Dimanche 21 juin 2009

















Le taoïsme

et

L'économie d'énergie psychique

 



 

S'il est un terme grandement utilisé actuellement pour diverses justifications économiques profitant aux uns aux détriments des autres, c'est bien celui d'économie d'énergie. Il est rarement fait état de l'économie d'une énergie psychique dont l'individu se nourrirait pour sa propre santé, et qui par effet d'un rayonnement contagieux aurait une incidence sur tous.

 

Le symbole du Pa qua, trigrammes entourant le symbole du Yin-Yang, référent du Yi King, le Grand Livre divinatoire chinois, nous donne toutes les compositions de la mesure de notre énergie psychique. Ces images vont bien au-delà du simple symbole. Tout comme les oghams des Celtes, les runes des Germains, les lettres hébraïques des hébreux, les trigrammes réveillent en nous des forces inconscientes, des représentations communes à tous et cependant singulières. Le cerveau, dont l'énergie est issue des cinq organes et de leurs fonctionnements, dépend de ces derniers, et nécessite la régulation du juste « plein », ni trop, ni trop peu. Il ne peut recevoir une saturation d'informations, il ne peut pas vivre sans ces stimulations. Dépenser son énergie mentale pour des futilités est aussi risqué que d‘être un « zombi » à la merci de n’importe qu’elle influence médiatique.

Le bien être mental s’accorde avec la mesure de ce qui est juste pour lui. Ce qui est juste sur le plan mental se détermine au Tan tien. Le regroupement des énergies de tout l'être, au Tan Tien, centre énergétique en dessous du nombril est au corps ce que le centre d'unification est au Tai Chi au milieu des trigrammes. La psychologie est unifiée, centrée, ancrée, quand la synthèse des huit forces qui entourent le Pa Qua, s'effectue à la fois au centre du Tan tien inférieur, au sternum foyer et au coeur et cerveau foyer supérieur. Ces forces, symbolisées par les trigrammes ci dessous, imageries de la composition des forces yin et yang, représentent les forces de l'univers.





 

Le trigramme Kun,

trois forces Yin, ayant pour image la terre, va nous refléter l'accueil de notre certitude intérieure, de notre fécondité et l'acceptation de la transformation de notre être et des choses. Cela ne veut pas dire qu'il s'agisse d' une acceptation béate de tout ce qui serait inacceptable, harcèlements, injustices, humiliations, viols, violence en tout genre. Trop de religiosités nous ont appris à subir, à courber l'échine, et à nous soumettre sous le joug d'un pouvoir abusif, sous prétexte de développer la réceptivité. Ce n'est pas cela l'accueil de sa certitude intérieure. La fécondité, tout comme la terre a ses règles ; Elle est inconciliable avec la destruction. Pour traduire ces trois forces Yin, cela pourrait être l'association du sourire, du calme intérieur, et de l'accueil de l'énergie corporelle et mentale qui agit par elle même. Faire confiance à cette énergie vitale, c'est reconnaître qu'elle a un sens inné pour nous indiquer notre chemin, au delà des acquis pas forcément adéquats, et du super contrôle que l'on voudrait lui imposer, par une sorte de toute puissance. Faute d'écouter cette force en nous, pour ce qu'elle est, une force de vie, le résultat pathologique se fera ressentir. La certitude intérieure a ceci de particulier, c'est qu'elle est terriblement personnelle, elle est souveraine, même si elle doit tenir compte de tout, de ses dépendances et de ses libertés. Disponibilité, adaptabilité, accueil, don de soi fournissent la qualité du recueillement et de la méditation. Et toute méditation a son exigence, être en contact avec son centre énergétique.

 





   

