une religion.

 

Les yeux et la vue, sont les fenêtres du foie. Les néons, les ordinateurs à plein temps, les forts dosages de télévision, les variations excessives de lumières, la conduite, contribuent sournoisement à tendre des nuques et à crisper des mâchoires, pour laisser place à des cris d’exaspération au moment de la fatigue, indépendamment du contenu, à fortiori quand il s’agit de scènes violentes.

 

La sexualité est également reliée au foie par l’afflux sanguin. Le plein épanouissement de l’être, passe nécessairement par la sexualité. L’ascèse, l’absence de sexualité est toute aussi violente qu’une sexualité dispendieuse. Son contrôle ne veut pas dire négation, et sa liberté ne veut pas dire éjection inconsidérée. La prostitution qui détourne la sexualité au profit de l’argent est aussi violente que l’église catholique qui interdit la sexualité. Le domaine de la sexualité est le lieu privilégié de la jalousie et de sa cohorte de violence, comme si le corps du partenaire devenait une propriété. La fusion de deux être déclinerait une confusion entre l’avoir et l’être, entre moi et l’autre, entre la vie et la perte de celle-ci, entre la peur de la solitude et le désir d’être compris. Cette confusion n’intervient que lorsque les partenaires n’ont pas confiance en leur foie et cœur respectif.

 

Le foie se relie symboliquement au printemps. Les retards de créativité, (comme si l’on voulait retarder, supprimer le printemps), ou l’absence de réponses à des urgences en laissant pourrir des situations, sont des perturbateurs de l’élément foie, et responsables de colères parfois disproportionnées, souvent appropriées. Aucune accoucheuse ne pense faire naître un bébé à douze mois de grossesse au lieu de neuf, aucun chirurgien ne pense laisser une gangrène s’installer.

 

L’apaisement du mental (idéal du foie) est mal mené lors de procédures judiciaires qui se transforment en procédés dilatoires d’usure, par des reports successifs. Ils font monter des colères et frustrations, de l’amertume revancharde, pas d’équité. Le respect de l’accomplissement d’une action, en son temps, et de son mouvement qui l’accompagne, serait le gage d’une non-violence active et d’un confort plus serein.

 

Dans les relations, la colère enkyste une situation, sclérose une dynamique. La fluidité veut dissoudre la tension d’un vouloir obsessionnel d’une prise de pouvoir, pour s’orienter vers une autre tension, une émotion conviviale et créatrice. Tout ce qui contrarie la fluidité de la parole existentielle, nécessaire à sa propre réalisation et à celle d’autrui, mine l’harmonie.

 

Le foie confie volontiers sa loyauté à la loi. Sa claire voyance assistée de la vésicule biliaire, son général des armées, donne un à priori favorable à la règle : tout va dans le bon sens du sang. Le cœur lui redonnera, en réponse sa reconnaissance. Mais si la loi (sociale) confisque cette confiance, devient injuste ou aberrante, le foie se révolte et peut devenir guerrier. Son contrat de confiance a été dupé. Sa tolérance est d’autant mise à l’épreuve que cette dite loi peut se draper dans une souveraineté intouchable. La foi du foie n’y comprends plus rien. La souveraineté serait normalement accordée au principe du cœur digne, conscient et authentique.

 

 

 

Utilisée à bon escient, une frustration peut être bénéfique pour retarder un plaisir, comme pour attendre le cueillette d’un fruit mûr. Mais la frustration castratrice et systématique érigée en principe d’éducation agresse la reconnaissance, dont a besoin le foie. La provocation des vitrines et de leurs fascinations, face à ceux qui n’ont pas ces biens, attise le foie, le désir, la frustration, la colère. L’impétueuse sommation, à l’endetté manipulé, de devoir payer des intérêts, et d’en rajouter d’autres pour ses retards, va encore bien au-delà. Cette frustration stérile anesthésie toute velléité sociale de se redresser (au sens de la dignité, faisant encore une fois appel au cœur) ; elle peut aller jusqu’à tuer, celui qui se sera « suicidé. » C’est la provocation qui crée de la violence et non pas le désir qui est refoulé. C’est la provocation à la violence qui devrait être réprimée et non, l’intolérance à la frustration. La non-reconnaissance, la castration et la frustration sont les trois ingrédients majeurs qui alimentent le fiel de l’amertume, de la haine de la vengeance.