Le trigramme Dui,

deux forces Yang et une force Yin, ayant pour image le lac et la brume, va symboliser notre capacité à communiquer. Tout est interactif. Le taoïsme n'a pas attendu le mot « lien » sur tous les sites internet pour garder et vivifier cette conscience de la communication du liant du moi avec le tout. La communication de l'intérieur vers l'extérieur et de l'extérieur vers l'intérieur, tout comme l'oxygène rentrant dans les narines devient subtile pour en saisir les nuances des parfums entre le dedans et le dehors. Et ce n’est pas seulement de notre capacité dont il est question mais d’une nécessité de communiquer nos émotions et d’écouter celle des autres. Les émotions sont le lien subtil qui unifie, qui relie tout un chacun dans ce qu’il a de commun avec l’humanité. Pour exister toute personne doit passer par la communication de ses émotions. Entendre les siennes et écouter celles des autres. La solide montagne accueille le lac et les nuages sans pour autant en être « déstabilisée ». Savoir distinguer, reconnaître le faible, du fort, discerner le clair de l’obscur, échanger les expériences nourrissantes, sans se laisser envahir par celles qui le sont moins, évaluer la nuance du silence de réflexion, de celui du refus de communiquer, ce trigramme peut évoquer cette force de respiration vitale. Le passage de l’aube et du crépuscule s’établit d’une manière souple, avec un peu de temps, chaque échange émotionnel pourrait s’en inspirer. L’absence de cette communication serait bien la cause de dysfonctionnement relationnel. La personne humaine est ainsi faite, elle ne peut se satisfaire d’être un esclave au travail ou un simpliste consommateur sans partager ses émotions! Ce serait renier une partie de lui-même ; s’il en était autrement la révolte intérieure se fera entendre tôt ou tard, soit par de la violence, soit par une maladie ou autre automutilation, raison de plus pour l’écouter. Faire l’économie d’énergie ne veut pas dire ne rien dire, mais transmettre juste ce qu’il faut pour dire, qui on est et recevoir l’information de l’existence de l’autre pour lui donner corps, en respectant les nuances.

 








 

Le trigramme Quian,

trois forces Yang, ayant pour image le ciel désigne la créativité, la force, l’initiative. Avoir confiance en sa créativité est l’antidote du manque de confiance en soi. Le dicton :  «  Aide toi et le ciel t’aidera » correspondrait bien à ce trigramme. Quand on a tout mis en œuvre pour accomplir sa mission, on peut s’estimer être juste à sa place. Après avoir vérifier son objectif à atteindre, et son potentiel énergétique adéquat pour y parvenir, la mise en forme de l’intérieur de son intime prend toute sa dimension à l’extérieur au vu du collectif. Cette force est puissante. Les aides venant « du ciel » sont bien sûr les forces amicales, sociales qui font échos, d‘une manière synchro et concomitante, aux efforts déployés, Elle est alors considérée comme la grande « inspiration » . Ces forces Yang ne peuvent se confondre cependant avec la violence, ou l’entêtement. Sentir le moment juste, les opportunités de la mise en mouvement de son action comme celui de la retraite active peut faire partie d’un apprentissage, mais la conviction que sa force intérieure trouvera son issue, est le B.A -BA du diplôme de la vie que tout un chacun possède. Même le travail de sape répété quotidiennement de certains parents accusant leurs enfants de leur propre nullité, ou de certains dirigeants castrant les initiatives, ne parvient pas à détruire cette force inéluctable : l’œuvre doit être construite et avec le temps elle le sera. La moindre pousse d’un arbre fera sauter le goudron qui aurait le malheur de la recouvrir ! C’est la limitation de cette force, provenant de soi ou d’autrui, qui provoque une énorme perte d’énergie personnelle ou économique, avec toutes les cascades de bévues. La prise de conscience des clivages réducteurs, des schémas castrateurs, des processus inhibant peut être source d’une grande libération, d’un gain de créativité et de ressources.






 

Le trigramme Kan,

une force yang entourée de deux forces yin symbolise l’eau et désigne, la profondeur, l’endurance, la peur. La réflexion pour qu’elle soit opérante nécessite une prise de recul pour mesurer les interactions, les dangers. La profondeur de la réflexion ne peut faire l’économie de l’écoute du corps et du contexte environnant. Combien de décisions prises lors d’un « repas d’affaires » plutôt copieux que légers, ou à l’issue d’une nuit marathon de « négociations» qui ne sont en fait que des rapport de forces, deviennent des situations conflictuelles tout simplement parce que la pensée claire ne peut cohabiter avec une pense trop pleine ou une fatigue excessive ? Combien d’accès de colère pourraient être évités, si la règle minima de l’écoute du rythme de chacun était respectée ? La médiation suppose du temps; la discussion, la communication demande de l’écoute. La course pour une résolution forcée, engendre une série de dysfonctionnements qui fera perdre encore plus de temps pour rattraper les déformations de l’information, interprétations, incompréhensions et autres malentendus. L’apprentissage du dialogue passe par l’écoute du corps (force yang), par l‘appréciation de son intention de transmettre et la vérification de celle du partenaire (deux forces yin). L’intégration du temps nécessaire à l’accomplissement de son œuvre et du respect de son propre rythme est le fondement de tout sérieux. On pourrait espérer que cette banale évidence puisse être vérifiée comme lumineuse lors du précieux  « baccalauréat » ou à la sortie des dites grandes écoles! La boussole, l’horloge, ainsi que la préparation physique font bien parti des outils des stratèges militaires qui connaissent les dangers des mauvaises surprises. La préparation et le tempo d’une action est tout aussi importante que la réalisation.