 

 Violence subie - Violence choisie

Violence active -Violence passive

Violence contre soi - Violence contre autrui femme-et-carreau-cass-.jpg

Violence personnelle - violence collective

Violence masculine - Violence féminine

Violence pour avoir - Violence pour être

Violence de l’inertie - Violence de l’activisme

Violence interne - Violence externe

Violence durable - Violence ponctuelle

Violence sournoise - Violence ouverte

Violence du manque - Violence du trop plein

Violence de la maladie - Violence du soin

Violence déniée - Violence adulée

Violence verbale - Violence corporelle

Violence du père - Violence de la mère

Violence du parent -Violence de l’enfant

Violence de quartier - Violence d’un peuple

Violence de l’ouvrier - Violence du patron

Violence du religieux - Violence du militaire

Violence administrative - Violence du citoyen

 

La violence peut avoir l’une ou l’autre de ces caractéristiques binaires ou plusieurs à la fois. Elles sont toutes imbibées dela violence de la compétition, de la concurrence et de la violence de l’obéissance, de la soumission.

 Les simples réflexions suivantes induisent et réorientent le mouvement du foie dans le sens qui devrait être le sien.

violence musculaire : après quoi tu courts, pour réaliser quoi ?

violence visuelle : que veux-tu voir Claire, pour ta progression personnelle ?

violence nourriture : pour quelle conscience as-tu besoin de manger ?

violence sexuelle : quel type de relation sexuelle veux-tu avoir, pour ton épanouissement ?

violence territoriale : de quel espace as-tu réellement besoin, pour l’accomplissement de ton oeuvre ?

 

La résolution de la violence pourrait s’envisager dans l’apprentissage du contrôle de la colère, des pulsions du foie, de la gestion de sa sexualité (Les viols et la pédophilie sont bien de tristes exemples de son non- apprentissage).

Le foie est au service du cœur, et donc de la conscience, non au service de la folie. Il est au service du lien, non du délire. Il est au service du jugement et du discernement non au service de l‘abus de pouvoir sur autrui. Son apprentissage devrait se faire à l’école, à l’adolescence (printemps de la vie adulte) par des initiations particulières. Apprendre que la force ne vient pas d’une démonstration de Yang, mais de l’acquisition du Yin et de son développement, devrait être la règle pour une vie collective.

 Stratégie Avoir une réelle volonté de supprimer les causes (on ne peut prétendre construire des armes et s’étonner qu’elles soient utilisées pour l’acquisition de territoire ou un meurtre ; on ne peut fabriquer du tabac et de l’alcool et s’étonner que ces produits tuent, en se déchargeant de sa responsabilité sous le prétexte que l’on a des adultes en face de soi ; on ne peut provoquer et s’étonner de la frustration et de la violence induite ; instituer le « harcelling » et s’étonner des conséquences du stress ; on ne peut prôner l’arrogance politique comme modèle relationnel et s’offusquer des incivilités, etc.)

 

Travail personnel sur ses propres colères

Le drainage du foie peut se faire par une alimentation, oligo-éléments, plantes appropriées, mais aussi par une régulation de l’émotion de la colère.

Cette volonté de gagner sur ses colères demande une vigilance constante, jamais gagnée d’avance, et toujours à renouveler. Chaque colère maîtrisée se transforme en une source d’énergie, libre pour un enrichissement personnel et relationnel, et donc d’un réaménagement du tissus social. Chaque jalousie apaisée nourrit le cœur et donc son essence personnelle.

 

Reconnaissance et Valorisation

Identifier son Elan vital identitaire et les projets qui en découlent, (et non celui qui vient de l’extérieur ou du regard intéressé du banquier). Le recentrage constant de cet objectif serait la condition exigeante pour qu’il réussisse, qu’il dure, et apporte une gratification vertueuse.

L’apprentissage du respect de soi et de son propre rythme (lui-même variable en fonction de multiples paramètres) est la base de sa valeur.

La recherche la reconnaissance de sa valeur auprès de personnes bienveillantes.

 

Baisser le Yang du foie

Le refus de la compétition, de la concurrence, de la pression, de l’accélération contribue à sa construction personnelle et à l’équilibre harmonieux d’un environnement relationnel, social et naturel. Quand les colères montent, les énergies s’échauffent. Le réchauffement de la planète viendrait-il de la somme de frustrations, colères rentrées ou froides, de colères de défense face aux humiliations ou colères d’acquisitions territoriales, capitalisant les foies exacerbés au bénéfice du profit, au détriment de la voie des cœurs ou du voisinage. Le bon sens politique et sa logique voudrait l’aménagement fluide des relations, du travail et des peuples entre eux ! Le monde est-il malade du foie ?

 

Développer le Yin

L’accompagnement de la fluidité, et le développement de la création autonome et artistique forment le socle de la puissance.

C’est par la tendresse et la sensualité que jaillit la transe sexuelle. C’est par le repos que se manifeste l’intuition. Et c’est l’intuition qui soutient le sens de l’action dans la durée, et non l’agitation et la course au prestige.

La musique adoucit les mœurs, mais alors pourquoi ne l’utilise-t-on pas dans des situations de violences. Cependant là aussi, certaines musiques ( forêts de décibels, qui deviennent une jungle) réactivent l’agitation du foie. La musique nostalgique répondrait sans doute plus, à l’effet recherché.

La position sécurisante normale des reins, ne peut être confondue avec la manipulation de la peur sociale, qui elle, excite le foie et donc la violence. Il s’agit donc de renforcer la confiance dans les reins, non de les menacer en provoquant la peur. Donner de la confiance à la création de chaque être (par des micro-crédits, par exemple) renforce la sécurisation, plus que la déstabilisation du chômage.

La référence à un conseil des anciens du village, de la tribut relève de cette même action, du bon sens. Le conseil constitutionnel, l’Académie française, et autres chambres de « sages » seraient bien avisés de réviser les paroles de la Marseillaise. L’honneur et la dignité (conscience du cœur) s’en trouverait grandit.

L’eau éteint le feu. Les fontaines dans chaque quartier par leur fonction de régulation vont bien au-delà du simple esthétisme. Une fontaine à la place de chaque calvaire donne une autre signification et une autre présence à la convivialité.

Il vaut mieux apprendre à se faire comprendre que d’apprendre à taper du poing. Il vaut mieux l’art du massage qui peut devenir familier et familial, pour une prévention de la santé plutôt que l’apprentissage des arts martiaux. 


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Par Serge Blanchard
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Mercredi 4 février 2009
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LES REINS : Force de Vie, Fondements et peurs

 

 

 

Comme pour les quatre autres organes, l’aspect psychologique des reins prend forme d’une manière parlante, il se révèle, se manifeste, par les fonctions et par la qualité énergétique, identifiées par le « su wen ». Les similitudes avec le corps social, ne sont pas qu’un pur hasard.
Lieu d’excellence du Yin, Le Shaoyin au sein du Yin, les reins ont cependant la charge de susciter la vie, la puissance, la concentration, la densification des os. Le centre de gravité et le sens de la gravité focalisent leurs essences familières
. Le grand Yin qui accueille le futur grand Yang le potentiel de la personne dans sa recherche d’absolu, dans sa constance unique dans la durée.

 

Peur de la vie
Grands gestionnaires de l’eau, de la fontaine aux nappes lymphatiques en passant par les chutes de larmes, les puits de salives, les débordements des ruisseaux de sueurs, les courants de spermes ou les glaires dans la grotte vaginale, ils rayonnent dans leurs connexions directes avec les forces vives, générateurs du devenir. Ils sont l’assise puissante de l’idée, l’ancrage des dispositions et des intentions, la référence du durable, la pérennité du collectif, et des générations. Vie tellement impressionnante et puissante (l’expression de la vie utérine en est un exemple) qu’elle peut faire peur, par sa force, tant au début de la vie sexuelle qu’au début d’une relation amoureuse ou au début d’une oeuvre créatrice, à tel point que certaines religions ont trouver le moyen de l’étouffer au nom du sacré ! L’émergence du vivant inconnu peut s’apprivoiser, laisser vivre sa force, en paix, peut s’apprendre : la philosophie Taoïste pourrait être un de ces lieux d’apprentissage.

Associés à l’hiver, ils sont les prémisses du printemps. L’hiver n’est pas la mort. Les reins sont l’assise puissante de l’idée, l’ancrage des dispositions et intentions, la force de dire ce que « les tripes » veulent dire. Expression du vouloir, du passage à l’acte, du vouloir vivre, du maintien de la projection de tout ce que le cœur reconnaît comme fondamental et vital.