 








 

Le trigramme Gen,

deux forces yin surmontées d’une force yang. symbolise la montagne. A son image elle fait appel au courage, au calme, à la solidité, à la rigueur, à la discipline mais aussi aux limites. La limite de ses activités en fonction de ses choix essentiels ne peut être considéré comme une privation de liberté, mais au contraire comme une densification de celle-ci. Il est étonnant de constater combien la sollicitation des enfants à nombreuses activités au nom de lui faire découvrir des tas de choses, l’éparpille, le déstructure, le fatigue, au détriment de son l’essentiel : que l’enfant puisse se dire et se construire par le jeu gratuit. La constance du montagnard au pas lent dans sa montée, sachant s’offrir des temps de pause devrait être l’image de l’endurance et du choix de vie à effectuer. Et tout choix de vie implique une rigueur, sélectionne ses activités, évite la dispersion, concentre son agir, intègre un rituel. Déterminer son choix de vie, délimite ce qui convient de ce qui nuit, ce qui est essentiel de ce qui est second, économise les efforts et l’énergie au profit de son œuvre. Il oriente en même temps qu’il donne du sens. Il n’est pas impossible cependant de faire des erreurs de choix, mais au moins, le constat de la perte d’énergie ou la perte de la direction à suivre ramèneront à une insatisfaction de ne plus être dans son projet et seront les repères de ce qui est recherché dans l’absolu. Les deux traits yin du trigramme sont là pour nous inviter à commencer une action par le versant le plus facile. La gratification immédiate et l’énergie mentale ainsi libérée redonne de la force et de la constance pour le plus compliqué ou difficile. Mais la montagne nous montre également une autre limite celle de la toute puissance. On ne peut tout faire. Quand on est sur la montagne on ne peut être dans la vallée, et bien que l’on progresse on ne peut atteindre le ciel. La limite nous ramène à l’humilité et à mesurer nos aspirations en fonction des possibilités offertes et donc à négocier intérieurement avec nos frustrations. Et tout comme le moine accrochée à sa montagne, le courage du choix de vie peut induire une certaine ascèse et la responsabilité d’assumer une certaine solitude, on y échappe guère.

 






 

Le trigramme Zhen,

une force Yang qui porte deux forces Yin symbolise le tonnerre. L’impulsion forte, la mise en route, la résolution vive, se mettre en mouvement et aller jusqu’au bout, autant de valeurs qui sont attribuées à cette image. L’orage peut évoquer une certaine tension électrique, une accumulation de faits et gestes qui nécessitent un vif éclairage et une sérieuse prise en main pour une remise en ordre afin que l’harmonie puisse renaître à nouveau. Cette dimension d’une énergie puissante mais nécessaire devrait intervenir dans le climat d’ une inertie qui a trop duré ; dans celui de confusion ou plus personne ne sait pourquoi tel ou tel conflit de famille, de voisinage ou autre, perdure ; dans le climat ou la stagnation des situations sécuritaires agissant au détriment de la créativité. On pourrait légitimement espérer que la justice assume totalement cette responsabilité à l‘issue d‘un conflit, mise en œuvre de solutions créatrices et harmonieuses, comprises et incluses dans cette prestation. Chacun à son niveau et à sa place, peut et doit cependant en être le garant. L’onde de choc du tonnerre se fait entendre à plusieurs kilomètres. Une telle poussée de remise en mouvement dans le bon sens et dans le bon ordre de l‘Élan vital, telle une opération chirurgicale, peut avoir des incidences à plusieurs niveaux, dont on ne peut soupçonner les effets. La valeur des deux trais yin nous invite à garder le calme devant une telle manifestation induite par nous-mêmes ou par autrui et à en accueillir les conséquences. Oser dire les choses d’une manière authentique et sincère est nécessaire et ne devrait point faire peur, encore faut-il opérer au bon moment, au bon endroit, auprès des personnes responsables ou concernées avec suffisamment d‘énergie. Les résultats sont souvent inattendus et régénérant. Les non-dits devant un harcèlement, viols, abus de pouvoir, ou magouilles insidieuses et sournoises peuvent être autant d’occasion d’exercer son pouvoir du trigramme Zhen…il y a de quoi faire !