Associés aux oreilles ils nous parlent de la retraite active, de méditation, Mais aussi du renforcement structurel d’une maturation : paroles reçues, pensées, pérennité de son œuvre, colonne vertébrale de ses projets ou bassin de tous les possibles. Les oreilles sont sur le visage un peu en retrait. Comme si pour agir, la prise de recul de l’écoute faisait valoir sa discrète priorité pour mieux voir, sentir, goûter les choses Au fond « écouter le mouvement », signifie la synthèse du devenir en saisissant la trajectoire du passé vers l’avenir. Ce mouvement va-t-il dans le sens indiqué par « Ming men » porte du mandat céleste et le Tan Tien inférieur, concentration de la propulsion énergétique ? Savoir écouter son mouvement ou aider un(e) partenaire à le saisir, dispose et compose le naturel : acte thérapeutique en soit.

Cependant une chose est d’écouter le mouvement, une autre est de considérer l’aisance de sa fluidité, critère d’une bonne harmonie, dans les relations, dans les rencontres, dans les négociations, dans les constructions et réalisation de projets. La simplicité, la facilité, l’économie d’énergie, l’arrondi, à l’instar des reins et de l’eau devraient guider l’action. A l’inverse, les obstacles, les complications, l’usure, la fatigue avertiront bruyamment les oreilles d’une position inadéquate. Le cycle du repos et de l’action, donne du sens à toute activité, révélateur du bon sens des reins. Refuser cette base use prématurément la vie. Renforcer les reins va dans le sens de la sécurisation de la vie. Par contre les reins portent directement les stigmates de la pollution de l’eau. Les eaux engorgées de nitrates cassent les os, eux aussi associés aux reins. « Casser les reins » comme polluer les eaux, loin d’être une preuve d’écoute équivaut à casser un mouvement, la vie, tuer l’avenir. Les rapports de force ne sont pas conformes à la fluidité.


Le paradoxe des reins
Les reins ont en quelque sorte une fonction paradoxale. Ils savent consciemment, instinctivement l’endroit de l’envers. Ils nous donnent à lire la nuance, le sens des frontières subtiles. Et bien que l’on attribue habituellement la valeur du discernement aux poumons, les reins se l’approprient également. Ils maîtrisent le distinguo entre la matière et le subtil. Responsables de l’anus et de la vessie, des testicules ou des ovaires, ils font cohabiter dans la proximité, la vie et la mort, l’absurde et l’absolu, les ascendants et les descendants, l’antérieur et le postérieur, l’éphémère de l’orgasme et la durée de son œuvre, les petites séparations et la cohérence de vie, le clair et l’obscur, la purification et la régénération, l’évacuation et la retenue, « l’usine des tris sélectifs et l’assurance vie », la dopamine et l’adrénaline, le lieu du plaisir et le contact avec les dangers, le va et vient entre la retraite et l’action.

Vie de la peur
Le vide d’énergie des reins provoqués par un danger interne ou externe peut entraîner des dégâts considérables. Les reins étant liés à la vie, tout ce qui menace la vie les blessent, et les mettent en alerte. Devant un danger la fuite, (action rapide des reins) s’avère être la meilleure solution. Loin d’être honteuse, elle est souvent un acte salutaire. Il est souvent plus sage d’esquiver une situation que de mettre sa vie en péril. La retraite choisie est plus facile que la retraite subie.

Quand la peur s’est installée ou est induite d’une manière constante l’affolement est au rendez-vous ! L’énergie de cet être part dans tous les sens ou pire, n’est plus attachée à rien. C’est une forme d’errance qui va aggraver le vide des autres organes. Il s’en fou parce qu’on le rend fou. N’ayant plus d’attache, il perd ses racines et le repères de ses ancêtres. Il n’a plus rien à perdre et est capable de tout, comme le vagabond ou le suicidaire (sous quelque forme que ce soit, même sous l’anonymat du kamikaze) : ils adoptent le même langage - le dégoût et le dépits, le désabusé des abusés, le déni, la mort.

La peur est donc la coloration particulière des reins et cette coloration a plusieurs spectres étendus et nuancés selon l’organe voisin concerné. Quand les reins seuls sont impliqués, il s’agit alors d’une maladie de l’écoulement des eaux : dysfonctionnement grave. L’énergie va encore plus vers le bas, la blancheur accompagne la peur. Dans ce contexte on retrouve la peur de la mort, peur de perdre la vie, peur de la maladie, des accidents, des agressions, peur de vieillir, peur d’une atteinte à son essentiel (habitat, vêtement, nourriture) L’abaissement de l’activité, perte de mémoire conforté par l’absence de rituel des morts entraînera la perte du sens de la lignée. Le non respect de la vie annihile la volonté d’agir. L’abandon devient la règle. Le vouloir est atteint « et quand le vouloir est atteint, on ne peut même plus se souvenir de ce que l’on vient de dire, les lombes et l’épine dorsale ne peuvent ni se pencher en arrière, ni se plier, ni se redresser…On donne tous les signes d’une mort prématurée. Sous l’effet d’une peur ou d’une crainte dont on n'arrive pas à se libérer, alors se produit une atteinte aux essences. » Su Wen

 

Quand un organe voisin prévient et signale aux reins un vide d’énergie, la peur aura une autre densité :

-la rate transmettra la peur du manque, du détournement de l’information, de la confusion, de la folie par manque d’organisation de la pensée, peur de l’étrange par manque d’information, peur de perdre son avoir.

- le cœur suscitera la peur de perdre son identité propre, son âme, peur de plaire ou de déplaire, peur de se donner.

- le foie dégradant la confiance en soi, informera les reins d’une peur de ne pas réussir, de ne pas être à la hauteur, de ne pas avoir d’imaginaire ou de solutions, mais aussi peur de l’autorité (les reins ne font pas confiance au foie), peur des croyances, peur d’être atteint sur son territoire, peur d’oser.

-les poumons négocieront mal la peur du changement, de la nouveauté, peur de dire, peur de prendre sa place, peur de se montrer, mais aussi peur de l’intrusion, peur du dévoilement d’un secret, ou peur de ce qui est caché ou occulte, peur de perdre sa liberté.

  
Manipulation de la peur

Manipuler l’épouvantail n’a jamais fait pousser une plante, manipuler le nucléaire n’a jamais purifier l’eau, manipuler la peur dans les cités n’a jamais fait entendre la vie ! Manier la peur pour manier une foule, affoler les reins est une arme redoutable puisqu’elle conduit à des comportements de révoltes, de sauve-qui-peut ou de suicides.

Quelles sont les corporations, laborantins de la mort qui ont intérêts à ce qu’il y ait des apeurés terrorisés, peut-être ceux là même qui sont tenaillés par leur propre peur ? A vouloir agité les dangers réels ou imaginaires pour focaliser sur un ennemi virtuel ou effectif on crée la paranoïa, pas la sécurité, puisque de ce fait on appauvrit encore plus les reins sans leur donner la force de la solution de l’écoute du Yin. Le raisonnement permettrait de conjurer cette peur : le langage sécuritaire « sécurisez-vous, protéger- vous, le danger est partout », n’est pas sécurisant et ne peut être considérer comme une écoute. On crée le besoin de se sécuriser en paniquant, pour le bénéfice de pseudo-sécurités : la sécurité essentielle étant la construction de son être et de son oeuvre. Le contre sens n’a jamais donné du sens. Les passages à l’actes risquent, alors, d’être fortement dénués de sens, insensés, affolés.

 

 

Stratégie face aux peurs

-L’identification et le discernement de la coloration des peurs, aidera à déterminer quels sont les organes en cause et de ce fait permettra d’en définir le besoin et d’assumer une résolution raisonnée.

-L’écoute de son mouvement initial et originel, dans sa fluidité peut montrer les déviances du flux de l’énergie, condition pour la ramener « dans le droit chemin ».Vers quelle action les reins sont-ils déterminés (détermination et fermeté n’étant pas à confondre avec violence).

-L’écoute de son grand Yin intérieur qui fait le fondement, l’essence de son être « le jing », et laisser développer l’émergence, le potentiel en l’accompagnant, serait la première méditation active, avant ou après l’événement pour en atténuer les effets, et annuler la redondance.

-Chaque effort physique ou mental pour consolider les reins seront un renforcement sécurisant.