 








 

Le trigramme Xun,

évoque le bois et le vent, l’arbre et par extension cette image figure l’enracinement, la pénétration, l’acceptation, l’intériorisation, l’interrogation des racines, de ce qui fait le tronc, le fondement, et des messages transmis représentés par les branches. Pour se constituer chaque enfant a besoins de ses repères parentaux, mais ceux-ci devraient savoir interroger les règles du jeu imposées par la société, état, région, entreprise, ou autre organisme constitué, pas toujours conformes et adéquates à l’ épanouissement humain. La corrélation entre le dire et le vécu, à l’identique des branches et des racines ; l’ancrage dans ses origines et la poussée de l’expression vers ce pourquoi on est fait ; la corrélation entre la pulsion intérieur et la protection extérieure de l’identité de l’être à l’identique de la force excentrique du cœur de l’arbre vers l’écorce protectrice reconnaissable ; cette exemplarité végétale devrait être la règle de la progression personnelle dans ses relations, dans son aspect social, dans sa manière d’entreprendre son travail, ou dans son évolution spirituelle. Sans doute quelques fois un arbre a besoin d’être déraciné pour être dans un meilleur terreau. Trouver le meilleur lieu de la mise en forme de son être s’avère judicieux pour une meilleure créativité. Sans doute aussi l’arbre a-t-il besoin d’éclaircir ses racines embrouillées, à son image une épuration du passé et de ses imbroglios permettra de mieux saisir l’essentiel de ses besoins, mais également, le refus de tout ce qui est dégradant ou destructeurs redonne vie. Le petit Yin de ce trigramme nous rappelle aussi que la santé aussi fragile soit-elle, reste cependant la condition sine qua non de toute créativité fusse-t-elle mise au service d’une entreprise sécurisante par le salaire, mais stressante par la pression qu‘elle y met dans son « contrat » unilatéral.






 

Le trigramme Li,

donne de l’éclat à la pensée lumineuse, un vrai soleil. La clarté, la lucidité, la vivacité, l’éclat mais aussi l’entourage chaleureux et les activités agréables font parties de cette famille qui honore le cœur. L’attraction intime vers ce qui est beau, harmonieux ne peut être confondue avec l’ivresse : les deux traits yang implique le contenu de la joie intérieure. La correspondance de cette énergie avec la certitude intérieure d’être juste avec soi-même et son Élan vital semble évidente quand elle est là. La souplesse d’être présent, à sa place, sans forcer sans imposer, se rapproche du sens de son existence, et donne le caractère souhaitable de ce qui pourrait s’appeler bonheur, mais qui comme tout ce qui constitue la vie, est en mouvement et n’est jamais stable. Ce constat peut nous laisser nostalgique devant l’inaccessible stabilité de cet état, mais cela ne doit pas nous empêcher de tendre vers ce repère. L’équivalence avec « l’ermite » carte du tarot, pourrait nous montrer le chemin à suivre, ou la lumière à protéger quand on avance sur le chemin de vie. Ce symbole est là aussi pour nous rappeler un des fondamentaux de la philosophie taoïste : l’alchimie de l’eau et du feu, la cuisson et l’intégration de la matière transformée en énergie spirituelle. Il faut du temps pour allumer un petit feu de camp et l’entretenir, il apporte toujours un contact avec le rassemblement d’amis ou le rassemblement intérieur . Li est un petit peu ce feu de camp et la conscience lumineuse, le méditatif que l’on voudrait constante même dans l’action.

 

Pour être au centre de ces huit énergies, on doit se rappeler que cette discipline requiert de la ténacité, une volonté de se recentrer, en associant le masculin et le féminin, avec fluidité, avec relativité, avec mesure, ce qui serait l’image des quatre points cardinaux à tenir ensemble, unis. Le Yi King nous donne à revivre la méditation de deux trigrammes ensembles. L’accouplement de deux trigrammes, leur combinaison, l’un sur l’autre ou l’un sous l’autre, ne fait qu’augmenter le potentiel inclus dans chaque trigramme et compose le dictionnaire de vie des 64 hexagrammes. Que cette nouvelle approche puisse donner au lecteur l’envie de s’en nourrir !





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  • le-calme-du-coeur
  • : Homme
  • : 06/05/1948
  • : nantes
  • : Serge Blanchard Magnétiseur thérapeute Taoïste occidental exerçant depuis 35 ans région nantaise et St Hilaire de Riez. Soins formation individuel ou couple "des mains qui écoutent et qui parlent" serge.blanchard@wanadoo.fr
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