-Le choix personnel de la constance, de la cohérence, autant que faire se peut, dans toutes ses actions, l’économie d’énergie plutôt que sa dilapidation (en toutes situations) nourriront le vouloir des reins. Ils nous invitent à vérifier le pourquoi et le comment de notre dépense d’énergie.

-L’écoute de la peur d’autrui (individuel ou collectif) permet de débusquer la part de l’imaginaire et du réel, pour en démystifier l’impact. La mesure d’un effet d’annonce d’un danger réel imminent est autre chose le matraquage informatif d’un danger fictif, celui-ci induit la paranoïa.

-L’apprentissage de la maîtrise de l’énergie de vie, l’harmonisation de sa respiration, le refus de la compétition confirmera l’acceptation confiante du changement (les poumons nourrissent les reins) comme processus évolutif naturel.

-La défense de l’eau potable, entretient et favorise par voie de conséquences le travail naturel des reins et des actions sereines, des vouloirs dans la durée. La pollution tue la vie.

-La construction dans le plaisir et la joie plutôt que sur la réserve défensive conforte la pérennité d’une action.


Puissions–nous être aussi confiants et fidèles en nos reins qu’ils le sont dans leurs fonctions !

Par Serge Blanchard
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Mercredi 7 janvier 2009
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Le langage taoïste du cœur

 

 

 

 

“ Ouvre ton coeur , laisse parler ton coeur , aies ton cœur sur la main, si tu as bon coeur, “dis ce que tu as sur le cœur”, “choisis ce qui te tient à cœur”, cette ordonnance doctrinale culpabilisante dictée par un maître  spirituellaisse pantois celui qui ne demande quà comprendre le sens de cette apparente évidence. Tout serait dit, et cependant, rien nest ditcomme si cela allait de soi douvrir une porte secrète sans y mettre une clé ! Pour en comprendre sa manifestation, il semble nécessaire, au préalable de passer par lexpression de son langage, de sa logique, et donc de ses implications conséquentes.

 

Pour un Taoïste, le Cœur est lEssentiel, lExistence même, le fondamental, le fondement du mental.

 

Le su wen faisant autorité dans la médecine chinoise nous rappelle son essence.

 

Il est lIDENTITE. Il est lUnique, incomparable à tous les autres et cependant très semblable. Tous ses gênes, ADN et empreintes digitales sont uniques dans lespèce humaine, inscrites dès la première impulsion électrique, qui va donner le tempo régulier du battement pulsatif du sang. A vie et pour la vie dès les premiers jours de la fécondation du spermatozoïde élu et de lovule choisi, cette Pré-science oh combien subtile, et cependant puissante, in utéro, se nomme je suis énergie et je viens de loin, je vais vers mon aboutissement. Cette conscience naît dès la première pulsion cardiaque, réalité non encore défrichée par le scientifiques, aussi performants soient-ils. Le cœur du Cœur rassemble dans sa molécule atomique, tous les types dénergies que lon retrouve dans lunivers, dans une orchestration harmonieuse du yin et du yang, pour un devenir et un potentiel incommensurable.

Initialement, il connaît la forme, aboutie et limitée, du corps, dans tous les âges de son parcours terrestre. Transport et véhicule dune palette émotionnelle, de lenthousiasme, à la colère, en passant par la peur ou les anxiétés des manques jusqu’aux tristesses du non-accomplissement, le MAÎTRE COEUR est le seul à en connaître le sens aigu et dense : la recherche de son absolu.

 

IL est LÂme. Le cerveau et ses infinies connexions, comme tous les autres composants du corps sont à son service, et non linverse. Il reconnaît, dune manière parfaite la moindre petite cellule, que son sang a nourrit physiquement et spirituellement, du moindre filament sanguin de lœil à la synergie des neurones en passant par la sensibilité complexes des organes sexuels ou lalchimie du système digestif. Il ordonne et délègue sa mission, sans en perdre le contrôle, à la rate, aux poumons, aux reins et au foie, dont il ressent et enregistre chaque émotion appropriée, pour parfaire son destin. Mais également, il les fait participer à son enthousiasme dès qu’il en a l’occasion, dans un échange d’énergie, venant de l’intérieur ou de l’extérieur. Cette humeur pourrait bien être l’attention de sa tension, de son projet : garder le contact avec cette pertinence du sourire, témoin d‘une joie indicible. Il identifie laorte et lartère. Sans aucun doute, il perçoit la mesure de la démesure, le juste de linjuste, il sent le faux du vrai, il a conscience de lattraction et de la répulsion, intrinsèquement, il maîtrise linspiration et la pulsion de son élan vital, il comprend la confiance et la méfiance, il compare lhonnêteté de limposture, il sapproche de lhumilité comme il fuit larrogance, il favorise le bon goût et ignore les mauvaises langues, il manifeste son adhésion à la gentillesse et soppose aux invectives et manifestations violentes, il chante sa liberté et désavoue toute aliénation. Il respecte sa dignité et suspecte les faux honneurs, il sourit à lhumour et se protège de lironie. Cest inné, il est par essence généreux et chaleureux et recherche la chaleur humaine, qui le réchauffe à son tour, pour rayonner et se donner. Il sinvestit dans tout son corps, jusquau bout de son mandat céleste. Il suit inlassablement son rythme et son tempo, du premier au dernier souffle. Laffolement, la précipitation, la compétition lui sont donc contre nature.

 

Il contient intimement et profondément en lui, lorigine initiatique de toute intuition : son sentiment dexistence, sa connaissance de ce pourquoi il est fait, sa conscience et sa volonté de la garder claire, sa forme de pensée, sa nourriture qui lui convient. Il est donc le repère par excellence. Cest en ce sens quil est le maître, le SHEN SOUVERAIN. Son expression, son œuvre sera unique.

 

Tous les cœurs, du trop riche bourgeois parvenu, inondé sous ses biens, au trop pauvre étranger, galérant dans une cité sans espoir, de lenfant émerveillé au vieillard désabusé, du handicapé au prisonnier, du politicien au fou psychiatrique, de la femme ou de lhomme, tous sont composés sur le même type cardiologique, et pourtant chacun est complètement unique, original, et différent. Il est à ce point spécifique, quil sait et reconnaît instantanément, intuitivement, et radicalement ce qui est de lui, de ce qui ne lest pas. Physiquement ou psychologiquement, chaque intrusion virale ou verbale mobilise son armée de globules blancs et de système de défense pour anéantir et rejeter cette agression de son identité, quil cajole dans son intimité. À limage du phénomène de rejet dun cœur transplanté, dont les cardiologues tentent de masquer lorigine, avec artifices et dégâts collatéraux pour faire croire à lidentique, le cœur sait ce qui est vraiment de lui. Profondément fidèle à lui-même, il peut dire ce nest pas moi çà, létiquette que vous voulez me faire porter ne mappartient pas, je ne me reconnais pas. Désorienté de sa trajectoire épanouissante, scolaire, professionnelle, relationnelle, il fera entendre son désaccord par différents malaises, maladies ou autres tachicardies. Son sang et ses flux dénergies ne peuvent aller, ni à contre sens, ni à contre cœur, ni contre nature.

 

Quelques soient les contraintes, les pressions ou obligations de toutes sortes, familiales ou culturelles, il connaît sa signature, il se reconnaît lui-même et saura se sauvegarder, même dans un profond secret inviolable, inaliénable. Il est fondamentalement libre, responsable et solidaire. Redoutable confiance en lui, sur lequel chaque thérapeute pourrait bien sappuyer, pour que chacun retrouve ses marques très personnelles. Le système de défense est là pour protéger le coeur. Il est donc absurde de vouloir casser la cuirasse immunitaire, par une pseudo cathartique émotionnelle en gueulant sa colère, en invoquant des résistances qui nauraient pas lieu dêtre, ce qui a pour effet de blesser le cœur une fois de plus. Pouvoir absurde ab-errant, qui ne le détruira pas cependant. Pour un taoïste le cœur est lAuthentique, égal à lui-même, mais il ne sagit pas, pour être authentique, dune évacuation insensée de sa poubelle émotionnelle.

 

Réceptacle de toutes les sensibilités, il se serre ou se dilate selon les émotions. Dans sa vacuité, il sapparente au vide apparent pour se remplir de qualités yin supérieures, dont la femme, plus que lhomme, pourrait en être la gardienne privilégiée. Pour rejoindre le divin, qui ne peut se transférer sur un autre être éthéré, extérieur à lui, pour être au plus prêt de sa plénitude, pour célébrer lessentiel de sa magnificence, le cœur a besoin de fêter la Beauté, la Justice, la Bonté, lIntime et la Fluidité des paroles et des événements, fonctions vibratoires qui lui parlent, lémeuvent, et le portent. Paramètres irrémédiablement indispensables pour quil se livre en toute confiance, faute de quoi il se ferme. Le sourire intérieur témoigne de la juste et adéquate connexion entre sa densité intérieure et lévénement extérieur. Alors, un hymne à la joie peut résonner. Tous les pouls seront harmonisés. La musique mélodieuse, le chant, et singulièrement le chant des chœurs, unifient ces valeurs. Les frissons agréables et les larmes de joie reflètent en écho lénergie et le bien-être de notre organe majeur, ainsi assimilé à un instant de bonheur. Lart de manier les mélodies, en un flagrant contraste à une situation violente, pour apaiser les pulsions destructrices et les transformer est, sans doute, lapanage des vrais gardiens de la paix. Lart et la poésie transcende et sublime, par extension, la compassion et le regard que le cœur se porte à lui-même, et le nourrit en retour.

 


 

Pour répondre à ces besoins trois conditions doivent être remplies, d’une manière cohérente : LE CALME, LEXPRESSION, LA RECONNAISSANCE.

 

LE CALME des gestes et du souffle (internes et externes) vont influencer le bon sens des fluides, et en cascade celui des émotions. L’état de vacuité, presque silencieux, en dehors du tumulte des passions, va laisser place à la gentillesse, à la joie et au sourire aux valeurs artistiques et symboliques, signes d‘une humanité, rejoignant une certaine universalité.

 

 

LEXPRESSION confortable de son intelligence, synthèse de ses concepts, traduit qui il est, son ciel en quelque sorte. Cette intelligence du cœur est indissociablement liée à l’énergie sexuelle. Organe de feu il recherche l’eau. Il se nourrit de sa complétude. Les parfums de sensualité et multiples orgasmes éphémères le comblent par ses hormones ainsi mises en mouvement, dans la quête de son extase qu’il voudrait absolu éternel. Il est sa propre terre. Sa dimension émotionnelle valorise sa capacité vibratoire de connaissance. En validant ce qui le touche et en acceptant d’être ému, il conduit et affine un mouvement vers son identité et vers l’autre, son miroir du moment, sans lequel il n’existe pas. Réajustement continuel vers son centre.

 

Le besoin d’une RECONNAISSANCE est sa réalité paradoxale. Il veut à la fois être indépendant et a besoin de s’entendre dire qu’il existe en tant que tel. Il doit oser se montrer pour être reconnu et cest quand il se montre quil est le plus vulnérable. Volonté et nécessité d’exposer son originalité, par don se soi, sans être compressé, limé, laminé par les rapports sociaux normatifs et violents. Menacé par sa propre plénitude, mise à nue. On peut donc raisonnablement penser que le préalable de lauthenticité est lacceptation de cette vulnérabilité. Logiquement le cœur, se sachant ainsi troublé par sa propre fragilité, se tourne vers ses intimes connaissances, (sa famille, ses proches, ou un être privilégié), pour se garantir une écoute bienveillante. Malheureusement faute d’un diplôme de “ parentitude ”, le sentiment de rejet, d’incompréhension préparent de nombreux exclus. Il a besoin de ses racines pour se mettre en mouvement dans son devenir, il a besoin de se tourner vers ses ancêtres pour l’éclosion de son propre héritage à transmettre.

 

On peut donc légitimement se poser la question qui de lintérieur ou de lextérieur, de l’écoutant ou de l’écouté, de lindividu ou du social, qui du vent ou du souffle fera en sorte de créer les conditions pour une communication, de cœur à cœur, sur la même longueur donde ? À l’image du cœur connaissant ses besoins et conditions d‘expression, souhaitons que chaque responsable de communauté puisse fonctionner avec le même soucis de souveraineté.

 

Par Serge Blanchard
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  • : Serge Blanchard Magnétiseur thérapeute Taoïste occidental exerçant depuis 35 ans région nantaise et St Hilaire de Riez. Soins formation individuel ou couple "des mains qui écoutent et qui parlent" serge.blanchard@wanadoo.fr
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